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S'opposer à tout attentat contre la vie humaine
Quand l'action politique est confrontée à des principes moraux qui n'admettent ni dérogation, ni exception, ni aucun compromis, l'engagement des catholiques devient plus évident et se fait lourd de responsabilités. Face à ces exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer, les chrétiens doivent en effet savoir qu'est en jeu l'essence de l'ordre moral, qui concerne le bien intégral de la personne. Tel est le cas des lois civiles en matière d'avortement et d'euthanasie… De la même manière, il faut rappeler le devoir de respecter et de protéger les droits de l'embryon humain. De même, il faut préserver la protection et la promotion de la famille, fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent, et protégée dans son unité et sa stabilité, face aux lois modernes sur le divorce: aucune autre forme de vie commune ne peut en aucune manière lui être juridiquement assimilable, ni ne peut recevoir, en tant que telle, une reconnaissance légale. De même, la garantie de liberté d'éducation des enfants est un droit inaliénable des parents, reconnu entre autres par les Déclarations internationales des droits humains. Dans cette même ligne, il faut penser à la protection sociale des mineurs et à la libération des victimes des formes modernes d'esclavage (que l'on pense par exemple à la drogue et à l'exploitation de la prostitution.... Le grand thème de la paix. Une vision irénique et idéologique tend parfois à donner un sens profane à la valeur de la paix, tandis que, dans d'autres cas, on se limite à un jugement éthique sommaire, oubliant la complexité des raisons en question. La paix est toujours «œuvre de la justice et effet de la charité»; elle exige le refus radical et absolu de la violence et du terrorisme, et elle requiert un engagement constant et vigilant de la part de ceux qui ont une responsabilité politique. (N° 2)
Le feu ne s'éteint pas par le feu, disent nos anciens en Sierra Leone. La guerre n'entraîne que violence et mort. Elle ne résout pas les problèmes. Elle ne fait que les déplacer et en crée de nouveaux. La paix ne s'obtient pas par la violence. Elle s'obtient par le dialogue. Elle s'obtient par la justice. Elle s'obtient par la garantie du droit à l'existence et à la dignité humaine pour les opprimés et les marginalisés. C'est pourquoi nous crions: Arrêtez les maudits mécanismes de la guerre. Oeuvrez pour la justice. Aucune guerre n'est juste et aucune guerre n'est sainte. Seule la paix est sainte. Seule la justice est sainte. Seul Dieu est saint". (Appel de Mgr G. Biguzzi, Evêque de Makeni, Sierra Leone, aux Puissants de la terre, 13 déc. 2002)
La paix suppose un refus radical et absolu de la violence, un engagement constant et attentif de la part de ceux qui ont la responsabilité politique. Les tensions que la RD Congo a connues et connaît peuvent illustrer douloureusement ce problème "Des viols et des actes de violence sexuelle sont commis contre les femmes et les jeunes filles en toute impunité sur l'ensemble du territoire… Je demeure profondément préoccupé par les informations qui continuent de faire état de massacres et d'autres atrocités commises contre des civils, notamment de nombreux cas de violence sexuelle atroces, cette pratique étant utilisée comme arme d'intimidation et de guerre". (15è rapport du Secrétaire Gén. Nations Unies, 25.03.2004)
"La violence est au cœur de la condition humaine. L'un des buts de la politique est de la maîtriser partout où elle est présente: délinquances, criminalité, prises d'otages, terrorisme, injustices flagrantes, conflits d'intérêts, guerres renaissantes, menaces pour la paix intérieure ou extérieure... Afin de sortir de l'animalité de la violence brute, la politique réserve à l'Etat le monopole de la contrainte physique légitime et contrôlée. Elle cherche à substituer à cette violence le droit et la parole. Elle met en place des institutions et des procédures de médiation qui préservent l'homme lui-même de ses propres dérives, en particulier en cherchant un juste équilibre entre pouvoir judiciaire et pouvoir politique, pour assurer la liberté de chaque citoyen. Ainsi pourront vivre ensemble et se reconnaître comme êtres égaux et différents, dans la sécurité assurée, des citoyens et des citoyennes que distinguent, et souvent opposent, le sexe, l'âge, la classe sociale, l'origine, la culture, les croyances. (Evêques de la Commission Sociale, France, 1999) On doit lutter pour la paix en utilisant des instruments de paix. (Martin Luther King)
Vraie et fausse Laïcité. Autonomie de la sphère civile et politique
Le document rappelle aux chrétiens que «Dans leur existence, il ne peut y avoir deux vies parallèles, d'un côté la vie qu'on nomme 'spirituelle' avec ses valeurs et ses exigences; et de l'autre, la vie dite 'séculière', c'est-à-dire la vie de famille, de travail, de rapports sociaux, d'engagement politique, d'activités culturelles. Vivre et agir en politique conformément à sa conscience ne revient pas à se plier à des positions étrangères à l'engagement politique ou à une forme de confessionnalisme; mais c'est l'expression par laquelle les chrétiens apportent une contribution cohérente pour que, à travers la politique, s'instaure un ordre social plus juste et conforme à la dignité de la personne humaine. Dans les sociétés démocratiques, toutes les propositions sont soumises à discussion et évaluées librement. Les personnes qui, au nom du respect de la conscience individuelle, voudraient voir dans le devoir moral qu'ont les chrétiens d'être en harmonie avec leur conscience un élément pour les disqualifier politiquement, leur refusant le droit d'agir en politique conformément à leurs convictions sur le bien commun, tomberaient dans une forme de laïcisme intolérant". (N° 5) Il faut rejeter les positions politiques et les comportements qui s'inspirent d'une vision utopique qui, transformant la tradition de la foi biblique en une espèce de prophétisme sans Dieu, manipule le message religieux, en dirigeant la conscience vers un espoir purement terrestre, qui annule ou réduit la tension chrétienne vers la vie éternelle. (N° 7)
Ce texte renvoie dos à dos tout "laïcisme" qui marginaliserait la contribution des communautés chrétiennes, comme tout projet politique qui transforme le message religieux en prophétisme et fondamentalisme aveugles (= Dieu résoudra tous nos problèmes), ou terrorisme (= Dieu nous autorise à employer n'importe quel moyen).
Eviter certaines trappes
La foi en Jésus-Christ, qui s'est présenté lui-même comme «la voie, la vérité et la vie» (Jn 14,6), demande aux chrétiens un effort pour participer, avec un plus grand engagement, à l'édification d'une culture qui, inspirée de l'Évangile, propose à nouveau le patrimoine de valeurs de la Tradition catholique. La nécessité de présenter en termes culturels modernes le fruit de l'héritage spirituel, intellectuel et moral du catholicisme apparaît aujourd'hui marquée par une urgence qu'on ne peut différer, notamment pour éviter le risque d'une dispersion culturelle des catholiques. (N° 7) L'Église enseigne qu'il n'existe pas d'authentique liberté sans vérité. Dans une société où la vérité n'est pas recherchée et où l'on ne cherche pas à l'atteindre, toute forme d'exercice authentique de la liberté est aussi affaiblie, ouvrant la voie à une attitude libertaire et à un individualisme qui nuisent à la protection du bien de la personne et de la société entière. (N° 7)
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