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Le dossier spécial de ce numéro d'Afriquespoir souligne l'importance de l'engagement du chrétien dans la vie sociale et politique. Surtout lorsque sont en jeu des valeurs comme la paix, la démocratie, la construction d'un Etat de droit, la nécessité d'en finir avec la violence. Il y a des chrétiens persuadés que la foi et la participation politique sont deux domaines complètement différents et mutuellement exclusifs. Alors que c'est maintenant, pendant ces années d'une transition où toutes les craintes et tous les espoirs sont permis, que la participation sociale et politique du chrétien s'impose. Au cours de ces derniers 150 ans l'Eglise a multiplié les appels aux laïcs chrétiens afin qu'ils traduisent le message évangélique dans la vie politique. Aux laïcs présents au gouvernement, au parlement, dans les administrations locales, dans le monde très délicat de la justice, dans l'économie etc. de faire preuve de cohérence. C'est une idée complètement fausse que d'identifier l'Eglise avec le pape et les évêques. "Tous les chrétiens doivent prendre conscience du rôle particulier et propre qui leur échoit dans la communauté politique: ils sont tenus à donner l'exemple en développant en eux le sens des responsabilités et du dévouement au bien commun; ils montreront ainsi par les faits comment on peut harmoniser l'autorité avec la liberté, l'initiative personnelle avec la solidarité et les exigences de tout le corps social, les avantages de l'unité avec les diversités fécondes". (L'Eglise dans le monde de ce temps, 75)
Nos économies se sont effondrées, le niveau de vie n'arrive pas à monter et le non-respect des droits de l'homme rend la sécurité toujours précaire: voilà autant d'indicateurs de ce qui peut arriver à une société où bon nombre de croyants se tiennent à l'écart, spectateurs plutôt qu'acteurs. L'adage que la politique est un jeu sale (cf. Ae n°26, p.21) souligne une conviction très partagée. Or, ce sont les politiciens, que cela plaise ou non, qui déterminent le destin d'une nation. Les Evangiles nous disent que Jésus ne tenait que des propos religieux et éthiques. Il demandait aux responsables de la société, surtout aux chefs religieux, d'être cohérents. Il faisait cela dans un pays qui était sous domination étrangère et en plus, exploité par des roitelets qui n'étaient pas très différents des seigneurs de guerre que nous connaissons, se partageant les ressources du pays et tracassant les gens. Il sera éliminé par ceux qui faisaient la politique. On a surtout du mal à sortir du gouffre de la corruption creusé pendant trente ans. Ecrivaient les Evêques camerounais en l'an 2000: "La corruption tout comme le détournement des biens qui nous sont confiés, est une tragédie qui nous concerne. L'on considère comme naïfs, aujourd'hui, ceux qui ne sont pas impliqués dans la corruption et qui vivent honnêtement. Les valeurs morales sont bafouées à tel point que les tricheurs sont qualifiés de forts, de courageux et d'intelligents. La rectitude morale, la conscience professionnelle et l'assiduité au travail sont regardées avec mépris. La corruption a atteint un niveau suicidaire dans notre société. Elle se trouve même dans nos communautés ecclésiales, elle pervertit la comptabilité et la vie de nos diocèses, de nos paroisses, de nos mouvements, de nos services".
Ce temps offre l'occasion de réfléchir sur ce que nous devrions faire pour le bien de tous: organiser la vie politique, donner un cadre à la vie économique, assurer la protection des citoyens, mettre en place plus de solidarité. Faire de la politique, c'est débattre et agir pour un vivre ensemble dans la nation et dans le monde. Tous s'attendent qu'au lieu d'être au service de leur poche ou de leurs proches, les hommes politiques se mettent au service du pays. Qu'ils soient honnêtes et qu'ils ne trichent pas avec les programmes annoncés et les reformes promises. Un souhait qui prendra corps si les croyants acceptent de s'engager.
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