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La politique n'aurait pas bonne mine vu les tares et rides qu'on lui colle au visage. Très souvent les gens, déçus par la mauvaise prestation de nos messieurs et dames politiciens - dirigeants élus ou imposés - n'hésitent pas à identifier la politique au mensonge, à la ruse, à la corruption, à la maffia, aux sales «affaires», aux intrigues et coups-bas, aux promesses fallacieuses, à la démagogie. L'Eglise elle-même sent parfois le devoir sacro-saint de stigmatiser les dérives de la politique dans nos pays et ailleurs. Dans un message récent au Congo Démocratique au titre évocateur de «Trop c'est trop», les évêques écrivent: «Les hommes politiques de notre pays ne font pas preuve de patriotisme.
Préoccupés par des intérêts égoïstes, ils font de la politique un gagne-pain qui n'a rien à voir avec la recherche du bien-être de la population et le souci de la démocratie…Incapables de se dépasser et de faire triompher les intérêts supérieurs de la nation, nos politiciens se complaisent dans des blocages politiques qui perpétuent la crise en RDC. Le sort du peuple ne les préoccupe guère. Ils ne font aucunement preuve d'une quête sincère de la démocratie». Scandalisés par une grave crise politique au Togo, les prélats catholiques de ce pays ont crié: «… Que d'exemples de contre vérités froidement et sciemment proférées, en dépit de tout bon sens et de toute évidence, acrobatiques et de démonstrations incroyables». En Afrique Centrale où coule l'or noir (le pétrole) et dont les vrais seuls profiteurs sont les politiciens des pays de cette région et les multinationales, l'Association des Conférences épiscopales de l'Afrique Centrale déplorait en 2002 que la manne pétrolière est utilisée pour le financement de l'activité politique des seuls partis des tenants au pouvoir, le détournement des consciences pendant les élections et l'achat des armes pour garantir leur sécurité et dénonçaient: «La quête du pouvoir politique dans nos pays est moins motivée par une idéologie et un programme social à réaliser que par la volonté de devenir gestionnaire tout puissant de l'ensemble des ressources du pays…sinon, comment ce peuple devrait-il continuer à croupir dans la misère là où coule le pétrole ? » Et pourtant l'Eglise a toujours enseigné que la politique est une tâche - certes difficile - mais noble à laquelle les laïcs - surtout - ne peuvent, ne doivent en aucun cas renoncer. Elle enseigne aussi que ses fils et filles qui s'y donnent méritent notre encouragement. D'ailleurs l'Église vénère, parmi ses saints, bien des hommes et des femmes qui ont servi Dieu par leur engagement généreux dans les activités politiques et de gouvernement. Au Ciel, les politiciens ont un Saint spécial pour eux.
Il s'agit de Thomas More dont voici le brillant portrait présenté par Pape Jean Paul II en novembre 2000 à la messe de clôture du Jubilé des hommes politiques: «Saint Thomas More, comme homme d'État, s'est toujours mis au service de la personne, spécialement quand elle était faible et pauvre; les honneurs et les richesses n'eurent aucune prise sur lui, guidé qu'il était par un sens aigu de l'équité. Par-dessus tout, il ne s'abaissa jamais à des compromis avec sa conscience, allant jusqu'au sacrifice suprême plutôt que de ne pas en écouter la voix». Le ministère (service) politique des chrétiens a pour mission principale le combat pour les droits de l'homme et les droits civiques, la justice et l'Etat de droit, la promotion du bien commun, la promotion de la démocratie, la réalisation de notre vivre collectif dans la paix, la solidarité et la sécurité.
P. Kouévi Adjétey Louis
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