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Le principe de stratégie guerrière «Diviser pour régner» est vieux comme le premier péché de l'homme fomenté par le plus grand commun diviseur qui d'un jet bien ajusté de venin a réussi le coup inégalable de semer la zizanie à la fois entre les hommes et Dieu et dans le couple des premiers humains. Non-amour, l'esprit de division est le refus de toute présence de Dieu dans la communion des cœurs, de toute alliance pour le bien qui doit être fait, la paix qui doit se construire et être protégée, la justice sociale et, dans une démocratie bien structurée, le respect dû à la dignité de l'homme-image de Dieu. Esprit de mort, l'esprit de division exerce sa puissance sur tout homme et toute communauté spirituellement rongés par la jalousie ou l'ambition hégémonique du «Moi d'abord!» Il fausse le cœur de l'homme et attise en lui la violence: l'homme ainsi divisé en lui-même sèmera la mort autour de lui comme avec délectation.
On l'a vu à l'œuvre dans le monarque absolu qui, se prenant pour le soleil du monde, n'hésitait pas à proclamer: «L'Etat c'est moi!», les autres, hommes, peuples et nations, ne devant exister que pour sa gloire, que par son agrément. Et dans cet autre, de race pure, qui au nom de Dieu - «Gott mit uns», Dieu est de notre camp! - jettera la pagaille de son projet de règne millénaire, en écrasant de ses chars d'apocalypse et en annihilant avec son gaz létal des nations dont il aura décidé de devenir le seul maître... Ces pharaons et autres Césars suscitent des émules sous toutes les latitudes, particulièrement aujourd'hui chez nous en cette Afrique que balaie en tous sens le virus impétueux de la division multiforme. Notre pays, en particulier, a vu au cours de ces dernières années, une «nébuleuse» de groupes armés. On est seconds seulement à la Somalie, où personne n'arrive à compter les chefs de faction. Ainsi à l'aube encore très sombre des solutions de la crise dans nos pays, où nous distinguons encore difficilement les contours des identités des chefs de parade, nous pouvons sans nous tromper dire que l'esprit de division gère bien d'esprits. Leur rêve, c'est diviser pour régner; «diviser» ici c'est se faire place nette: «Ôte-toi de là que je m'y mette!» Dissimulateurs et retors, ils crient 'consensus', mais ils mijotent 'conflictus', et toutes leurs prises de parole s'en ressentent: ce sont des esprits de mensonge, des langues bifides de serpents prêts à éliminer les autres partis «ennemis». Et sur ce terreau le génocide aux cent visages refleurit: leur peuple, les peuples ne les intéressent pas. Jusqu'au cœur des sanctuaires sensés être des sources de lumière et constituer des havres de paix pour les âmes qui s'y réfugient: les «Églises», ou la religion, si l'on préfère, nous débusquons cet esprit sournois de division. Depuis les sectes millénaristes et gnostiques du balbutiement du christianisme, en passant par les grands schismes historiques pour aboutir à nos jours à l'éparpillement incoercible de la mouvance pentecôtiste. Des hommes et des femmes d'Église en effervescence, avec ténacité, rivalisent comme les politiciens pour créer et multiplier des «communautés» exclusives les unes des autres et des sectes-boutiques qui nient le principe unificateur de l'œcuménisme qui leur enlèverait leur gagne-pain! Conflictuelles à souhait, ces multiples «congrégations» charismatiques relisent la Bible en contradiction avec les autres qui croient en la Présence réelle de Jésus Christ dans l'Eucharistie, et en l'action maternelle permanente de la Mère de Jésus, coopératrice efficace de son Divin Fils… Une seule Bible, mille interprétations différentes et divergentes! Justification: c'est «l'Esprit-Saint» qui les inspire et qui leur dit de ne pas se mêler avec ceux qui prient «l'Esprit de Jésus» que leur «l'Esprit-Saint» reconnaît comme un esprit de…division! L'attaque désespérée est audacieusement portée désormais jusqu'au cœur-même de la Sainte Trinité!
Dans nos familles religieuses et nos paroisses l'on introduira même des critères de race et de tribu, langue et région pour attribuer des postes de prestige ou qui rapportent. Expert en confusion et illusionniste consommé, l'esprit de division déchaîne ses hordes de chiens de guerre. Mais avec quelle crédulité l'«on se rue à leur suite» (Ps.16,4)! S'instaure la loi de la jungle spirituelle: «L'Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé…» (Ac. 15,28). Cette parole fondatrice a subi un retournement de sens, elle sert à justifier tout genre de division. Au nom de Dieu on a dispersé les repères: pas de références, pas de lois, pas de contraintes, pas de limites! Mais à la Moisson de la fin des temps, l'Alpha et Omega dira: "Venez, les bénis de mon Père", vous qui avez refusé et combattu la division, vous qui avez fait de la paix 'un projet de vie… pour construire la paix dans les cœurs des hommes' (cfr Mt. 25,34; Jean-Paul II, JMM 2003).
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