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Le 14 juin 1989, le cardinal de Kinshasa, Joseph Malula s'éteignait à Herent, en Belgique. Le temps court et nous éloigne du témoignage que ce père de l'Eglise africaine a légué à nos communautés chrétiennes. On pourrait se demander: "S'il était là aujourd'hui, qu'est-ce qu'il dirait aux chrétiens?" Voici un texte du jeune abbé Malula (1951) sur la fierté chrétienne, destiné aux jeunes tentés de cacher leur foi ou d'oublier que le monde de la famille, de la politique, des affaires, des loisirs attend leur apport.1 "Un jeune homme commence à devenir chrétiennement fier au moment où il commence à se rendre compte de toute sa grandeur surnaturelle. Faisons d'abord bien la distinction entre être fier et être orgueilleux. L'orgueil est un défaut, tandis que la fierté est une qualité. Par l'orgueil, l'homme se ment à lui-même parce qu'il nourrit des sentiments qui ne correspondent pas à la réalité de ce qu'il est et de ce qu'il peut. C'est l'appréciation excessive de sa valeur. La fierté au contraire est un sentiment élevé, noble, qu'un homme ressent quand il a conscience de sa vraie valeur, de sa vraie grandeur. Pour être chrétiennement fiers, nous devons être convaincus de notre grandeur surnaturelle. Ce sont les pensées de la foi qui nous donnent le sentiment de notre vraie grandeur. De nous-mêmes, nous ne sommes rien et ne valons rien. Tout nous vient de Dieu. C'est Dieu qui a réalisé en nous de grandes choses. C'est ce qui faisait dire à la Sainte Vierge: «Le Tout-puissant a réalisé en moi de grandes choses».
Il s'agit donc d'être conscient des dons surnaturels que le bon Dieu nous a octroyés; dons qui nous ennoblissent et nous mettent en état d'accomplir des actions qui ont une heureuse répercussion dans l'éternité. Conscience de ce que nous sommes par la grâce, conscience de ce que nous pouvons faire par la grâce, voilà le double fondement de la fierté chrétienne. C'est la source de la vraie grandeur, de notre dignité, de notre noblesse; on est quelqu'un et on peut faire de grandes choses par la grâce de Dieu. N'est-ce pas une chose dont on peut être fier? Ce sentiment de fierté que la foi fait naître en nous est bon et utile: Dieu lui-même l'a déposé en nous pour soutenir notre personnalité. Ce sentiment donne une dose raisonnable de confiance en soi-même. Cette confiance fera naître une juste audace pour entreprendre des travaux difficiles et les mener à bonne fin. Cette fierté excitera l'homme à se respecter et à se garder de tout avilissement, par exemple elle lui fera éviter des propos vulgaires.
Sur la terre, je sers celui que les Anges servent au ciel. Pour les hommes, c'est un honneur d'être boy du gouverneur; et moi, je sers celui que les anges adorent. En union avec lui je peux tout. Je travaille pour l'éternité. A la fin de ma vie, ma récompense ne sera pas de l'or corruptible, mais le juge ceindra ma tête d'une couronne de gloire immortelle. Il me connaît, moi son serviteur, car il a marqué son sceau dans mon âme, le sceau de l'adorable Trinité. Je suis chrétien, voilà ma gloire. Il y a des jeunes gens qui ont honte de se montrer catholiques. Ils craignent, en affichant leur foi, de s'exposer aux railleries des «beaux esprits» de notre ville. Beaucoup courent ainsi le danger de verser dans l'apostasie pratique: ne pas tenir compte de Dieu dans leur vie quotidienne à cause du respect humain (qui est, au fond, de l'orgueil). Forts de notre foi, nous voulons secouer ce manteau grossier de l'opinion publique et agir selon nos convictions chrétiennes. Il s'agit de rayonner notre fierté chrétienne. Être fier de professer ouvertement notre foi, partout et toujours: dans les rues, au bureau, chez nous. Nous voulons nous efforcer de rester enfants de Dieu, enfants de l'Eglise, futurs citoyens du ciel. Jamais céder devant les railleries des autres; jamais abandonner Jésus parce qu'un fat se moquerait de nous. Voilà l'idéal d'un jeune homme fier, au sens chrétien du mot".
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