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ï Vous avez travaillé avec les orphelins pendant de longues années. Oui, pendant trente ans, sans interruption, en particulier dans l'assistance aux plus petits, de 0 à 6 ans. Je l'ai toujours fait avec passion, dans le désir de leur donner l'amour maternel qu'ils n'avaient pas reçu dans leur vie. J'ai perdu ma mère quand j'étais encore petite et j'ai fait l'expérience d'être orpheline. Les années difficiles ont été nombreuses, surtout celles de la guerre de libération du pays. On n'avait pas de quoi nourrir les bébés de mères décédées au moment de l'accouchement. Difficiles aussi parce que l'orphelinat était situé sur la route de l'aéroport d'Asmara. Il était continuellement la cible des bombardements effectués dans la zone. Des bombes sont tombées sur l'orphelinat en 1989. Heureusement, il n'y a eu aucune victime. Mais on a dû évacuer tous les enfants. ï Est-ce qu'il y a eu des moments où cela vous semblait trop lourd? Je peux dire que j'ai toujours fait ce travail avec joie. J'étais très heureuse quand mes Supérieures m'ont confié cette tâche. Je sentais que je pouvais donner aux enfants toute mon affection et que je pouvais réaliser pleinement ma vocation de missionnaire, sans rien faire d'extraordinaire, seulement en essayant de protéger les plus petits et les plus abandonnés. Même aujourd'hui, je crois que, servir les plus petits, les sans-voix, c'est une priorité de notre charisme missionnaire. Il y a plusieurs façons de servir les plus pauvres. Moi, je le fais de cette manière, aux côtés des enfants sans famille. Beaucoup de gens on collaboré à cette œuvre de maintes façons et surtout dans les moments les plus difficiles. Grâce à ces personnes, les enfants n'ont jamais manqué de la nourriture nécessaire. J'ai pu constater combien le Seigneur est fidèle à ses promesses et qu'il vient au secours des pauvres et des orphelins. La générosité de tant de personnes m'a souvent émue. Certains événements m'ont fait comprendre que, sans que je le cherche, je suis devenue un point de référence pour ces orphelins. Sans doute, à leurs yeux, je remplace la famille qu'ils n'ont pas eue. J'ai accompagné quelques-uns jusqu'au mariage et maintenant ils viennent me visiter avec leurs enfants. ï Le prix «Femme de l'année» signifie quoi pour vous? Cela a été une surprise. Je n'avais jamais pensé que dans ma vie j'aurais pu recevoir un tel honneur et quand on me l'a annoncé je me suis sentie confuse et troublée. Je ne savais ni quoi dire ni quoi faire. Ensuite, j'ai pensé: si une telle chose m'est arrivée c'est par le mérite de l'innocence de mes petits, auxquels Dieu pourvoit à travers la bonté de tant de gens. Alors j'ai accepté tout: voyage en Italie, ma présence à la consigne du Prix et tous les honneurs qui se sont transformés en prière afin que les orphelins puissent être aidés concrètement à grandir dans une ambiance favorable. Ae |

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Sr. Gabrielle Ghidei |

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Sr Gabrielle Ghidei a fait partie des finalistes de la cinquième édition du Prix international St Vincent (Vallée d'Aoste -Italie), "La Femme de l'année". Après avoir examiné 25 candidatures présentées par des organismes nationaux et internationaux en relation avec le thème "La femme et l'enfance", le jury a attribué le prix «ex aequo» à Sr Gabrielle Ghidei, et Jeanne Pezzullo. Originaire d'Erythrée, Sr Gabrielle est une missionnaire combonienne. Après avoir travaillé pendant 25 ans en tant qu'infirmière à l'hôpital Regina Elena d'Asmara, en 1974 elle fut affectée à l'orphelinat gouvernemental de la capitale. Au cours de longues années rendues difficiles par le conflit avec l'Ethiopie, Sr Gabrielle est devenue une référence pour des centaines d'enfants. |