N° 27  Juillet - Septembre 2004

AE 27
Éditorial
Les fous de Dieu
Pour s'en sortir.
Ce monde.
De clichés, pleine la tête.
Tout chrétien est citoyen.
Il marque les cœurs.
Parlement africain.
L'autre opinion.
Qu'en pensez-vous?
Congoskill
Un grand nombre

Il a mis cent ans à naître, le Parlement panafricain, avec ses premiers députés, selon les paroles autorisées de Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l'Union Africaine à l'occasion de sa session inaugurale, rappelant que le 1er août 1904, le leader panafricaniste Marcus Garvay avait eu  l'initiative de lancer la première convocation des Honorables députés. Mieux vaut tard que jamais, dit-on et les belles idées font toujours du chemin pour arriver à leur but. Espérons que cet «énième bébé» panafricain né à Addis Abeba le 18 mars 2004 ne mette pas 100 ans pour grandir et porter ses premiers fruits tant les attentes des populations africaines sont pressées et grandes à la mesure de leurs rêves, de leurs défis, de leurs problèmes. Comme parlementaires panafricains siégeant au nom des filles et fils de cet immense Continent (à vrai dire pour le moment ils proviennent des parlements nationaux déjà existants) aux multiples et variées richesses socio-culturelles et économico-politiques, nos honorables députés sont censés travailler, dans la proposition, la discussion et le vote des lois, pour la promotion et la protection des droits de l'Homme, la consolidation des institutions démocratiques,  la vulgarisation et  la promotion de la bonne gouvernance,  la promotion et  la consolidation de la solidarité entre nos peuples,  la promotion de la paix, de la sécurité, de la stabilité et du développement en Afrique.

Tâche trop lourde? En tout cas dans un élan d'euphorie poétique, Joaquim Chissano, le doublement président (de son pays le Mozambique et de l'Union A.) a mis la barre très haut en «appliquant» aussi aux parlementaires africains ces vers célèbres: «Oh Mère Afrique, tu n'es en aucun cas petite parmi les nations, car tu as engendré des héros qui ont osé rêver le rêve de générations d'Africains. Tu as donné naissance à des géants qui essuieront les larmes que tu as versées depuis longtemps en voyant tes enfants sombrer dans le cercle lugubre de la misère et de la souffrance ».
A présider cette prestigieuse institution panafricaine siège une femme Tanzanienne, Mme Gertrude Monguela, dotée d'une riche expérience politico-administrative. Si à la tète pensante s'ajoute le cœur compatissant et aimant d'une maman, il y a peut-être là une chance formidable que madame la présidente entraîne ses «coéquipiers», hommes et femmes, même dans un «match de gladiateurs» à gagner le pari. A part le travail de législateurs ou de faiseurs de lois que nous voulons justes et équitables, les parlementaires auront aussi la noble et délicate mission
de contrôler ceux qui nous gouvernent sur le continent et de les sanctionner le cas échéant. Malheureusement pour le moment, les deux cent deux parlementaires panafricains ont peu à apprendre de la majorité des parlements nationaux d'où ils proviennent, car la pratique vraiment démocratique et l'exercice effectif de leurs droits dans un climat de tolérance et de respect de l'autre pour un débat contradictoire et enrichissant y sont souvent des denrées rarissimes. Il n'est pas rare en effet que dans un certain nombre de parlements nationaux, où règnent surtout  la dictature et des intérêts économiques juteux, les députés font figure de «salariés ou d'enfants de chœur» du Président ou du Gouvernement de qui ils reçoivent des «suggestions, des conseils, des propositions» qui sont en fait des ordres à couler sous forme de lois taillées sur mesure.
Dans certains pays, les amendements portés à la constitution de la République pour permettre à tel ou tel autre dinosaure de se présenter pour la énième fois aux élections présidentielles gagnées d'avance grâce à la fraude et au soutien extérieur ou le vote de lois empêchant tel ou tel autre candidat d'entrer dans la course électorale, sont deux exemples qui, à eux seuls, devraient convaincre les sceptiques.

Ce sont des pratiques déraisonnables, dont les prétendues justifications ont fait trouver à un vieil ami politicien  que «le Parlement est un
mot étrange formé de deux verbes: "parler" et "mentir». A nous tous de faire que le parlement d'abord national et plus loin celui panafricain  soit cette instance où les députés, élus par excellence du peuple, soient effectivement au service et à l'écoute du peuple dans un travail de proximité.

P. Kouévi Adjétey Louis