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Il s'est éteint il y a quelques mois loin de ses enfants, pauvre et maladif, à 56 ans, le commandant Mokili Merci, officier de la marine militaire de son pays, le Congo. Militaire à 20 ans presque par défi envers ses amis qui le prenaient pour un nonchalant, Mokili Merci a vécu près de 30 ans de gloire et de déboires, obtenu quelques médailles d'honneur et passé 6 ans en luttant contre la maladie et la faim, son «Etat - Employeur» l'ayant abandonné à son triste sort. «Mon colonel! ainsi l'appelions-nous, s'il vous fallait refaire le choix de la carrière militaire, le feriez-vous?», lui avons-nous demandé à la fin d'une longue conversation où nous avons passé en revue ses années de service militaire et surtout ce que sont devenues certaines armées africaines où le pillage, le viol, le vol, les massacres et autres méfaits collent à la peau des militaires comme des galons sur leurs épaules. Sa réponse, indirecte mais sincère, fut: «Nous sommes tombés très bas. Mais l'on doit remonter la pente et l'honneur d'un homme, militaire dans notre cas, c'est de pouvoir se corriger». L'image des militaires dans certains pays comme le Togo, la RD Congo, le Rwanda, la Centrafrique, l'Ouganda, le Soudan, etc. n'est pas du tout brillante, pas brillante non plus celle des policiers. Dans certaines localités du Congo-Kinshasa, par exemple, les gens sont arrivés jusqu'à préférer vivre sans militaires et sans policiers car, disent-ils «Nous serions moins volés, nos filles seraient plus à l'abri et nos chèvres et moutons pourraient brouter calmement». Si la vue d'un militaire ou policier inspire confiance, sécurité et ordre dans certains pays, dans d'autres, leur présence parfois évoque plutôt danger public, alerte et insécurité. «Ce n'est pas en se comportant comme des voyous, comme le font certains d'entre vous, que vous grandirez votre image vis-à-vis de la population. Et puis, où est le courage de ceux qui martyrisent des civils désarmés?»: paroles de François Bozize, président Centrafricain aux forces de sécurité et de l'ordre le 15 février 2005, à Bangui. Certes, ce ne sont pas tous les militaires et policiers qui se comportent ainsi dans notre continent. Certes, aussi le fait que nos militaires et policiers ne sont ni meilleurs ni pires que les militaires et policiers des autres globes. Ce n'est pas chez les GI (militaires américains en Irak ou à Guantanamo) que nous apprendrons la règle du respect de la personne humaine, fût-elle terroriste ou rebelle!
Le problème des militaires et policiers en Afrique est parfois lié à la qualité de leur formation mais aussi à leur abandon par les autorités du pays, d'où le non paiement ou un salaire de misère, le manque d'encadrement et d'assistance sociale et sanitaire, etc. Quelquefois on assiste même à de pures barbaries commanditées d'en haut. Sans les excuser aucunement, les militaires et policiers 'voyous' ne seraient-ils pas parfois des exécutants des ordres de certains de leurs chefs qu'on ne voit pas et qui font agir les autres? Etre militaire ou policier, n'est pas synonyme de barbarie ou de méchanceté. La carrière militaire ou policière est aussi un noble métier indispensable dans tous les pays.
Aux 100.000 militaires venant de partout pour leur jubilé à Rome en novembre 2000, Jean Paul II, lui-même fils de militaire, a déclaré: «Chacun de vous a un rôle de sentinelle. Une sentinelle qui regarde au loin pour prévenir le danger et pour promouvoir partout la justice et la paix». Et aux forces de police (italienne), dans la même circonstance: «Le Jubilé engage les forces de police à respecter et faire respecter la loi des hommes, lorsqu'elle n'est pas en opposition avec celle de Dieu. Il vous demande d'être des artisans de l'harmonie qui découle des devoirs quotidiens et de l'élimination des conflits entre personnes. Il vous pousse à vous faire, en toute circonstance, des promoteurs de solidarité, spécialement envers les plus faibles, les personnes sans défense. Il vous demande d'être des gardiens du droit à la vie, en garantissant la sécurité de la circulation et celle des personnes». Et voici les qualités requises, selon le Pape " Fermeté et abnégation au service du bien commun mais aussi l'attention aux personnes, le sens de la responsabilité, une patience continue et un esprit d'accueil envers tous».
P. Kouévi Adjétey Louis
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