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Erreur courante devenue seconde nature: les gens, vous, moi, se prennent volontiers pour le centre du cosmos, de petits «rois-soleil» qui prennent leurs désirs comme la mesure de référence de la vérité universelle. Par conséquent si les autres ne répondent pas à ma satisfaction, à cette très haute idée que j'ai de ma personne et osent me bousculer de la place «top» que j'occupe dans mon univers, j'en conçois colère, haine, dépit, jusqu'aux envies - au pire - de leur mort, sinon de la vengeance qui les réduira à mes pieds d'une manière ou d'une autre: "Ils ne m'ont pas respecté(e) ou, comme disent les Kinois, "ils m'ont 'manqué'" (de respect)
Et c'est l'état d'urgence permanente! Au lieu de dire «Tout homme est mon frère» (Paul VI) et de se faire vertueusement violence pour conquérir et conserver le plus grand pouvoir de tous les temps: la paix du coeur, on décrète: "Méfiance et suspicion!Guerre sans merci! Mort au faible!" Il en va ainsi des individus comme des peuples, tribus et nations! Et l'on se rue sur les armes pour supprimer les sources de nos ennuis et imposer la paix qui arrange nos affaires: la paix des cimetières. Une fois les yeux dessillés, Saul de Tarse, visité par la grâce et "retourné", s'inquiète d'avoir de ses propres mains massacré et emprisonné les frères et sœurs de Jésus Christ, alors qu'avec les extrémistes de sa famille religieuse il pensait sincèrement défendre la Bonne Cause «J'étais rempli du zèle de Dieu» (Ac.22,3), un zèle aveugle non inspiré par l'Esprit Saint et qui n'apporta aucune harmonie religieuse et sociale ni ne l'emmena, lui, à la sérénité intérieure, force en amont de toute tolérance et source incontournable d'où jaillit la paix réelle et vraie qui se répand autour de nous… L'orgueil fatal à la racine des deux extrémismes récurrents: le fanatisme de «la pureté de la foi» et l'idéologie de la «supériorité raciale», induisit en eux, comme régulièrement plus loin dans l'Inquisition (XIIè siècle), les Guerres de Religion (XVIè s.), la «Shoah» (Juifs génocidés XXè s.), le «Goulag» (russes génocidés XXè s.), les guerres impérialistes de l'Histoire coloniale jusqu'aux actuelles génocides du Rwanda, Darfour, Irak et RDC (XXIè s.), l'orgueil donc induisit l'abomination de la violence armée, de la dictature religieuse, de l'absolutisme politique, de l'impérialisme économique et des errements des Révolutions, défiant le principe de la dignité intangible de l'homme, image de Dieu, source de la liberté responsable et de l'égale fraternité.
Avec finesse l'humoriste remarquera qu'il y a des hommes «plus égaux que d'autres». Or la loi du plus fort nie la loi de l'harmonie universelle, car la violence appelle la violence. Karl Marx a admirablement décrit la dialectique du maître et de l'esclave. Ainsi dans la logique de la violence réductrice de l'autre, le cycle recommence toujours et toujours.
D'un côté les chefs qui, sous la protection des armes, oublieux de l'obligation morale de la justice distributive qui joue dans un Etat de Droit, se repaissent et s'engraissent visiblement. Ils dissipent les biens de la communauté, élèves modernes des responsables d'Israël dont le prophète Amos annonçait la ruine (2,6-7; 4,1; 6,4-6). De l'autre, les concitoyens mis à genoux, abrutis par la faim et écrasés par la misère noire, finissent par éructer la "contre-violence" aveugle, en pillant les symboles de l'enrichissement des grands, quitte à se rendre encore plus malheureux eux-mêmes en détruisant les instruments de leur peu de revenu… L'incurie et l'impunité des uns démotivent les autres: là où les armes parlent, les Institutions se décomposent. A la culture de la solidarité, fille de la paix, nous avons partout substitué la culture bestiale du "Tant pis pour vous!". Et ce n'est pas demain la veille...·
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