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Parmi les pas concrets réalisés au cours des dernières années, il y a sans doute la signature de la Déclaration conjointe sur la Justification, par l'Église catholique et la Fédération luthérienne mondiale, en 1999, à Augsbourg. Un événement défini par Jean Paul II "véritable pierre milliaire" et qui a été perçu par beaucoup de chrétiens comme un signe d'espérance. Des polémiques et des différences séculaires qui avaient divisé les Églises sur un point central et fondamental de leur message, ont pu être surmontées.


Il doit être possible

Les célébrations œcuméniques au cours de l'année du Jubilé, les visites du Pape, les lettres qu'il échange régulièrement avec les chefs des autres Églises, sont bien plus qu'une expression de diplomatie et de courtoisie. A la Journée de prière pour la paix dans le monde (24.6.2002) étaient représentées 31 Grandes Églises ou Fédérations d'Églises chrétiennes (et les onze plus grandes religions du monde).

«Treize différents dialogues sont actuellement en cours. Parmi eux, le dialogue avec les Églises d'Orient et avec les Églises orthodoxes. Du point de vue théologique, elles sont les plus proches des catholiques. Depuis 1980, en dépit de tous les problèmes qui ont surgi, surtout avec le Patriarcat de l'Église orthodoxe russe, le dialogue a donné des résultats encourageants.

D'énormes progrès ont été faits, dans le dialogue avec la Communion anglicane (ARCIC) et la Fédération luthérienne mondiale, notamment en ce qui concerne la question du "ministère du successeur de Pierre". On pourrait penser que l'unité avec la Communion anglicane doit être possible dans un avenir très proche. Mais là aussi il y a des tensions, causées par des problèmes comme l'ordination des femmes au sacerdoce, la succession apostolique des évêques, etc. Des résultats positifs a enregistré le dialogue avec d'autres Communautés ecclésiales (Réformés, Méthodistes, Mennonites, etc.). On entreprend de nouveaux dialogues avec, par exemple, les Adventistes du Septième Jour et  les nouvelles Communautés, celles des Evangéliques et des Pentecôtistes.


Ce qui  blesse

Beaucoup plus difficile est le dialogue avec les anciennes et les nouvelles sectes ainsi que les nombreuses Églises champignons d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie, à cause de leurs attitudes et pratiques fondamentalistes, souvent très agressives, syncrétistes et dédiées au prosélytisme.

Pour beaucoup de chrétiens l'œcuménisme est devenu évident. Mais plus nous nous rapprochons les uns des autres, plus est douloureuse la perception du fait que nous n'avons pas encore la pleine communion. Ce qui nous sépare encore et nous empêche de nous réunir autour de la table du Seigneur nous blesse.

Mais nombreux sont ceux qui ne savent pas de quoi il est question dans la doctrine catholique ou protestante, ni quelles sont les différences. Les effets des progrès œcuméniques n'ont pas encore pénétré dans les cœurs ni dans la chair de beaucoup d'Église. Alors que, face à la situation actuelle, nos conflits confessionnels sont "honteux".

On a besoin d'un nouvel enthousiasme œcuménique et de patience, qui. est la sœur cadette de l'espérance chrétienne. Cela impliquera, par exemple, le renoncement à toute forme ouverte ou cachée de prosélytisme, la conscience que toute décision «interne» concerne également nos partenaires, la guérison des blessures laissées par l'histoire (purification des mémoires), et une meilleure connaissance des dialogues et accords œcuméniques déjà réalisés. Sans aucun danger pour notre foi ou notre conscience, nous pourrions déjà faire ensemble beaucoup plus que nous ne faisons actuellement: étude de la Bible en commun, échange d'expériences spirituelles, recueil de textes liturgiques, cultes en commun au cours de célébrations de la Parole, meilleure compréhension de notre tradition commune et des différences qui existent, coopération dans la théologie, la mission, le témoignage culturel et social, dans le domaine du développement et de la sauvegarde de l'environnement, dans les médias».

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"Les chrétiens des différentes Églises et Communautés ecclésiales ne sont plus des ennemis ni des voisins indifférents; ils se rencontrent comme des frères, des sœurs et des amis".

Ces mots prononcés par le cardinal Walter Kasper, responsable du Conseil Pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, résument le chemin parcouru après le Concile Vatican II.

(Source de ce texte: différents documents du Conseil Pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens).

Assise, janvier 2002.