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Ce n'est pas un religieux venu d'Europe ni une religieuse, cette personne qui pose cette question. C'est monsieur et madame tout le monde, baptisés pêle-mêle dans des eaux multiples des rivières et des baptistères. Ils s'interrogent aujourd'hui sur l'impact réel de leur foi chrétienne dans le contexte nébuleux de la crise pérenne, de la guerre "injuste" et de l'incurie généralisée par l'impunité institutionnalisée. Là-dedans, la «foi missionnaire» - devoir qui incombe à tout baptisé - c'est quoi pour moi, pour chacun? Comment annoncer Jésus-Christ aujourd'hui à mon peuple, du plus petit au plus grand, tous réduits à l'impuissance morale ("tout le monde ''fait ça'', où est le mal?") et enfermés dans l'obscurantisme du religieux devenu moyen efficace pour atteindre «la prospérité»? Oui, comment être missionnaire? Pour dire quoi, à qui et pourquoi? Puisque les ventres affamés n'ont point d'oreille, ils n'entendront pas du tout le Sermon sur la montagne (Mt.5) mais avaleront plutôt, avec béatitude, les exhortations persuasives sur "la prospérité"... Les bras des casseurs mal nourris qui ont pillé et puis dans l'anonymat ont brûlé vifs des êtres vivants, ne se lèveront-t-ils pas encore, sortant de nos liturgies pleines de chants et d'encens, pour recommencer? Avons-nous eu le courage missionnaire et prophétique de leur dire, d'exiger d'eux de demander pardon, avant de les admettre de nouveau dans nos églises? Et aux grands qui s'engraissent comme "les vaches de Bassan, peu leur importe la ruine de Joseph" (Am. 4,1;6,6 ), que leur dire? Se convertir? Dans les internats des bonnes sœurs et des révérends pères et frères, ils ne se sont pas convertis, alors, maintenant... Peu leur importe, tandis qu'ils sont toujours ostensiblement assis sur les premiers sièges de l'église, indifférents au mépris caché des autres. Comment leur dire, à ces faux dévots qui aiment les messes en latin, que c'est le Corps du Christ qu'ils torturent, encore et toujours, même quand ils nous corrompent de dons magnifiques, nous qui sommes sensés vivre en hommes et femmes consacrés. La crise a eu raison de notre foi à tous. Et notre mission est bloquée… Et moi, prêtre, face à cette vérité évidente, je demeure perplexe: comment témoigner de la paix et du pardon aux gens que chaque jour la faim taraude, qui marchent des kilomètres à pied et dont les petits meurent faute de médicaments, tandis que des milliers d'autres enfants, sans foi ni loi, hantant la rue, s'engendrent désormais comme des reptiles sur des couches immondes étalées dans des cimetières, les caniveaux et les marchés; comment parler de vérité et d'honnêteté à ces femmes devenues affairistes qui, sans état d'âme, s'assoient de toute leur masse sur leur conscience obscurcie par "la crise", pour qui importe vraiment peu comment les bénéfices rentrent. |


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En premier lieu Chaque chrétien est appelé à annoncer l'Évangile. Deux millénaires après la naissance du Christ, la plus grande partie de l'humanité se trouve encore dans une situation de l'Avent. Cela provoque tous les chrétiens en tant que messagers de l'Évangile: le Christ Seigneur est la lumière de tous les hommes. Que les chrétiens actifs dans la politique, l'économie et le social aient conscience de la nécessité de rendre un clair témoignage de leur vie chrétienne, surtout en ce qui concerne la justice dans les affaires et la cohérence entre les principes de la foi et la vie. Qu'ils veillent en tout premier lieu a promouvoir la dignité de la personne humaine, à réaliser le bien commun. Qu'ils se souviennent aussi que la vérité et la justice doivent être préférées à l'efficacité et à la puissance, en n'oubliant pas que nul ne peut être fidèle sans participer au mystère de la Croix. Propositions 28 et 29 du Synode Romain 1987 - Vocation et mission des laïcs, n° 28 et 29. |