N° 28  Octobre - Décembre  2004

Les Papes   (2)

Ae 28
Éditorial
Le recensement
Anuarite ma fille
L'or gris.
La rumeur
Des enfants extraordinaires.
Spécial Les Papes
Partagés.
Président: vieux ou jeune?
Eucharistie et Mission.
On doit aller partout.
Le bon choix.

Là où est Pierre, là est l'Eglise*
*Ubi Petrus, ibi Ecclesia
Saint Ambroise, Évêque de Milan (374-397)

Pape
Du latin Papa, terme d'affectueuse vénération, est le titre le plus populaire pour désigner le successeur de saint Pierre.
Donné d'abord à tous les évêques, ce n'est qu'avec Grégoire VII (1073-1085) qu'il sera réservé à l'évêque de Rome.
Au cours du VI et VII siècle des évêques de l'Illyrie (les Balkans) et d'Afrique s'adressaient au successeur de Pierre en l'appelant
Pater patrum, Pères des pères.

Antipape
Au cours de l'histoire il y a eu plusieurs personnes qui on pris le nom de pape et en ont exercé, ou prétendu exercer, ses fonctions sans une élection canonique.
Des gens qui ont cherché ou accepté de prendre la place d'un pape élu régulièrement; des ambitieux ou des opportunistes qui ont même fait recours à la force pour siéger sur le trône de Pierre; ou tout simplement des individus de bonne foi, persuadés qu'ils avaient le droit ou le devoir d'accepter l'élection proposée. Les historiens ont compilé des listes différentes, variant de 25 à 40 antipapes. Ce n'est qu'à partir de la deuxième moitié du XV siècle qu'une législation rigoureuse permettra d'éviter les intrigues ourdis par les pouvoirs politiques, économiques, etc.

Nationalité des papes
Sur 264 papes: italiens 208, dont 112 romains. Étrangers: Français 16; grecs 15; allemands 6: syriens 6; africains 3; polonais 1. Dernier pape non italien (avant le pape actuel), Adrien VI, hollandais. Jean II (533-535) fut le premier pape à changer de nom. Avant, il portait le nom d'un dieu païen, Mercure.

La Tradition
«Comme il serait trop long d'énumérer les successions de toutes les Eglises, nous prendrons seulement l'une d'entre elles, l'Eglise très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome. En montrant que la Tradition qu'elle tient des apôtres et la foi qu'elle annonce aux hommes sont parvenues jusqu'à nous par des successions d'évêques, nous confondrons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, par infatuation, ou par vaine gloire, ou par aveuglement et erreur doctrinale, constituent des groupements illégitimes: car avec cette Eglise, en raison de son origine plus excellente, doit nécessairement s'accorder toute Eglise, c'est à dire les fidèles de partout, elle en qui toujours, au bénéfice des gens de partout, a été conservée la Tradition venue des Apôtres». Saint Irénée, évêque de Lyon au IIe siècle. Il avait connu saint Polycarpe qui lui-même avait connu personnellement saint Jean apôtre

Quo vadis ?
«Au cours du grand Jubilé, le Christ a, dans un certain sens, traversé à nouveau les routes de Rome et du monde entier. Et nous lui avons répété les paroles de Pierre, rapportées par saint Ambroise (serm. C. Auxentium, 13): "Domine, quo vadis?", Seigneur, où vas-tu? Et Jésus, comme à l´époque, nous a répondu: "Venio iterum crucifigi", Je viens pour être de nouveau crucifié. C´est-à-dire je viens renouveler mon don de salut pour tous les hommes, à l´aube du troisième millénaire. On pourrait repenser la question de Pierre comme si elle était adressée à l´homme contemporain: "Quo vadis, homo?", Homme, où vas-tu? Vas-tu à l´encontre du Christ où suis-tu d´autres voies qui te portent loin de lui et de toi-même?» Jean Paul II aux auteurs d'une nouvelle version du film Quo Vadis, an 2000.


Il est le même
La basilique du Vatican se trouve dans l´espace du cirque de Néron, où de nombreux chrétiens furent martyrisés, y compris Pierre. L´obélisque, celui même qui se trouvait au milieu du cirque et qui se trouve au centre de la place Saint Pierre, coeur de l´Eglise catholique, depuis le XVIe siècle, est un témoin muet de ces événements, à la fois tragiques et glorieux. Au sommet de cet obélisque se dresse la Croix, comme pour rappeler que le ciel et la terre passeront, avec les empires et les règnes humains, mais que le Christ demeure: Il est le même hier, aujourd´hui et toujours.
Jean Paul II

Serviteur des serviteurs
Le Pontife Romain est soumis - comme tous les fidèles - à la Parole de Dieu, à la foi catholique, et il est garant de l'obéissance de l'Eglise; en ce sens, il est serviteur des serviteurs. Il ne décide pas pour son plaisir, mais il exprime la volonté du Seigneur, qui parle à l'homme dans l'écriture, vécue et interprétée par la Tradition.

La différence
Il y a des gens qui considèrent l'Eglise catholique comme un seul bloc de pierre, rigide, soumise à un gouvernement absolutiste. Voici l'opinion de Mgr Laurent Monsengwo P., archevêque de Kisangani, répondant à la question: «Quand vous intervenez, les politiciens disent que vous n'avez pas de leçons de démocratie à leur donner car l'Eglise est monolithique».*
Non, l'Église n'est pas monolithique. Ce sont des gens qui connaîtraient très mal les structures de l'Église catholique qui le disent. Si nous commençons par le Collège des Évêques avec le pape, ils ont des actions collégiales. Il y a le collège des cardinaux qui sont les conseillers du Pape. Au niveau des Évêques, il y a le Synode des Evêques qui est une structure de dialogue et de concertation. Le pape a la curie romaine qui sont ses collaborateurs les plus proches qui se réunissent tous les vendredis pour décider en écoutant l'avis de chacun sur ce qui doit être fait.
Naturellement le pouvoir suprême appartient au pape. Quand il a écouté tout le monde, la décision lui revient. Dans l'Eglise le pouvoir est donné d'en haut par Jésus-Christ. Au niveau national, le président de la Conférence épiscopale n'est pas chef d'un gouvernement. Il écoute les Évêques, respecte leurs décisions et exécute ces décisions avec ses collaborateurs. Et quand les Évêques sont réunis, le président n'impose pas ses vues. Il y a un tour de table, des échanges, de l'écoute et, à la fin, il y a un vote qui intervient démocratiquement et c'est le vote de la majorité.
Mais nous avons un avantage, c'est que, contrairement à la politique, nous nous référons à l'Évangile, à la vérité de foi pour décider. Ce qui n'est pas toujours le cas des hommes politiques par rapport à la Constitution. Si vous allez dans un diocèse, il y a l'Évêque qui peut avoir des auxiliaires avec lesquels il travaille, il y a le conseil presbytéral, il y a le conseil pastoral qui est beaucoup plus représentatif. A ce niveau, il y a l'écoute de chacun; il y a un exercice démocratique. L'Église est synodalité, c'est un chemin où vont ensemble plusieurs personnes, où chacun parle, où chacun écoute. Mais ces personnes qui ne doivent pas se dérober de leurs responsabilités, Pape, Évêques, Curés doivent se référer à leur conscience. C'est cela la différence entre la société et l'Église.
* Interviewé par Valentin Makongo, groupelavenir.net

Papamobile
L'apparition de l'automobile a petit à petit remplacé le landau au Vatican. Pie X avait reçu de l'archevêque de New York, en 1909, une Itala 20/30 noire et blanche construite spécialement pour lui à Turin. Il ne l'utilisa jamais.
Pie XI reçut au moment de son élection en 1922 une Bianchi offerte par les dames de Milan. Celle-ci fut utilisée pour la première fois dans une cérémonie officielle pour le transport de la statue de la Vierge de Lorette, patronne des aviateurs, le 1er septembre 1922. Le pape « prisonnier du Vatican » depuis 1870 sortit pour la première fois dans Rome, le 22 décembre 1929, pour se rendre à Saint-Jean de Latran à l'occasion de son jubilé sacerdotal.
L'automobile utilisée était une Graham-Page offerte quelques mois auparavant par les frères Graham, fervents catholiques américains.
Les déplacements du pape sur la place Saint-Pierre en voiture découverte devinrent habituels à partir de l'année sainte de 1975.
C'est sur une voiture découverte Fiat que Jean Paul II fut blessé dans l'attentat le 13 mai 1981. Les mesures de sécurité imposées par la raison amenèrent le pape à accepter des Mexicains le don d'une voiture - dite «papamobile» - sur laquelle est posée une bulle de verre blindé permettant de circuler debout.

Parmi les voyages les plus marquants: le premier voyage en Pologne en 1979, au Nicaragua en 1983, à Cuba en 1998, en Terre Sainte en l'an 2000. On pourrait y ajouter son voyage en Géorgie: premier voyage d'un pape en pays orthodoxe en 1998.
Lors d'un échange avec les journalistes dans l'avion de Cuba, le pape n'avait pas manqué d'indiquer son désir de se rendre aussi à Pékin et à Moscou.


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