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Sommaire


Courrier


Ils se pressent


Vers la paix?


Les Bambuti


La belle chanson


La termitière


Réconciliation: le défi


Vade-mecum


Impunité: plus jamais?


L'or bleu


Elle est capable


J'ai oublié


Spécial Spécial Spécial:

Qu'est-ce qu'ils rencontrent-là?


Ils font le plein


Rendez-vous manqué

L'eau recouvre les trois quarts de la planète, mais l'eau douce ne représente que les 2,5% de toute la masse liquide Or, c'est  l'utilisation de l'eau douce qui fait problème et qui est au centre de problèmes vitaux. L'eau est, en effet, une ressource limitée et inégalement répartie à la surface de la Terre. Son absence ou son insuffisance, de même que sa surabondance (inondations), peuvent être mortelles, et sont dans de trop nombreux cas le résultat d'une utilisation irresponsable par les humains. C'est pourquoi elle constitue un enjeu fondamental pour le développement durable à l'échelle de la planète.

La majorité de la population africaine n'a pas accès au téléphone. Très nombreux sont ceux qui n'ont pas été à l'école ou se débrouillent sans électricité et sans une assistance médicale moderne. Mais sans eau potable, la vie est impossible !


Un simple robinet

Plus de 1,5 milliard de personnes n'ont pas accès à l'eau potable saine. C'est-à-dire qu'un homme sur trois ne possède pas un simple robinet pour boire de l'eau propre et pour vivre convenablement. Les conséquences sont là: 30.000 personnes meurent chaque jour de maladies dues à l'absence d'eau potable et de services hygiéniques.

La mauvaise eau est la cause principale de mortalité en Afrique et dans le monde (malaria, bilharziose, diarrhée, typhoïde, etc.). En Angola, par exemple, seulement 4% des ruraux ont accès à l'eau potable. Au Sénégal, comme dans les autres pays du Sahel, à peine la moitié de la population a accès à l'eau potable. Le gouvernement s'est fixé pour objectif de donner 35 litres par jour et par habitant, mais dans la réalité, le quota actuel est plutôt de 15 litres.

À titre comparatif, un Américain consomme en moyenne 700 litres d'eau par jour et un Européen autour de 200 litres par jour... 600.000 agriculteurs en Afrique du Sud consomment pour l'irrigation 60% des ressources hydriques du pays, alors que 15 millions de citoyens n'ont pas accès à l'eau potable. 11% des ressources en eau douce de la planète se trouve au Brésil, mais 45 millions de Brésiliens n'ont pas encore accès à l'eau potable. 

De mille manières

Trois activités s'approprient l'usage de la totalité de l'eau douce: l'agriculture (70%), l'industrie (20%) et la consommation domestique (10%).

40% de l'eau employée pour l'irrigation se perdent par évaporation; les pertes en eau dans les aqueducs sont de 30 à 50%, même dans les pays dits «développés». En Afrique sur 4000 milliards de mètres cubes qui ruissellent chaque année dans les fleuves et rivières, 4% seulement sont utilisés, par manque d'infrastructures de distribution. Par ailleurs, les réseaux de plusieurs pays au sud du Sahara accusent des pertes de 50 à 70 % suite aux fuites de tuyauteries défectueuses.

L'eau est polluée de mille manières: par les industries qui produisent des déchets toxiques, par l'agriculture qui utilise davantage des pesticides et d'engrais, par les habitants des villes dont les eaux usées et les déchets sont déversés sans traitement dans les rivières, lacs et fleuves.


En chute libre

Vu le rôle important que joue l'eau dans la vie des individus et dans le développement des pays, le Forum de Kyoto a émis le souhait de voir la réduction du nombre des personnes sans eau potable d'ici 2015 et a invité à lutter contre le gaspillage, à améliorer l'irrigation et à investir dans des équipements. « Des pieuses intentions - ont dit à Florence, les 21 et 22 mars 2003, les participants au 1er Forum Alternatif Mondial de l'Eau. Le Forum de Kyoto n'offrira aucun espoir concret aux populations pauvres et opprimées de la planète… La communauté internationale est appelée à se mobiliser pour que l'eau soit accessible aux plus pauvres du monde et à faire de l'eau une priorité et un droit qui devrait être inscrit dans les constitutions. Car, il n'y a pas de droit plus fondamental que celui de l'accès à l'eau potable».

2003 a été proclamé «Année internationale de l'eau». Si le pétrole est appelé or noir, l'eau est en train de devenir l'or bleu. Au Forum mondial de l'eau qui s'est tenu du 16 au 23 mars à Kyoto, au Japon, 10.000 délégués représentant 165 pays ont discuté sur les grands enjeux concernant l'eau: les changements climatiques, l'eau comme source de conflits, technologies d'irrigation, pollution etc.


Par Jean Pierre Mukendi