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Spécial Spécial Spécial: Qu'est-ce qu'ils rencontrent-là? |
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Qu'est-ce qui frappe le plus dans notre monde religieux ? On assiste à une prolifération sans précédent d'interprètes de la Bible. Les différents groupes religieux ne seraient pas en soi négatifs s'ils ne développaient en même temps une certaine tendance fondamentaliste dans l'interprétation, ainsi que des lectures naïves, voire fantaisistes et farfelues. Les participants au séminaire panafricain pour l'apostolat biblique tenu à Nairobi, avaient déjà, en mars 1997, reconnu dans leur déclaration finale: «Nous devons nous engager dans la formation biblique des chrétiens pour les aider à lire la Bible et à prier à partir d'elle, en évitant l'écueil du fondamentalisme». Lecture fondamentaliste de la Bible: qu'est-ce que cela signifie? C'est une lecture qui part du principe que la Bible étant Parole de Dieu inspirée et exempte d'erreurs, doit être lue et interprétée littéralement en tous ses détails. On exclut toute compréhension de la Bible qui tient compte de sa croissance historique et de son développement. On refuse d'admettre que la Parole de Dieu inspirée a été exprimée en langage humain et qu'elle a été rédigée, sous inspiration de l'Esprit Saint, mais par des auteurs humains, dont les capacités et les ressources étaient limitées. Pour cela le fondamentalisme tend à présenter les textes divins comme s'ils avaient été dictés mot à mot par l'Esprit Saint. Il n'arrive pas à reconnaître que la Parole de Dieu a été formulée dans un langage conditionné par telle ou telle époque. Mais pourquoi refuse-t-on ce point de vue si important? On ne veut pas tenir compte du dynamisme des textes de l'Ancien au Nouveau Testament. Par exemple, l'affirmation de la justice rétributive de Dieu qui récompense les bons et punit les méchants. Ça heurte l'expérience immédiate, qui souvent n'y correspond pas. Je me souviens, par exemple, que dans une pièce théâtrale de la troupe Salongo qui s'intitule «Mama Leki», une actrice fait allusion à un texte biblique selon lequel le Seigneur punit les fautes des pères sur leurs fils, leurs petits-fils et arrière-petits-fils jusqu'à la troisième et la quatrième génération (Ex 20,5; 34,7; Jr 32,18). Voilà une formule qui coïncide avec une certaine conception traditionnelle de la responsabilité collective et de la solidarité dans les châtiments des membres d'une même famille. Mais une bonne interprétation doit être attentive à la dimension historique de la révélation et comprendre qu'il y a, même à l'intérieur de la Bible, un approfondissement des textes qui mettent en évidence la responsabilité individuelle en contestant clairement la conception traditionnelle. Tels sont Jr 31,29-30 et Ez 18,2: «On ne dira plus: Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des fils ont été agacées, mais chacun mourra pour sa propre faute». D'ailleurs il y a des textes déjà dans l'Ancien Testament soulignant que «Yahvé est lent à la colère et riche en miséricorde». Cet approfondissement atteint son point culminant dans le Nouveau Testament. Lorsque, à la vue d'un aveugle de naissance ses disciples lui demandent: «Rabbi, qui a péché, pour qu-il soit né aveugle? Est-ce lui ou ses parents?», Jésus répond: «Ce n'et pas à cause d'un péché, de lui ou de ses parents…» (Jn 9,2-3). C'est une approche qui cache des dangers? Oui, car elle est attirante pour les personnes qui cherchent des réponses bibliques à leurs problèmes de vie. Le fondamentalisme invite à une sorte de suicide de la pensée. Il faut dénoncer son anti-intellectualisme, son émotionnalisme, le désintérêt pour tout engagement social et pour tout mouvement de réformes institutionnelles. Les mouvements révivalistes sont imprégnés de la doctrine fondamentaliste telle qu'elle a été définie vers la fin du 19è siècle aux USA. Certains arrivent même à utiliser les écritures pour justifier des situations d'injustice, légitimant la résignation et la démission. On enlève toute force prophétique et dénonciatrice à la Parole de Dieu. Elle peut conduire où, cette lecture de la Bible? Certains commentaires de la Parole de Dieu favorisent une mentalité de résignation et de fatalisme. Moi, je suis effrayé, par exemple, par le comportement irresponsable dans notre pays, de la part de ceux qui se disent responsables politiques. J'ai vu des gens qui partaient négocier à Pretoria ou ailleurs. Pour mieux traiter l'affaire, ils demandaient au peuple de prier. Mais qu'ils prennent d'abord leurs responsabilités! Ils sont revenus en souriant, ils ont bien mangé pendant tout ce temps tandis que les gens ici ont souffert. On est en train de promouvoir un évangile qui ne libère pas, qui ne peut pas porter de fruit. Pour que l'évangile puisse porter du fruit, il faut évidemment aller à l'essentiel de cet évangile, l'essentiel c'est promouvoir l'amour dans notre société, se battre pour la justice. C'est l'armure du chrétien dont parle Saint Paul. Une lecture correcte de l'Écriture devrait amener les fidèles à prendre pleinement en main leurs responsabilités. Il n'y a que cela? Bien plus, des interprétations tendancieuses afin de justifier des situations de fait ou de servir des intérêts personnels se développent. Prend force une ligne qui donne à la Bible le pouvoir absolu et exclusif de résoudre tous les problèmes. Cette manière d'interpréter correspond à la mentalité religieuse de chez nous. Elle renvoie toute solution de nos problèmes à Dieu et à Dieu seul. On veut trouver dans la Bible des solutions toutes faites. Nous assistons à une sorte de pêche à la ligne au cours de laquelle chacun tire de son côté dans l'espoir de trouver une réponse qui donne sens à ses malheurs. Il n'y aurait pas un remède? Je me souviens d'un texte du cardinal J. Malula en 1983, lors de l'apparition de la Bible en lingala. Il insistait sur l'importance d'une formation pour une correcte interprétation de la Bible. On ne s'improvise pas prédicateur, comme il arrive aujourd'hui. A la télé j'ai vu récemment un pasteur exalté dire, comme pour minimiser l'importance de la formation, que Dieu dans la Bible a donné l'art de gérer à Joseph sans que celui-ci ait fait des études d'économie; la capacité de diriger à Daniel ou l'art de la guerre au berger David sans qu'ils aient une compétence spécifique particulière. On ne peut pas présenter les choses comme ça! Mais l'idée de succès attire tout le monde. Oui! Depuis quelque temps on constate chez certains prêtres catholiques, pour attirer les fidèles ou assurer le succès, ont la tendance à imiter ce qu'on fait dans les nouvelles Églises. C'est une erreur grave. La religion est un problème de foi, ce n'est pas un problème de succès. Est-ce que le succès est la mesure de la vérité? Si c'était un problème de succès, alors Jésus a échoué complètement. Ce n'est pas parce que les gens viennent chez moi pour que je prie pour eux et parce qu'ils font le plein, que je peux conclure que ce que je dis est vrai. Je crois que certains prêtres prêchent mal parce qu'ils ne sont pas bien formés ou ils ne veulent pas se former bien. Est-ce qu'on veut imiter ce qu'on fait dans d'autres groupes religieux? Il ne faut pas avoir peur de choquer ou de bousculer. Si la Parole de Dieu ne nous bouscule plus, ne nous choque plus, cela indique qu'elle perd sa force d'interpellation. Il faut, par exemple, que nos prêtres puissent soigner leurs homélies. Souvent, le célébrant parle de tout et de rien, rigole, fait des salutations mille fois et les gens crient. Ils n'ont même pas le temps d'intérioriser. Regardez certaines prédications à la télévision. On crie, il y a une telle atmosphère qu'on doit se demander: mais est-ce qu'il y a un temps d'intériorisation, un temps de méditation? C'est pourquoi ça ne porte pas de fruits, on prie énormément dans ce pays, on écoute toutes les prédications possibles mais on continue à faire le mal. Les injustices continuent mais qui commet ces injustices? La corruption continue, mais qui est l'auteur de tout cela? C'est toujours nous: la Parole entendue n'arrive pas à changer nos comportements individuels et collectifs. Tout se fait dans le bruit, on multiplie les slogans «alléluia-amen» ou les «bandeko-boboto». Si dans une homélie au lieu d'expliquer la Parole de Dieu, vous saluez mille et une fois, quand est-ce que vous allez expliquer la Parole de Dieu? Ae |
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Entretien avec l'abbé André Kabasele Mukenge, professeur et doyen de la faculté de Théologie de Kinshasa, Par beaucoup de monde le problème du «salut» est perçu tout simplement comme du succès ou de la prospérité. Le foisonnement de groupes religieux et les réponses offertes aux inquiétudes de notre société ne manquent pas d'interpeller. |



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D'une recherche limitée au territoire de trois paroisses catholiques de Kinshasa: * N. Dame d'Afrique Commune de Lemba: 20.000 habitants. 73 Églises. * Saint Jean-Baptiste Communes de Bumbu et Selembao: 80.000 habitants. 266 Églises. * Saint Mbaga Commune de Kimbanseke: 146.000 habitants. 120 Églises. 28 d'entre elles affichent un horaire hebdomadaire de délivrance, guérisons ou miracles. 126 les pharmacies, dont le propriétaire est parfois le pasteur ou le prophète de l'Église à côté. |
