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L'umhlanga (=roseau) fait partie des coutumes du Swaziland. Dans le passé, on faisait cette danse pour honorer la reine mère. Les jeunes filles coupaient des roseaux et les lui donnaient pour rebâtir la résidence royale. Mais dernièrement, elle est une occasion pour le roi de se choisir une nouvelle femme parmi les jeunes filles qui, pour la plupart, vont encore à l'école. L'an dernier, des soldats de la garde royale ont été accusés d'avoir enlevé une écolière dans la cour de l'école pour qu'elle devienne la dixième femme du roi. Il l'avait remarquée lors d'une danse des roseaux. La mère de la fille avait alors intenté un procès contre la famille royale, l'accusant de briser les rêves de sa fille qui voulait continuer ses études en Afrique du Sud. Mais elle est vite revenue sur ses intentions, s'étant rendu compte que cela ne la mènerait à rien. Traditionnellement, aucune fille ne peut refuser les propositions de mariage du roi. A sa mort Sobhuza II, père de Mswati III, avait laissé plus de 60 veuves! Selon les médias, la douzième femme que le roi vient d'épouser était une candidate au concours de Miss Swaziland. Lors du concours, la candidate avait déclaré aux médias qu'elle était contre la polygamie, signifiant donc par là qu'elle ne voulait pas épouser le roi. Pourtant, quelques jours plus tard, elle est devenue une de ses femmes. La "Voix de l'Amérique" a récemment annoncé que, selon des critiques de cette tradition, un nombre toujours plus grand de jeunes filles, surtout des citadines, fuient aujourd'hui la danse des roseaux.
Mais il y en a encore, surtout de familles pauvres, qui aspirent à y prendre part, espérant éperdument que le roi les remarquera. La danse des roseaux ne plait pas à ceux qui luttent contre le sida: Le Swaziland est parmi les pays les plus touchés par cette pandémie. Le roi assure qu'il se soumet tous les six mois, avec ses épouses, au test HIV/sida. Il dépense des sommes énormes pour ses femmes. Elles vivent pour la plupart dans des maisons de luxe, avec chauffeur et autos somptueuses à leur disposition, alors que la majorité de ses sujets vit dans la pauvreté. Les femmes swazi sont des citoyennes de seconde zone. Elles ne peuvent ni posséder des biens, ni signer des contrats, ni faire des emprunts à la banque. La loi électorale ne permet pas aux veuves, dont le mari est mort depuis moins de deux ans, de se présenter aux élections. Les veuves ne sont pas autorisées à visiter la famille royale, pour éviter qu'elles n'y apportent de mauvaises nouvelles.
Au cours des derniers mois un projet de nouvelle constitution a été présenté aux citoyens et approuvé par le roi.. D'après certaines clauses du nouveau texte, les jeunes filles seront libres de choisir leur mari, les femmes auront accès au droit de possession. Elles pourront même faire des emprunts à la banque et gérer les affaires, et non plus seulement des salons de coiffure, comme c'est le cas jusqu'à maintenant. D'après les militants des droits de l'homme, le nouveau texte n'a pas fait disparaître certaines de ces traditions embarrassantes, qui font des femmes des citoyennes de seconde classe. Tout laisse prévoir une longue bataille. Le rédacteur de la nouvelle Constitution, le prince David Dlamini, frère du roi Mswati, a affirmé que dans cette loi fondamentale il n'y a pas de discriminations contre les femmes. Mais, a-t-il ajouté, aucun de ses articles ne pourra entrer en conflit avec les coutumes et la tradition swazi.
Alors que les traditionalistes masculins sont décidé à lutter contre toute clause pouvant menacer la position traditionnelle de l'homme comme chef de famille, il y a des signes qui montrent que les femmes commencent à bouger. Elles ne se laisseront pas faire et elles sont prêtes à se battre pour leurs droits.
Frank Jomo, BIA et Thembile Phute, NPfs
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