afriquespoir@ic.cd

Home page

Ae22

Dans le dossier central de ce numéro d'Afriquespoir on parle d'un thème qui n'est pas nouveau: la démocratie. D'elle on dit beaucoup de choses. On la promet, on l'exalte, on la critique, on la condamne. Mais elle est toujours là, refoulée par les puissants qui ne l'aiment pas, rêvée par ceux qui croient que sur la terre il n'y a rien de mieux.  Il est presque impossible de dire des choses nouvelles par rapport à ce sujet.

 

Le texte en question se limite à les rappeler. On y affirme, en particulier, que l'ennemi principal de la démocratie est l'analphabétisme. Les premiers adversaires de la démocratie sont les individus qui ne savent ni lire ni écrire. Où savoir lire et écrire est encore un luxe, les pouvoirs y trouvent leur compte et les gens s'enfoncent davantage dans la misère. Si on ne lit pas couramment, on ne lit pas non plus de journaux ou de livres, on devient facilement des individus exclus.

 

Dans un volume que MédiasPaul vient de publier à Kinshasa, l'auteur souligne que l'homme qui lit est un homme libre, qui pense avec sa tête à lui et décide ce qui lui convient ou non… La lecture d'un livre (ou d'un journal) éduque à la précision du langage parlé.


Le lecteur s'approprie le contenu du livre et, après évaluation personnelle, il peut l'accepter, ou le refuser. Ce qu'un journal raconte peut aider à mieux  comprendre ce qui se passe dans l'actualité. Combien de gens rencontrent des difficultés pour lire, comprendre et exprimer leur opinion sur la valeur d'un article simple de journal!

 

Naturellement, cela n'empêche pas qu'il y aient des diplômés capables de déclencher une guerre ou d'instaurer un régime qui ignore toute règle démocratique. Le création de l'UNESCO, au lendemain de la fin de la deuxième guerre mondiale, fut l'expression d'une prise de conscience des dangers que représentaient l'ignorance, l'analphabétisme et le sous-développement intellectuel pour la paix mondiale. Cependant, ceux qui avaient allumé le conflit qui fit environ 38 millions de morts, n'étaient pas d'individus analphabètes!

 

On souligne ici le désarroi des personnes qui pendant toute leur vie n'arriveront jamais à écrire une lettre ou à remplir un document administratif. L'homme ou la femme analphabète ne pourra jamais agir avec suffisamment d'efficacité sur sa propre vie quotidienne, dans ses rapports aux autres, à l'administration, à l'information. De plus, ils sont vulnérables aux discours des mystificateurs qui promettent la lune ou assurent que bientôt il y aura une pluie de miracles et que tous leurs problèmes trouveront la solution.

Que des régions de notre continent sont encore à ce niveau-là! Les choses sont si embarbouillées que même ceux qui aimeraient lire un journal ne sont pas en condition de le faire. A Kinshasa, par exemple, le prix d'un quotidien est tellement décourageant que, faute de moyens pour acheter le journal entier, on achète la photocopie de la page qui intéresse.

 

Le gap avec d'autres sociétés est impressionnant. Alors qu'aux États-Unis la consommation de papier est de 80 kilos par habitant, chez nous elle est de 0,1 kg par habitant. Apprendre à lire, à écrire, compter est un droit fondamental de tout citoyen. Assurer cela, est un devoir de tout gouvernement.

Ae