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Sommaire


Courrier


Ils se pressent


Vers la paix?


Les Bambuti


La belle chanson


La termitière


Réconciliation: le défi


Vade-mecum


Impunité: plus jamais?


L'or bleu


Elle est capable


 

J'ai oublié


Spécial Spécial Spécial:

Qu'est-ce qu'ils rencontrent-là?


Ils font le plein


Rendez-vous manqué

Jésus Christ est en train de devenir une panacée: «Jésus, tu es la solution» chante-t-on, la solution à tous les problèmes semés sur le parcours qu'est notre vie ici sur la terre.


Non pas le Jésus assoiffé d'âmes, toujours crucifié par les péchés d'un monde de plus en plus distrait, «comme aux jours de Noé» (Lc 17,26). Non pas le Maître et Seigneur qui nous a avertis: «Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même et prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive… Et quel avantage l'homme a-t-il à gagner le monde entier, s'il se perd ou se ruine lui-même?» (Luc 9,23.25). Ainsi nous aura échappé, aux nouveaux «rabbis» de crise que nous sommes, la signification de ce divin enseignement sur la croix salvatrice qu'il nous faut assumer?


Eh bien, oui, très souvent nous glissons sans commentaires par-dessus cette parole déplaisante pour nous, héritiers des «pharisiens qui aimaient l'argent» (Lc 16,14), aveugles conduisant d'autres aveugles (cfr Lc 6,39). Le «Jésus-solution» n'est pas ce Jésus humilié sur la croix et triomphant de la mort, glorieusement régnant, éternellement puissant et à jamais sauveur de ceux qui cherchent la vie éternelle (cfr Heb 7,25). Nous avons, par nos paroles et par nos actes, fait croire que «Jésus-solution» est la manifestation de cette divinité inventée par les hommes pour le service des hommes, de leur bonheur et prospérité désormais assurés. La foi seule suffit, ainsi que de chanter le Nom merveilleux de «Jésus-solution» et de danser en son honneur à longueur des assemblées de louange et de nos émissions religieuses TV!


Dans son veuvage pénible alourdi d'une charge de huit enfants, cette maman catholique vint faire bénir ses quelques dollars et «chercher, me dit-elle, des prières efficaces» pour relancer son petit commerce de bière en détail, le cœur secrètement rempli de l'espoir d'atteindre le commerce en gros. Sans trop chercher à discerner avec elle quelle pouvait être la volonté de Dieu, je lui donnai des prières... Trois mois plus tard celle qui était un rat d'église disparut de circulation. Elle mettait en circulation chaque semaine deux à trois longues remorques de bière dans sa parcelle. Et madame se retrouva piégée comme un cancrelat dans un bidon d'huile de palme, complètement noyée dans les délices de la prospérité enfin conquise. Commentaires de ses enfants: «Maman n'a plus le temps de parler et de prier le soir avec nous, mais pour calculer ses bénéfices, elle en a beaucoup.


Nous aussi nous avons fini par nous lasser de la prière». Cinq courtes années plus tard disparurent remorques et bacs à bière, et les monceaux d'argent fondirent comme beurre au soleil impitoyable de la crise spirituelle de la dame. "J'ai oublié Dieu à cause des affaires prospères: ma famille, avouera-t-elle, est devenue un Babel avec mes enfants en débandade; je me suis attiré moi-même la punition. J'ai compris: maintenant je cherche à vivre la volonté de Dieu et à réfuser de mettre au centre de ma vie la seule prosperité matérielle. C'est cela la vraie, la seule vérité qui sauve. Mon père, priez pour que ma famille retrouve son harmonie d'antan".


La vérité est que la mission de Jésus, l'Envoyé du Père de miséricorde, n'est pas encore terminée dans l'ordre du temps, c'est- à-dire tant que dure l'histoire… Qui donc a reçu autorité de changer la Parole de Jésus Christ, de proclamer l'erreur divine de nous avoir exhortés à monter avec lui sur la croix, alors qu'en nous la passion-mort et la résurrection de Jésus se réalisent au jour le jour.


Abbé Alphonse Kibwila Marie de la Croix