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Point de vue

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Cardinal J. A. Malula

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Islam en Centrafrique

Les parlements
debout


C'était réservé
aux hommes

Du 7 au 11 juillet prochain, se tiendra à New York la 2è Conférence sur le Commerce illicite des armes. L'ONU estime que dans le courant des années 90, les armes conventionnelles ont servi à tuer plus de 5 millions d'êtres humains (dont deux millions d'enfants) et à obliger 50 millions de personnes à s'enfuir de leur maison..

Les transferts irresponsables d'armes alimentent les conflits, rendent inutile la remise de la dette, minent le développement soutenable et contribuent à la perpétration d'innombrables abus contre les droits de l'homme,.
Le mois de novembre 2003 les représentants des Nations Unies et de l'Association des Parlementaires européens on examiné ce problème au cours d'une rencontre organisée à Mombasa (Kenya).
Ils ont confirmé que chaque année les armes légères causent la mort de 500,000 personnes, dont 200.000 dans des pays 'en paix'. Les armes légères sont désormais des moyens de destruction de masse: elles tuent plus que les armes conventionnelles (chars d'assaut, chasseurs bombardiers et navires de guerre). La conséquence directe des conflits a été la prolifération illicite des armes légères qui, dans certains pays sont "comme les produits exposés dans les supermarchés". Des engins mortels, relativement peu chers, si faciles à porter et à cacher que même un enfant de huit ans peut les transporter et utiliser. Un marché (noir) annuel d'environ 10 milliards de dollars. Les armes légères en circulation seraient 639 millions. Environ 59% de cet arsenal est dans les mains de civils.
Le reste est dans les mains des armées et des polices gouvernementales (environ 39%), rebelles ou force non régulières.
En RCA, par exemple, les trois mutineries de 1996 et 1997, le coup d'Etat manqué du 28 mai 2001 et le putsch de François Bozize, arrivé au pouvoir le 15 mars 2003, tout cela a collaboré à la diffusion d'armes légères dans le pays. Dans chaque cas, a dit la représentante de la délégation centrafricaine, Monique Yanoy, il y a eu de nouveaux arrivages d'armes de tout calibre, dans le pays. Même scénario pour Burundi, Libéria, Sierra Léone, Cote d'Ivoire, RDC… La Somalie figure au palmarès, dans le trafic d'armes légères, qu'elle reçoit de Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Emirats Arabes U. et Yemen. Le Kenya a du mal à bloquer les armes venant de la Somalie à travers les 2000 km de frontières en commun.
Depuis 1945, la communauté internationale a promu d'innombrables accords d'engagement concernant les droits de l'homme, le droit humanitaire et la coexistence pacifique. Mais, lorsqu'il s'agit du commerce international d'armes, ces principes sont souvent refoulés à une place secondaire en faveur de la politique et du bénéfice. Ce cercle vicieux de transferts d'armes, de conflits et d'abus peut et doit cesser.
Cependant on ne doit pas se faire trop d'illusions: les intérêts économiques et stratégiques sont tellement grands que - on l'a répété à Mombasa - "si une entreprise d'armes ferme ses portes dans un pays, elle les réouvre dans un autre". Notre continent a aussi ses fabricants d'armes: Afrique du Sud, Egypte, Kenya, Namibie, Nigeria, Ouganda, Tanzanie et Zimbabwe.

Les 15 Etats de la Communauté Européenne ont adopté un moratoire dans la fabrication et le transfert d'armes légères, imités par les 16 Etats de la Communauté Economique de l'Afrique de l'Ouest. A Mombasa, les ministres des Affaires E. de Burundi, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Kenya, Ouganda, RDC, Rwanda, Soudan et Tanzanie se sont engagés à faire autant. Certains pays ont déjà procédé à la saisie d'armes. Entre décembre 2001 et février 2002 les Karimojong (Ouganda) ont rendu 10.000 armes (on estime à 100.000 les armes en circulation); le 11 juillet 2003 le gouvernement a détruit 7000 mines antipersonnel.
En octobre 2003, Amnesty International, Oxfam, et le Réseau International d'Action sur les armes légères, regroupant plus de 500 organisations, ont lancé dans 70 pays la campagne "Contrôle des Armes". Pour contribuer à la préparation d'un Traité sur le commerce des armes parrainé par les Nations Unies, en 2006.

Réseau Foi et Justice Afrique-Europe; IANSA/RIAL