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Dans son message pour annoncer cette journée, le Pape Jean-Paul II précise ce qui suit: «Le thème de cette année sert également à rappeler à tous, aux agents de moyens de communication ainsi qu'aux personnes à qui ils s'adressent que toute communication possède une dimension morale». C'est donc l'occasion de rappeler aux professionnels des médias le principe du respect de la vérité et de la dignité de la personne humaine dans la façon de traiter la famille et aux utilisateurs la sagesse et le discernement. Certes, les moyens de communication sociale possèdent un immense potentiel pour la promotion des valeurs humaines et familiales, contribuant ainsi à la construction de la société. Cependant, les mêmes moyens de communication sociale ont la capacité de se substituer à l'éducation familiale et de faire passer une vision inadaptée ou fausse de la vie, de la religion, etc. C'est ainsi que des fléaux comme le divorce, l'avortement, l'homosexualité, la contraception qui minent le mariage et la famille, sont défendus dans les médias avec complaisance. Aussi, selon une étude réalisée par l'association italienne de défense des droits de l'enfant, à savoir «Rainbow Phone», le nombre des sites web de pédophilie a augmenté de 70% en 2003 par rapport à 2002. Et selon cette étude, ils seraient 17.016 sites, dont plus de la moitié sont basés aux Etats-Unis.Ces chiffres confirment l'augmentation très sensible de la pédophilie et le manque préoccupant des mesures réglementaires. Et pourtant le développement explosif qu'a connu Internet au cours des dernières décennies fait que de nombreuses familles accèdent, à partir de chez elles, aux ressources variées et immenses qu'offrent les moyens de communication. Elles jouissent, par conséquent, d'opportunités presque illimitées d'information, d'éducation et d'enrichissement culturel et de croissance.
Le fossé
L'un des objectifs du Sommet mondial sur la société de l'information qui s'est tenu à Genève en Suisse au mois de décembre 2003, était de combler le fossé qui s'agrandit entre les pays riches et les pays pauvres dans l'accès aux outils de communication comme Internet. Le nombre d'appareils de télévision par 1.000 habitants va de moins d'un poste en Erythrée à 64 en Côte d'Ivoire, 469 en République tchèque et 805 aux Etats-Unis. Pour 1.000 habitants, on dénombre un ordinateur personnel au Burkina Faso, 27 ordinateurs en Afrique du Sud, 28 au Chili, 172 à Singapour et 348 en Suisse. 95% de tous les ordinateurs se concentrent dans les pays développés. Les mêmes statistiques renseignent sur le fait que 91% des utilisateurs d'Internet dans le monde vivent dans les pays du Nord qui ne regroupent que 19% de la population mondiale. L'Afrique, qui rassemble 13% de la population mondiale, ne compte que 1% d'utilisateurs de l'Internet. De la même façon que s'accroissent les disparités entre les riches et les pauvres du monde, la disparité entre les "info-riches" et les "info-pauvres" s'accentue. 95% du réseau mondial des télécommunications sert seulement 15% des nations du monde. La majorité de ce que l'on appelle le Tiers-monde est en retard dans le domaine de la haute technologie. La fracture numérique Nord-Sud a peu de chance de disparaître avant 2.015. De nouvelles inégalités sociales se creusent à cause de l'inégalité d'accès aux nouvelles technologies de la communication. Les pays qui ensemble représentent les trois quarts de la population mondiale, ne produisent que 30% des journaux du monde. Près de 65 % de la population mondiale souffre d'un manque de livres; un lecteur du New York Times consomme en moyenne plus de papier chaque dimanche qu'un Africain en un an. Seulement dix-sept pays au monde ont un produit national brut plus important que les dépenses totales de publicité aux Etats-Unis. Quatre agences de presse contrôlent 96% de tout le flux d'informations dans le monde... Par cette situation, les pays pauvres risquent de rester pendant longtemps en dehors des progrès formidables qu'apportent les nouvelles technologies de l'information en matière de partage, de connaissances, de croissance et de développement. Les conséquences de l'évolution actuelle des médias peuvent être positives ou néfastes. Comment ignorer, notamment, le non-emploi pour les journalistes qui n'ont pas accès à ces moyens? Comment se protéger de la publicité qui, au nom du profit, détruit les valeurs culturelles et humaines et crée de nouvelles formes d'exclusion?
Le défi
Les médias modernes sont censés favoriser la liberté des individus, comme disent les entreprises commerciales. Mais les difficultés pour les journalistes africains d'acquérir les outils nécessaires (appareils et connections) s'accompagnent souvent d'entraves d'ordre juridique ou bureaucratique. Selon l'organisme «Reporters sans frontières», l'année 2003 a été une année noire pour la presse et la liberté de presse. En effet, cet organisme a recensé pour l'année 2003, 42 journalistes tués dans le monde; 766 interpellés 1.460 agressés ou menacés et au moins 511 médias censurés. L'augmentation constante des atteintes à la liberté de la presse depuis 2001 est la preuve que les journalistes travaillent sous d'énormes pressions tant sociales, politiques, qu'économiques et culturelles ou religieuses. Le prochain Sommet mondial sur la société de l'information aura lieu en Tunisie, en 2005. Amnesty International s'est dit "particulièrement préoccupée" car dans ce pays, "la liberté de la presse est en effet systématiquement bafouée".
L. Kalantanda
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