Abbé KIBWILA Alphonse Marie de la Croix

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C'était réservé
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armi les fléaux qui minent la vie des familles dans nos pays en Afrique, c'est incontestablement cette nouvelle religiosité qui, ces vingt dernières années, se répand comme un puissant poison sans antidote, rendant impossible l'épanouissement harmonieux et serein  des familles.
Paradoxe inacceptable: la religion est le lieu de l'harmonisation, du centrage de la personne et de son élévation vers un «plus-être» toujours désiré et recherché, car la religion permet et offre la possibilité de la concentration sur l'essentiel, à savoir la vie de contact constructif avec la Présence de Dieu aimé et adoré «en esprit et en vérité» (Jn 4,23-24), auquel nous avons à «rendre sans crainte notre culte dans la piété et la justice sous son regard, tout au long de nos jours» (Lc 1,74-75).
Aujourd'hui, et là est le paradoxe, surgissant à l'horizon d'une société en crise d'identité et en faillite économico-financière et sociale, un dieu est puissamment prêché qui inspire à ses nouveaux prophètes
les Dix Commandements nouveaux à l'opposé des 'commandements vieillis' de la Bible dépassée mais toujours enseignés par Babylone la grande prostituée :

    «Père et mère profiteurs maudits de tes richesses tu n'honoreras plus !
    Frères et sœurs, portes du diable, tu haïras de tout ton cœur !
    Tes sorciers de fils et filles tu t'en délivreras et rejetteras dans la rue!
    Épouse, de ta nombreuse progéniture  la mère jadis chérie,
    Tu répudieras ''au nom de Jésus  par la puissance de l'Esprit''!
    Femme, le père par erreur diabolique de tes beaux enfants,
    Tu quitteras et en prendras un nouveau selon le message de Dieu,
    De préférence le pasteur visionnaire lui-même,
            prophétiquement épris de ta beauté et de tes biens!
    Et de prospérité, moi, ''le Seigneur des victoires'', je te comblerai!»


eligion obscurantiste dont le message proposé avec aplomb comme d'inspiration divine est un tissu de mensonges et de contre-vérités, vociférés «au Nom de Jésus». Ce Jésus-là n'est certainement plus le Dieu de l'Amour -Miséricorde parce que ses envoyés autorisent que les pères et les mères soient évacués de la vie des enfants, afin que ceux-ci s'épanouissent loin des parents «porte-malheur».
Ce Jésus-là est un monstre infernal qui soutient que les parents chassent sans état d'âme les fils et les filles de leurs entrailles, dévoilés - «grâce à l'Esprit saint» - comme sorciers et sources des «blocages» en famille… Leur nouvelle demeure, c'est la géhenne que sont les grands collecteurs, les pierres tombales des cimetières, les étalages des marchés, les lieux arides des décharges publiques…

e succès de cette nouvelle «religion» est tel que les «familles-Babel» ne cessent de se multiplier dans nos villes. On voit chacun de leurs membres parcourir à l'aveuglette les voies fumeuses des multiples «églises de révélation», à la recherche de «son» dieu, de ses dieux, en fait, car ils sont légion et ils se battent entre eux.
Des pasteurs et  des prophètes autoinvestis et autoproclamés qui transportent cette division dans les familles qui ont commis par l'un ou l'autre de leurs membres l'imprudence de se confier à eux. Ces idoles sans gène et leurs valets assermentés dans des pactes nocturnes, agissent dans les ténèbres des cœurs étourdis par la recherche du monde.
C'est l'esprit de Babel, qui est définitivement incapable du bien et de la vérité et de la réconciliation, car l'unité et la communion sont des qualités du seul vrai Dieu révélé en Jésus Christ. Pour preuve: Jésus l'Amour-Pardon de Dieu a vécu avec Judas Iscariote trois longues années de patience, d'amour et de compassion. Les Douze avec Jésus formaient une famille solide.
Les sectes génocidaires des familles sont un défi pour notre foi: «On ne peut assister, impuissants, à la ruine, à la désintégration de la famille». (
Jean-Paul II, 30 janvier 2004).