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Le dossier central de ce numéro d'Afriquespoir offre un aperçu sur une réalité qui est sous les yeux de toute le monde: les gens se déplacent vers le villes. Ceux qui abandonnent l'intérieur pour la ville croient y trouver un cadre de vie plus attrayant et la réponse à leurs problèmes de santé, éducation, travail. Les spécialistes parlent de 'magnétisme urbain'. Mais malheureseument une fois arrivés ils se heurtent à un paradoxe: dans les grands centres modernes on peut trouver le paradis et l'enfer, le respect et la tolérance pour d'autres manières de vivre, mais aussi l'anonymat, la ségrégation, l'indifférence, la violence. Nos villes portent en elles toutes les tensions du vivre ensemble. Des quartiers chic aux kilomètres de taudis en passant par les banlieues-dortoirs, sans oublier les quartiers grandissant en dehors de toute planification: tout y est! Elles manifestent ou cachent la disparité entre les citadins aisés et les autres. A tel point que des citadins regrettent parfois les petits villages d'antan, où tout le monde se connaissait, mais aussi ou chacun pouvait observer et contrôler l'autre.
La croissance rapide des centres urbains rend plus évident, même si on n'y pense pas, que tous sont concernés. La ville peut devenir un lieu où chacun apporte sa part ou contribue à l'exclusion. La beauté des rues ou leur dégradation est l'affaire de tous. Les ordures jetées partout, l'air rendu toxique par le trafique, les caniveaux transformés en poubelles, les enfants abandonnés, tout cela n'interpelle pas seulement les responsables de la ville, mais chaque individu. Dans la chanson consacrée à Kinshasa, la star JB Mpiana observe désolé:
J'avais entendu la nouvelle Que Kinshasa c'est l'Europe noire. Lorsque je suis arrivé à Kin Je me suis senti triste. Par ici, des petits marchés, Par là, des enfants de la rue, Par ici, par là, des prostituées. Écoute, là bas on a arrêté quelqu'un Écoute, là bas on a volé. L'exode rural à Kin a tué l'économie du pays. Souci! Locataires et bailleurs sont des ennemis...
Les villes ont été toujours la place où se sont implantées de nouvelles religions. Le Christianisme lui-même s'est diffusé dans le monde gréco-romain à partir des villes. De nos jours, c'est surtout dans les villes que naissent de nouvelles religions, de nouveaux groupes religieux. Leur message y trouve de nombreux adeptes. Ces groupes utilisent des moyens de communications appropriés au monde de la ville.
Sans cela ils ne pourraient pas prospérer. Leur lieu de communication est la rue, la place publique, les moyens de transport en commun. Les prédicateurs ont accès à la radio ou à la TV. Ils connaissent les techniques de la publicité, savent fasciner les multitudes et jouer avec les émotions religieuses. Dans une ville où se retrouvent beaucoup de traditions religieuses, où tout se peut penser, tout se peut croire, tout se peut faire, rien n'est ridicule, les prophètes ont le champ ouvert. Depuis des années le pape Jean Paul II invite les chrétiens à s'engager dans la solution des problèmes des villes. Puisque dans les villes les gens s'interrogent davantage sur le vivre ensemble à construire, tout chrétien est invité à apporter sa contribution.
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