afriquespoir@ic.cd

Home page

Lomé, commerce dans la rue. "Nos concitoyens sont confrontés dans la vie quotidienne à de lacinantes difficultés".(Message des Evêques)

Un séisme politique secoue depuis quelques mois le Rpt (Rassemblement du peuple togolais), parti qui avait été "unique" de 1969 à 1991. Tout a l'air d'un coup de glas pour le début de fin de règne de celui qui est considéré le doyen des Chefs d'Etat africains. A sonner l'alarme, c'est Dahuku Péré, ancien ministre et président de l'Assemblée nationale et Agbeyomé Kodjo Premier ministre et membre influent du parti. Dans une lettre devenue fameuse, écrite le 24 mars dernier au président et aux autres barons du régime

Péré accusait le leadership du pays d'être anachronique et affirmait que dans le parti "la tête réfléchit, seule dans sa cour d'ivoire, et donne ensuite des instructions aux membres qui exécutent sans discuter".

Il ajoutait qu'on refuse aux adversaires le droit de s'exprimer, de circuler librement à travers le pays et de mobiliser leurs militants. Il parlait de chasse aux opposants allant jusqu'à leur assassinat "Aujourd'hui, c'est nous qui, profitant toujours de notre position de force, traquons l'adversaire et même ceux des nôtres qui osent être différents, molestons et même tuons… A quand la fin de la barbarie et du supplice imposé au peuple? se demandait enfin Péré.

Dans un réquisitoire du 27 juin 2002 intitulé «Il est temps d'espérer» qui lui a valu l'exil, Agbeyomé Kodjo, plus mordant, a appelé le président "un monarque despote" et le régime "obscurantiste et inique qui a perdu ses repères depuis dix ans et fait ainsi beaucoup de torts aux Togolais"


Du tic au tac

Les deux hommes politiques s'attendaient à des réactions "pertinentes". Rien n'est arrivé, ni de la part du gouvernement ni des anciens collègues du parti. Ils ont été traités tout simplement de" fous, de rebelles, de surmenés, d'ingrats, d'ambitieux frustrés" et à la fin "exclus» de leur famille politique qui les a préalablement spoliés des honneurs du parti. Dans une longue réplique du 27 juillet 2002, le Parti définit le document accusateur de l'ex-premier ministre de "tract", de "littérature haineuse et fallacieuse" et la démarche tout simplement "du cinéma". "Pourchassé par les démons de l'ambition, il serait, un putschiste mal placé pour donner des leçons de bonne gestion". Après tout, il serait "descendant de famille criminelle, d'origine béninoise". Le président qu'Agbeyomé diabolise aujourd'hui comme un Brutus, en réalité "a toujours fait de la bonne gouvernance, un principe sacro-saint sur lequel il n'a jamais transigé", soutient le Parti, précisant qu'en 1990 le Togo était considéré la «Suisse africaine, un pays prospère, une place financière sûre, attrayante pour les étrangers» et si les choses ont commencé à tourner mal, la faute incombe à «l'opposition experte de la contestation».


Voix des autres

Dans la population, c'est un mélange d'euphorie, de crainte et de doute. Pour l'opposition politique, et les médias, les avis sont, en général, mitigés devant "la barque du Rpt qui prend de l'eau", "la maison en flammes". Certains apprécient le courage d'Agbeyomé et de Péré, et souhaitent qu'ils aillent au bout de leur logique de renouveau. Ceux qui ont le plus souffert des persécutions et même des tortures du régime affirment que les dénonciations des deux exclus du Rpt n'ajoutent rien de nouveau à ce qu'ils ont toujours condamné et que de toute façon, ayant cautionné ces mêmes méfaits pendant des années, ils ne peuvent pas maintenant demander au peuple de passer un coup d'éponge sur leur passé. Les horribles tueries de citoyens, dont les corps furent jetés dans la lagune en 1998, eurent lieu lorsque Agbeyomé était Premier ministre.

De la gabegie tous ont profité. Nombreux sont les gens qui regardent avec de la méfiance ces nouveaux convertis du Rpt aux valeurs de respect de droits de l'homme, de la bonne gouvernance, de l'Etat de droit et du respect du bien public et les mettent an garde contre toute tentative de repositionnement pour continuer à se maintenir pouvoir. Dans un message, le 19 juin 2002, les Évêques ont affirmé que "l'heure est très grave… Nous faisons tous, de façon presque unanime, ce constat: les citoyens de notre cher pays, dans leur très grande majorité, sont confrontés dans la vie quotidienne à de lancinantes difficultés et à des souffrances de toutes sortes. Témoins, nous le sommes tous également de la dégradation quotidienne des structures sociales de notre pays: la Santé et l'Éducation particulièrement, pour ne citer que ces deux secteurs-clés". Très significative est aussi cette réaction de la diaspora togolaise: "Faire tomber la dictature est une chose, mais installer une démocratie et un Etat de droit garantissant un développement harmonieux à ses filles et fils constitue un autre défi».

Horizon juin 2003

En juin 2003 auront lieu les élections. Le Président avait promis, après le hold up électoral de 1998, qu'il quittera "tranquillement" le pouvoir, dans le strict respect de la constitution. L'orage en cours, les accusations mutuelles, les alliances qui se font ou qui se décomposent semblent tourner autour de la grande question: "Respectera-t-il la parole donnée?". La nomination unilatérale en mai dernier de sept magistrats à la place de la commission électorale nationale indépendante (Ceni) - alors qu'il existait la loi-cadre laborieusement concoctée ensemble avec l'opposition, contribue à la multiplier les doutes.


Le vrai appui

A propos des échéances électorales, les Evêques togolais, dans une déclaration publiée le 29 juillet 2002, ont souligné que "Depuis de longs mois, le pays est engagé dans le processus électoral, mais celui-ci piétine. Or, il est nécessaire que les élections aient lieu pour permettre au peuple de désigner ses représentants en toute liberté et connaissance de cause". Plus explicites envers tous les partis, ils les invitent à "publier leurs programmes pour éclairer le peuple sur leurs objectifs" précisant que "Ces partis ne peuvent s'approprier l'expression de la volonté populaire, ils ne peuvent accomplir leurs missions qu'en prenant appui sur le peuple. C'est sur le peuple et lui seul que repose la construction de la démocratie".

Un avis sage, dans un pays où le pouvoir semble donner l'impression de gérer à sa manière les préparatifs, l'organisation, le déroulement et même la suite des élections, selon un schéma dont il serait le principal artisan. Le dialogue intertogolais est au point mort depuis que les médiateurs étrangers, notamment la France, l'Allemagne, l'Union Européenne et l'Organisation de l'Unité Africaine ont jeté l'éponge devant ce qu'ils semblent considérer "une mission impossible". Prévues par l'Accord Cadre de Lomé (ACL), signé en juillet 1999 entre le pouvoir et l'opposition, les élections législatives ont déjà été reportées deux fois. Le gouvernement du nouveau Premier ministre Koffi Sama a reçu comme mission spéciale l'organisation des prochaines élections. Face à ces défis électoraux, l'opposition se présente encore en rangs dispersés. A l'heure actuelle seul un parti de l'opposition est disposé à aller aux élections; soupçonné d'ailleurs jouer le double jeu, comme dans le passé. Tous les autres exigent le respect de la Loi-cadre de juillet 1999. L'idée d'une candidature unique de toute l'opposition aux élections n'a pas encore fait l'unanimité. Il y a toutefois un début de regroupement de 4 partis d'opposition qui le 5 août dernier, ont créé un "Front Uni de l'Opposition" dont l'objectif principal est le départ du président et la fin du règne de son parti en 2003.

L'Ufc de Gilchrist Olympio, le plus grand parti d'opposition, tout en poursuivant les mêmes objectifs préfère une sorte "d'union sans fusion", laissant donc la possibilité de candidatures propres . Une ère à la fois fascinante et incertaine se dessine pour le Togo riche en pistes de renouvellement réelles mais aussi de blocages persistants. L'incognito a toujours fait partie du panorama local!

Yomenu Mawulolo

Point de vue

Il change les esprits

Il serait utile 

C'est génial

L'Union Africaine

Nous irons

Annonce: Missionnaire dans mon pays

On vient de commencer

Dans la joie

Qu'as-tu vu en rêve?

Je vais raconter à Dieu

Vade-mecume: Est-vrai que les gens sont très religieux?