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Saint Jean Gualbert était né à Florence (Italie) vers 993. De noble naissance, ce jeune seigneur n'avait aucune idée de mener une vie austère ou humble. Élevé pour être soldat, il passait son temps dans les amusements du monde, laissant aller son imagination vers des combats où, bardé de fer, il aurait eu l'opportunité de se battre en duel. Il avait eu la douleur de voir son frère aîné, Hugo, assassiné. L'honneur familial de cette époque exigeait la vengeance et la mort du meurtrier. Après tout, on considérait que cela n'était que justice. Or un jour - c'était le Vendredi saint - qu'il se rendait à Florence avec son écuyer, Gualbert rencontra, au détour d'un petit chemin sans issue, l'homme qui avait tué son frère. L'assassin est seul, sans arme. Il ne peut pas fuir. Gualbert dégaine son épée et avance. Sûr que sa dernière heure est arrivée, l'assassin descend du cheval, se jette au sol et ouvre les bras en croix. Gualbert en est ému. Il n'est ni dévot ni de mœurs édifiantes, loin de là. Mais cet homme aux bras en croix qui tremble et supplie, évoque à ses yeux le Sauveur crucifié. Il baisse son épée, la remet au fourreau et renonce à la vengeance. C'est le début de sa conversion et d'une vie sainte. Il sera canonisé en 1193. Dans son message pour la Journée mondiale des missions, Jean-Paul II affirme que les chrétiens sont envoyés à "annoncer le pardon". Quelle idée étrange, étroite, nous faisons-nous de l'affaire appelée
pardon.
On trouve que la rancune est normale, que le ressentiment est logique, que les représailles sont légitimes. Le pardon est représenté comme une défaite, une perte. Or, le message que les chrétiens sont invités à annoncer c'est que le plus beau témoignage d'amour que Jésus nous a laissé, c'est de pardonner. Si les christianisme est privé de cette vérité considérée absurde par bien des gens, qu'en reste-t-il? La raison, le bons sen, l'amour pour sa propre famille ou son village existaient déjà avant Jésus Christ; on le trouve d'ailleurs chez de nombreux individus non chrétiens. Qu'est-ce que le Christ nous a apporté en plus? Justement ces absurdités apparentes. Il nous a dit:"Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous détestent, bénissez ceux qui vous maudissent… Que si vous aimez ceux qui vous aiment, faut-il vous en savoir gré? Et si vous faites du bien à ceux qui vous en font, faut-il vous en savoir gré?"
(Lc 6, 27) On trouve cela parfaitement réalisé dans les mots dits, par exemple, par la Bienheureuse Anuarite au salaud qui la tuait: "Je vous pardonne parce que vous ne savez pas ce que vous faites". Quelqu'un a écrit que si Dieu était juste suivant nos critères, il dépeuplerait son ciel. La porte du paradis s'ouvrirait rarement, pour ne laisser passer que des exceptions. Or, l'entrée du Royaume est le "pardon". Et le pardon est toujours une 'injustice', quelque chose d'immérité: tu m'offres le mal et je te rends le bien. Un principe qui doit faire son chemin, toujours selon le Pape, si on veut entrer dans une mondialisation sans les conflits qui continuent à meurtrir notre planète de manière presque endémique. |
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