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Spécial Spécial Spécial: Qu'est-ce qu'ils rencontrent-là? |
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Rien que du succès! On ne peut plus faire un pas dans la rue ou regarder la télévision, sans entendre cette expression. C'est formidable. La vie, la misère, la fin du monde, le diable, la guerre: la solution est derrière la porte, le succès est désormais à la portée de la main. On peut l'atteindre, c'est accessible. Pas un prédicateur qui ne finisse par crier et promettre rien que de la prospérité et des jours fortunés. Il y a dans le langage des prophètes un usage intensif et permanent du terme succès, les mille et une manières d'accommoder ce mot. Ceux qui ont l'impression que leurs problèmes n'intéressent personne et qu'ils n'attirent pas l'attention des grandes instances nationales ou internationales, sont poussés à croire que Dieu est finalement de leur côté. Quantité d'Églises ou de nouveaux mouvements religieux proclament avoir Dieu comme solution de tout. Puisque Dieu n'aime pas la pauvreté et puisque sa machine à miracles est inépuisable, pourquoi devrait-il refuser de voir ses créatures comblées et prospères? Après tout, assurent les prédicateurs, s'enrichir n'est pas un péché. Ils organisent de grandes croisades attirant dans les stades des masses impressionnantes d'adeptes ou de curieux. Des programmes télévisés de «guérison divine», de «béné-dictions», de «délivrance», promettent tout genre de prodiges: les aveugles verront, les boiteux marcheront, les stériles enfanteront, les aspirants à l'émigration décrocheront finalement un visa de sortie. Même le sida disparaîtra. La religion fleurit. Les gens prient. On assiste à l'utilisation de la religion pour assurer ou justifier n'importe quoi. Ces derniers temps on a de nouveau entendu des gens invoquer Dieu pour faire la guerre ou pour proposer au nom de Dieu une solution violente à leurs problèmes. Des terroristes arborant, autour de la taille, une ceinture d'explosifs, appeler leur suicide 'un acte religieux' et affirmer qu'avant d'être une revendication politique la bombe qu'ils avaient placée autour des reins était 'un geste qui plaît à Dieu'. On pourrait se demander d'abord si les prédicateurs du succès ne se trompent pas de Dieu. Au lieu de la soumission à Dieu, ils garantissent la soumission de Celui-ci à nos requêtes. Les magiciens l'ont toujours fait, la superstition ce n'est pas de croire à une divinité plutôt qu'à une autre, mais de vouloir la soumettre à nos fins. C'est une histoire très ancienne. Saint Augustin exhortait les pasteurs des communautés à vérifier les raisons de ceux qui voulaient devenir chrétiens. Afin de décourager les conversions intéressées. «Il faut s'assurer - écrivait-il - qu'il n'y ait pas une recherche d'avantages humains. Il peut y avoir des raisons politiques, ou pour s'assurer la protection de Dieu en vue d'une réussite terrestre. Des païens pourraient demander le baptême pour épouser une fille chrétienne». Aussi ceux qui mêlent Dieu dans leur choix de violence, défigurent son image. Bien qu'ils soient convaincus d'être du bon côté, du droit, d'appartenir au monde des victimes innocentes, nous croyons que toute religion mérite mieux. On peut même affirmer que tout pouvoir qui exploite la violence est un pouvoir athée, ignorant la vraie nature de Dieu, créateur et père de ses créatures. Toute grande religion mérite mieux que des terroristes comme saints. La vrai foi, quelque que soit la religion, doit conduire au respect de l'autre et à la recherche de Dieu dans la paix. Au bout du compte, la religion exploitée par la politique peut convaincre les gens qu'ils n'ont rien à se reprocher ni à leur groupe. Or, les musulmans ne sont pas que des victimes, parmi eux il y a des groupes qui agressent les chrétiens au Soudan, au Nigeria, au Pakistan... Enfin, d'une manière ou d'une autre, c'est l'image de Dieu qui en souffre. Ae |

