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«La situation que traverse notre pays depuis le coup d'État manqué du 28 mai 2001 est devenue de plus en plus préoccupante. Elle a instauré le langage des armes engendrant un cycle de violence, de vengeance et le sort de la population centrafricaine déjà condamnée à la pauvreté, à la misère et à l'enclavement se complique davantage. Les événements du 25 octobre 2002 ont endeuillé la nation et ébranlé la cohésion nationale. Les hommes en armes ont pris la population civile en otage. Les incursions des rebelles ont frappé presque toutes les missions du pays. Centres sanitaires, écoles, structures d'Église, tout a été visité, volé» .

Miliciens de Jean Pierre Bemba, rebelles de François Bozizé et même certains soldats de l'armée nationale, tous ont racketté, spolié, pillé, saccagé ou détruit. Les avions libyens y ont ajouté leurs bombes. Le document dresse une liste provisoire des méfaits et des dégâts. Bossangoa, à environ 300 kilomètres au nord de Bangui, a été définie 'ville martyre': l'hôpital régional, le bloc opératoire, le dépôt pharmaceutique préfectoral, les centres de santé: la léproserie Raoul Follereau, le centre Pierre Ndjogombe, les bureaux administratifs, les bureaux de la coopération allemande e italienne, les habitations du personnel, le centre culturel catholique, le Centre de Formation Agricole et Rurale (CFAR), les installations de la société des distributions d'eau (SODECA) et celles de la société centrafricaine de télécommunication (SOCATEL), les presbytères, les maisons des religieuses, les maisons des notables et des autorités, le garage de l'évêché, ont été pillés et saccagés. L'Evéché a été démoli avec une rare violence. Des missionnaires ont été ligotés, frappés et torturés. Plusieurs exécutions sommaires ont été perpétrées par les rebelles tchadiens musulmans. L'abbé Jean Claude Kilamong, prêtre de nationalité centrafricaine, a été assassiné le lundi 9 décembre 2002, par un groupe de rebelles liés à François Bozizé. Ces derniers ont aussi tué le journaliste Raymond Daké, qui travaillait pour Radio N'Doye, une radio diocésaine, et deux gardiens des locaux de la radio.

La ville de Batangafo a été pillée par les mêmes rebelles, avant d'être bombardée par l'aviation libyenne...


Loin des cameras

«Ce tableau sombre est un cri de détresse de la population centrafricaine qui gémit, pleure et enterre ses fils et ses filles en silence, loin des cameras des pays occidentaux», affermit le document en question.


Si ce n'est pas un petit guêpier, cela y ressemble. Au cours du mois de février, le mot 'dialogue' a été invoqué à plusieurs reprises. La visite à Bangui du Chef d'État tchadien, les rencontres à Libreville et en France entre représentants du gouvernement et ceux de l'opposition, l'invitation adressée par l'Union Africaine aux parties en conflit pour un dialogue «sans exclusive», la nomination par le  président Ange-Félix Patassé de Mgr Paulin Pomodimo: autant de signes qui permettent d'espérer que la RCA ne s'enfoncera pas dans la 'congolisation' ou l'ivoirisation'.

Aux critiques exprimées  par l'opposition, Mgr Pomodimo a réagi en disant qu'il entend disposer d'une totale liberté d'action pour mener le dialogue: "l'enjeu est historique pour le pays. Même s'il m'a nommé, je ne suis pas à la solde de Patassé. Au-delà de ma personne, je ne peux en aucun cas permettre que le président se serve de l'Église catholique qui est une institution respectée dans ce pays - a-t-il expliqué -. Le président Patassé réalise que cette crise est sans précédent et chaque fois qu'il essaie de tergiverser, nous le lui rappelons", a assuré le prélat.

Le problème est tellement grave qu'il n'a plus le temps de jouer et il le sait... le pays n'existe plus en tant qu'Etat".

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C'est par les mots tirés du 3è chapitre de l'Exode "J'ai vu la misère de mon peuple", que le président de la Conférence Épiscopale Centrafricaine, Mgr Paulin Pomodimo, commençait le 12 décembre dernier un document sur la situation du Pays.

Le sort de la population centrafricaine déjà condamnée à la pauvreté, à la misère et à l'enclavement se complique davantage.