N° 27  Juillet - Septembre 2004

AE 27
Éditorial
Les fous de Dieu
Pour s'en sortir.
Ce monde.
De clichés, pleine la tête.
Tout chrétien est citoyen.
Il marque les cœurs.
Parlement africain.
L'autre opinion.
Qu'en pensez-vous?
Congoskill
Un grand nombre

Précédente

Certains principes
ne sont pas négociables


La vie démocratique a besoin de fondements vrais et solides, c'est-à-dire de principes éthiques qui, en raison de leur nature et de leur rôle de fondement de la vie sociale, ne sont pas «négociables». Il ne s'agit pas de «valeurs confessionnelles», car de telles exigences éthiques sont enracinées dans l'être humain et appartiennent à la loi morale naturelle… On ne peut nier que la politique doit se référer à des principes qui possèdent une valeur absolue précisément parce qu'ils sont au service de la dignité de la personne et du vrai progrès humain. (N° 5).

Nous souhaitons que notre classe politique soit formée désormais:
1 - des dirigeants qui aiment notre peuple et s'occupent avant tout des intérêts de la Nation et du bien-être de notre peuple.

2 - des dirigeants qui ne servent pas de relais aux intérêts des puissances étrangères au détriment du peuple.

3 - des dirigeants compétents, choisis non pas en fonction du clientélisme ou du tribalisme, mais en fonction de leur capacité et de leur efficacité.

4 - des dirigeants honnêtes qui ne s'approprient pas les ressources du pays et ne détournent pas les biens d'autrui ou de l'Etat.

5 - des dirigeants nouveaux qui, favorisent la réconciliation et la solidarité entre les différentes ethnies, sans les exploiter à des fins politiciennes pour la conquête et la conservation du pouvoir.

6 - des dirigeants pacifiques qui privilégient les négociations à la guerre. (Lève-toi et marche. Message des Evêques Catholiques de la R.D.C., 28 juin 1997)


Plusieurs partis


En ce qui concerne le militantisme politique concret, il faut noter que le caractère contingent de certains choix en matière sociale, le fait que diverses stratégies sont souvent possibles pour réaliser ou garantir une même valeur substantielle de fond, la possibilité d'interpréter de manière différente certains principes fondamentaux de la théorie politique, ainsi que la complexité technique d'une bonne partie des problèmes politiques, tout cela explique le fait qu'il y ait en général une pluralité de partis.

A l'intérieur des partis, les catholiques peuvent choisir de militer, pour exercer - surtout à travers la représentation parlementaire - leurs droits et leurs devoirs dans la construction de la vie civile de leur pays
. (N° 2)

U Notre pays se prépare aux élections. Nous allons être abreuvés de promesses. Les politiciens disent plein de choses, mais ne réussiront à en faire qu'une petite partie. Les gens auront l'impression que le ciel qu'ils promettaient faisait partie de la campagne électorale. Certains de nos concitoyens pensent que l'avenir est déjà décidé et qu'il l'est sans eux.
Il ne faut jamais oublier, cependant, que seuls les régimes dictatoriaux arrivent à faire croire aux gens qu'ils ont la solution pour toutes les difficultés.
Le vote est un droit et un devoir. Ce droit, il nous a fallu longtemps pour l'acquérir. Si nous ne l'exerçons pas, il ne faudra pas longtemps pour que quelqu'un nous le retire. Même imparfaite, la démocratie est une chance offerte.

A la veille des élections, 28 mars 2004, les Evêques de la Guinée Bissau ont écrit que "les élections, en ce moment délicat de la vie de la nation, offrent aux Guinéens une occasion privilégiée pour sortir de l'impasse, pour créer les conditions pour un changement radical dans le style du gouvernement, par le choix de représentants du peuple qui soient compétents et honnêtes, qui, dans leur personne et dans leurs programmes, présentent une orientation résolue à promouvoir le bien commun".


La démocratie "n'est pas un acquis définitif. Chaque génération est appelée à se former à cet égard et à reprendre l'effort. Nous tenons à réaffirmer que la vie politique engage la responsabilité de tous. Ne réduisons pas le débat à une dénonciation des affaires, aux attaques sur les personnes, à la gestion de l'immédiat. Notre pays vaut mieux que cela. Même imparfaite la démocratie est une chance offerte. Ne manquons pas de la saisir. Faire de la politique, c'est débattre et agir pour un vivre ensemble dans la nation et dans le monde. (Evêques de France, 18.02. 2002)


Un seul but: le bien
de la personne


L'Église a conscience que si, d'une part, le chemin de la démocratie exprime au mieux la participation directe des citoyens aux choix politiques, d'autre part, il n'est possible que dans la mesure où il est fondé sur une juste conception de la personne. Sur ce principe, l'engagement des catholiques ne peut tolérer aucun compromis, car, autrement, le témoignage de la foi chrétienne dans le monde, ainsi que l'unité et la cohérence interne des fidèles eux-mêmes, feraient défaut. La structure démocratique sur laquelle entend se construire un État moderne aurait une certaine fragilité si elle ne prenait pas comme fondement le caractère central de la personne.
C'est d'ailleurs le respect de la personne qui rend possible la participation démocratique. Comme l'enseigne le Concile Vatican II, «la sauvegarde des droits de la personne est en effet la condition indispensable pour que les citoyens, individuellement ou en groupe, puissent participer activement à la vie et à la gestion de la Nation".
(N° 2)

On répète souvent le principe que la politique est le règne du compromis.
"En politique, on ne se pardonne pas, on s'entend".
Ce document affirme qu'un véritable principe existe, donnant signification et consistance à la participation des laïcs chrétiens à la vie politique: "une juste conception de la personne. Sur ce principe l'engagement des catholiques ne peut tolérer aucun compromis".
Le document ne prétend pas diriger les consciences ou s'ingérer dans les affaires politiques: il s'agit d'éclairer un chemin en rappelant que la politique a pour but de promouvoir le bien commun, et par conséquent, le premier bien, la vie.
La vie humaine est intangible.
"La reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde". (Déclaration universelle des droits de l'homme)

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