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Le spécial de ce numéro d'Afriquespoir est consacré à la violence. Nous vivons dans un monde où la violence est toujours plus présente. Même si l'on n'écoute pas la radio ou l'on n'a pas le téléviseur à la maison pour se renseigner sur les violences d'ailleurs, les tueries, les désastres naturels, les incendies, les accidents de chez nous sont tellement réels et nombreux que nous pouvons en déduire que le monde est terrifiant. On aurait pu penser que l'individu moderne, dans l'image forte qu'il a de ses capacités, aurait été en mesure de renoncer à la stupidité de se faire du mal. On aurait pu espérer que les moyens tout-puissants de communication auraient donné à nos contemporains la chance de mieux connaître, finalement, les vraies causes de la violence et de les éliminer. Il n'en est rien.

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Il y a quelque temps les journaux nigérians The Day et Vanguard avaient choisi comme "Homme de l'année" respectivement Mr Assassin et Mr Violence. La raison? Ces deux sujets avaient été à la une des actualités nationales et internationales pendant toute l'année. On peut affirmer, sans contredit, que cela est toujours vrai.

Les guerres que des groupes se livrent embrasent plusieurs régions. On convoite les ressources du voisin, on exploite les différences religieuses, de race, de culture et on ouvre la grande porte aux ressentiments et à la haine. Quelques jours suffisent pour détruire une convivialité que les générations précédentes étaient arrivées à bâtir.

La dépréciation de la vie humaine est évidente et les carnages de notre temps sont là pour confirmer cette plaie sinistre.


Petit à petit se cristallise sur nos pays l'image inquiétante de sociétés destinées à ne pas vivre en paix. Le goût de la transgression des normes et des prescriptions sociales liées à la honte, la peur, la pitié, l'honneur, la solidarité, séduit les esprits. On ne respecte plus rien. "Je n'ai pas cet argent-là. Je n'ai que 20 dollars, que voici", dit Sr Stella Buma à l'homme armé qui en exigeait 800. Il n'a pas eu pitié d'elle (v. page 6).

Au cours de leur dernier Chapitre général, les religieuses de Marie-Auxiliatrice (Salésiennes) ont proposé un "vœu" de non-violence. Plus ou moins dans ces termes: "Je refuserai de réagir à la provocation et à la violence; j'accepterai la souffrance au lieu de l'infliger; j'agirai de manière non-violente pour supprimer les causes de la violence, en moi-même et dans le monde".

Dans la crise actuelle, on pointe souvent la religion comme un facteur de division entre deux blocs: musulmans d'un côté, chrétiens, juifs, hindouistes de l'autre. Dire que la racine du mot "religion" se rattache à la notion de relier, de tisser des liens! Cela nous interpelle comme chrétiens et comme membres de la famille humaine. Comment annoncer et vivre l'Évangile au sein de nos sociétés déchirées? Plus que jamais, il apparaît nécessaire de situer la tolérance et le dialogue au cœur de nos engagements. "La force produite par la non-violence et infiniment plus grande que la force des armes inventées par l'ingéniosité de l'homme", disait, il y a soixante-dix ans, Gandhi.

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