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Mal à l'aise! Le croyant attentif se sent vraiment mal à l'aise en ce début du nouveau millénaire: sa foi est rudement mise à l'épreuve et entre souvent en conflit avec ce qu'on appelle les réalités d'aujourd'hui. Comprenez: toute cette violence en temps réel (menu quotidien tant prisé des faiseurs d'infos) et celle cachée aussi bien dans les jeux vidéo 'pour enfants'. Que dans les foyers africains où les femmes sont brimées en silence, dans les communautés religieuses et sacerdotales où l'indifférence mutuelle au quotidien frise l'inconscience, dans les diocèses où l'évêque est à couteau tiré avec ses prêtres éperdus, etc. La violence - que l'on croit exorcisée parce qu'on la montre ou qu'on en parle - amène le croyant que je suis à m'interroger non sans inquiétude sur ce qui est devenu matière à contemplation (images TV) ou manière de vivre et d'être au quotidien: la culture de la violence, alternative de la survie du moi individuel ou du moi collectif. Par exemple nos lois et structures sociales l'ont de facto institutionnalisée dans l'impunité des tenants d'un pouvoir qui écrase un peuple de fourmis sans voix et sans visages, mais, Dieu merci, pourrait-on dire, ces fourmis humaines sont dotées de mollets musclés qui leur garantissent des heures et des kilomètres de marche à pieds, faute de transport public dûment non pris en charge par l'État… Violence, violence, violence! Et l'on n'en voit pas l'aboutissement! Ma foi est plutôt handicapée là! La vôtre aussi sans doute. Hypocrites, nous protégeons notre tranquillité immédiate, nous faisons comme si tout allait bien! Mais l'inquiétude spirituelle est là: Commençons d'abord nous-mêmes par faire la paix dans notre propre cœur, en chassant toutes les idoles qui sèment la violence en nous et autour de nous, comme dit Jc 4,1-4. Créons en nous-mêmes un espace d'émergence pour Jésus le Seigneur de la Paix... «Allons, ses propres frères Juifs n'arrivent pas à vivre en paix avec leurs voisins palestiniens, et tu parles de Dieu de la paix? Indique-moi un seul lieu dans le monde où la paix est fermement assurée à cause de la religion chrétienne ou la religion tout court: ceux-là qui imposent la guerre et toutes les violences ne manquent pas au culte dominical ni à celui du vendredi et du sabbat…» Objection désabusée d'un chrétien blasé de Kinshasa. Le serpent a avalé sa queue. Apparemment. Mais je demeure convaincu quelque part que la Parole de Dieu nous apporte la lumière. «Si tu n'es pas bien disposé, le péché n'est-il pas à la porte, une bête tapie qui te convoite, pourras-tu la dominer?» (Gn 4,7). Si en nos cœurs la foi est handicapée, c'est qu'en nous elle n'est pas puissante. Nous croyons et en même temps nous doutons de Jésus Christ, tant nous sommes écrasés par l'ampleur de la violence. Pourtant par le baptême l'Esprit nous a introduits dans la coalition céleste de l'Amour contre le Mal sous toutes ses formes, dont la violence... On y croit ou on n'y croit pas. Être chrétien c'est «se faire violence» pour cultiver la paix, quoi qu'il nous en coûte! Notre choix motivé de Jésus engage notre mode de gestion responsable de la paix dans nos rapports avec les autres. Cessons de prier avec notre tête embrouillée par les urgences de l'éphémère: elles entretiennent la culture de la violence. Prions avec notre cœur résolument offert comme le demande Ro 12,1-2. C'est la Sagesse qui le recommande: «Approchez-vous de moi, ignorants, mettez-vous à l'école» (Sira 57,23). En écho Jésus, la Voie de la Paix, va reprendre l'exhortation: «Mettez-vous à mon Ecole, car je suis doux et humble de cœur» (Mt 11,29). Êtes-vous un «Buisson ardent» qui attire l'attention des gens autour de vous, à qui vous donnez paix et joie au nom du Dieu de la paix? C'est trop exigeant peut-être? Vous préférez vivoter avec votre foi handicapée? Mais au fait, n'êtes-vous pas qu'un(e) chrétien(ne) de «prénom»? Ou bien vous appartenez vraiment au Christ ? Hum… |

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En premier lieu Chaque chrétien est appelé à annoncer l'Évangile. Deux millénaires après la naissance du Christ, la plus grande partie de l'humanité se trouve encore dans une situation de l'Avent. Cela provoque tous les chrétiens en tant que messagers de l'Évangile: le Christ Seigneur est la lumière de tous les hommes. Que les chrétiens actifs dans la politique, l'économie et le social aient conscience de la nécessité de rendre un clair témoignage de leur vie chrétienne, surtout en ce qui concerne la justice dans les affaires et la cohérence entre les principes de la foi et la vie. Qu'ils veillent en tout premier lieu a promouvoir la dignité de la personne humaine, à réaliser le bien commun. Qu'ils se souviennent aussi que la vérité et la justice doivent être préférées à l'efficacité et à la puissance, en n'oubliant pas que nul ne peut être fidèle sans participer au mystère de la Croix. Propositions 28 et 29 du Synode Romain 1987 - Vocation et mission des laïcs, n° 28 et 29. |



