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P. Monsengo

Les chiffres sont toujours là. Un décès toutes les onze secondes. Une nouvelle contamination toutes les six secondes. L'Afrique détient le record mondial: 70% de personnes infectées par le virus HIV, soit 24,9 millions de personnes, sur 42 millions de personnes infectées au niveau mondial. 60% des contaminés africains sont des femmes. Botswana, Malawi, Zimbabwe, Zambie, Kenya et Afrique du Sud sont les pays les plus touchés. Le continent pleure 20 millions de morts du sida ces 20 dernières années.
Cette pandémie a fait plus de 3,6 millions d'orphelins en Afrique de l'Ouest et du Centre. Les pays les plus touchés sont le Nigeria (995.000 orphelins), la République démocratique du Congo (927.000), la Côte d'Ivoire (420.000) et le Bénin (268.000).
Des données confirmées par la 13ème Conférence internationale sur le sida (Nairobi, septembre 2003). Grâce à des accords internationaux, les pays africains devraient bientôt pouvoir acheter les médicaments à des prix accessibles et en avoir une partie gratuitement. L'organisation Mondiale de la Santé (OMS) a l'intention de distribuer des médicaments qui ralentissent l'évolution de la maladie à au moins 3 millions de personnes d'ici 2005.
Naturellement ce résultat pourra être obtenu si les gouvernements des pays les plus touchés s'engagent sérieusement en promouvant des programmes d'éducation des populations.
Dans la capitale kenyane des dizaines d'associations ont proposé toute une liste de solutions possibles et de mesures à adopter pour arrêter ce fléau: éducation, prévention, préservatifs, rapports protégés, safe sex. Avec des chiffres effroyables à l'appui
: dans le monde, la moitié de tous les nouveaux cas d'infection par le HIV frappent des jeunes de moins de 25 ans. Un jeune est infecté toutes les 14 secondes. Parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans qui sont atteints du sida, 62% sont de sexe féminin.
Les jeunes de 15 à 25 ans représentent déjà aujourd'hui un tiers des séropositifs de la planète, soit dix millions de personnes. Dans plusieurs pays du monde les enfants sont entraînés de force dans le commerce du sexe (on estime leur nombre à un million chaque année). Ce sont eux qui risquent le plus de contracter et de propager le VIH/SIDA.

Il est impératif de prendre des initiatives visant à s'attaquer directement à des comportements sexuels souvent plus ou moins tolérés".
Deux grandes organisations ont lancé des messages contre-courant, adressés surtout aux jeunes. En posant les affiches suivantes:
"Sex can wait, but my future cannot. Abstinence is the best way to prevent HIV/AIDS, STIs and unwanted pregnancy". Le sexe peut attendre, mon avenir non. L'abstinence est la meilleure prévention contre le sida, les grossesses non désirées et les infections sexuellement transmises.
"Virgin power, virgin pride". Virginité: pouvoir et fierté.
Au cours de leur assemblée triennale à Dakar (1er-12 octobre 2003), 150 évêques catholiques d'Afrique et de Madagascar ont affirmé leur volonté de s'impliquer davantage dans la lutte contre le sida, de combattre l'exclusion dont sont victimes les malades du sida et de contribuer à la recherche des moyens financiers destinés à assurer leurs soins.
Puisque dans le domaine de la prévention de cette pandémie les opinions sont multiples et parfois très divergentes, les évêques ont réfuté l'utilisation des préservatifs comme unique solution et ont appelé à l'abstinence.
"Le recours au préservatif comme moyen de prévention contre le sida ne peut qu'encourager le vagabondage sexuel", a expliqué Mgr Dominique Bulamatari, évêque auxiliaire de Kinshasa. "Le préservatif est au plus un pis-aller, un moindre mal, ce n'est pas du tout la solution", a ajouté l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat, précisant que "le discours de l'Église n'est pas sur le préservatif, mais sur l'urgence de lutter contre le sida. Lutter contre le sida non pas avec du caoutchouc, mais avec des ressources humaines, c'est-à-dire en faisant jouer les ressorts les plus nobles de l'homme et de la femme, notamment à travers une éducation sexuelle et affective réelle et valable". 

Lorenz Okony