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Le lecteur qui parcourt les pages de ce numéro d'Afriquespoir, plus étoffé que d'habitude, y trouvera principalement deux sujets: la mission et le monde. La première est présentée à travers un bref récit de la vie d'individus que l'Eglise nous invite à vénérer et à considérer comme source d'inspiration: Comboni, Janssen, Freinademetz. Trois missionnaires, fils d'une époque qui n'est plus la nôtre, mais vivants dans les familles missionnaires qui suivent leur exemple. Il est toujours utile de garder la "mémoire" du passé pour remercier Dieu, mais aussi pour faire de nouveau l'expérience de l'enthousiasme et de la détermination avec lesquels nos ancêtres dans l'idéal missionnaire, ont opéré. Nous sommes les héritiers d'une histoire de grâce et d'un travail apostolique ininterrompu pendant un siècle et demi. C'est une histoire de personnes et de communautés concrètes, qui va des fondateurs à nos jours. Sans doute il y a eu et il y aura encore des ombres à côté des lumières, mais on peut toujours entrevoir et sentir la présence et la voix du Christ ressuscité: "Je suis avec vous" (Mt 28, 20).
Dans son message pour la Journée Mondiale de la Mission (19 octobre), le Pape affirme qu'"à aucune autre époque, l'Eglise n'a eu autant de possibilités d'annoncer Jésus comme aujourd'hui, grâce au développement des moyens de communication". Et il nous invite à regarder à la Vierge Marie. "Elle nous sert même de maîtresse et de guide. Sous l'action de l'Esprit Saint, elle nous aide à acquérir cette "audace tranquille" qui permet de transmettre aux autres l'espérance qui anime les croyants". En parlant de sa détention dans les prisons vietnamiennes - treize ans sans aucune liberté de mouvement et d'action, sans avoir été jugé ni condamné - et des souffrances endurées par la communauté chrétienne, le cardinal François-Xavier Nguyên-Van-Thuân (1928-2002) affirmait: "Cette histoire, semblable à celle de tant d'autres pays, a été le fondement de l'épanouissement actuel. Je note parfois une tentation assez répandue à généraliser les interprétations du passé sur une note d'amertume et de découragement. Cette attitude ne contribue pas à vivre le présent avec une espérance pleine de joie, qui est toujours à la fois confiance et tension. C'est en aimant nos racines missionnaires que nous découvrirons le mieux les nouvelles possibilités du présent et de l'avenir. Nous sommes confrontés à des situations nouvelles, qui exigent des attitudes nouvelles, de plus en plus évangéliques. L'humanité devient un monde 'global', où les rencontres sont de plus en plus multireligieuses et multiculturelles. Les victimes décédées dans les tours jumelles à New York le 11 septembre 2001 appartenaient à 80 nationalités différentes. C'est là un fait inédit dans l'histoire. Dans certaines mégalopoles, comme Los Angeles, on parle plus de 100 idiomes. Dans nos villes, de plus en plus souvent, le visage des personnes révèle un croisement planétaire de cultures et d'ethnies. Nous-nous trouvons à une nouvelle époque de l'histoire humaine. Les problèmes deviennent communs à toutes les parties du monde, grâce aussi aux mass-médias et aux migrations. Il y a de nouvelles possibilités d'évangélisation, comme jamais dans l'histoire".
Le dossier central offre un aperçu de tous les pays de la planète. La connaissance de notre monde peut se traduire, pour le croyant, dans les questions suivantes: comment vaincre les situations d'injustice et de pauvreté? Comment arrêter les conflits qui déstabilisent nos sociétés? Comment mieux utiliser les moyens de communication? Comment défendre la vie à chacune de ses étapes? Comment annoncer l'évangile à notre génération? Pour de nombreux pays de notre région et d'autres continents, le processus du développement s'est inversé. L'insécurité, la pauvreté, l'illettrisme indiquent que près d'une personne sur deux se classe parmi les plus pauvres des pauvres. Pour nous, toutes ces situations sont des aréopages à évangéliser. Le 19 octobre Mère Teresa de Calcutta sera proclamée 'bienheureuse'. Une femme malade, qu'elle lavait et soignait, lui demanda, un jour: Pourquoi fais-tu cela? Parce que je t'aime et parce que Dieu t'aime. La femme murmura dans un souffle: Dis-le-moi encore, car c'est la première fois dans ma vie que j'entends ces mots. L'exemple des évangélisateurs qui connurent des difficultés parfois plus grandes que celles d'aujourd'hui, nous encourage à aller de l'avant. C'est-à-dire, à aller vers le monde.
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