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Actuellement, dans presque tous les conflits importants, il y a des enfants combattants. 300.000 enfants-soldats sont toujours recensés dans le monde.
Ces enfants, parfois âgés de 13 ou 14 ans, sont enrôlés dans des forces gouvernementales ou des groupes de rebelles. Des gouvernements, comme ceux de la Colombie, de l'Ouganda et du Zimbabwe, ont appuyé des groupes paramilitaires et des milices qui se servaient d'enfants soldats. En Ouganda l'Armée de la Résistance du Seigneur a enlevé 20.000 enfants. Un Etat très impliqué dans le recrutement forcé d'enfants-soldats dans les années 1994-2001 était le Rwanda, où l'armée les utilisait notamment pour infiltrer les lignes ennemies. En Indonésie et au Népal, les forces gouvernementales ont utilisé des enfants comme informateurs, espions et messagers. Des gouvernements, comme ceux du Burundi, de la Fédération Russe et de l'Indonésie, ont tué, torturé ou détenu arbitrairement des enfants suspectés d'appuyer l'opposition armée. Dans 21 conflits - selon une étude réalisée par la Coalition pour mettre fin à l'utilisation des Enfants Soldats et Human Rights Watch dans 196 pays, du mois d'avril 2001 au mois de mars 2004 - des dizaines de groupes ont recruté des enfants, garçons et filles, en les obligeant à combattre en première ligne, en les entraînant à l'usage des armes et des explosifs, en les soumettant à des violations de leurs droits, à des actes de violence et à des travaux forcés. Les enfants soldats sont considérés comme les meilleurs guerriers. Ils ne font pas l'amour, ils ont peur de l'autorité et ils n'ont pas une claire conscience du danger. L'itinéraire est presque le même partout: les enfants rejoignent les forces armées à cause de pressions économiques et sociales ou parce qu'ils pensent que le groupe leur offrira nourriture et sécurité. Une fois embrigadés, ils sont envoyés au combat, utilisés comme espions ou esclaves domestiques. Pour les filles, qui composent plus du tiers des enfants soldats au Salvador, en Éthiopie ou en Ouganda, elles sont combattantes, bonnes à tout faire, esclaves sexuelles, voire épouses privilégiées d'un chef de guerre. La conclusion des guerres en Afghanistan, en Angola et en Sierra Leone a amené la démobilisation de 40.000 enfants-soldats; mais plus de 30.000 enfants mineurs ont été recrutés au Soudan, en Côte-d'Ivoire et en Somalie. 60 gouvernements au moins, dont l'Allemagne, l'Autriche, les Etats-Unis, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, continuent à recruter légalement des jeunes de 16 et 17 ans. À l'issue du colloque mondial Enfants et guerres qui s'est tenu à Paris le mois de février dernier, on a publié des recommandations: défense d'enrôler des enfants, réhabilitation, protection de l'enfance etc. Pourtant, aucun programme ne doit pas faire oublier la prévention. Celle-ci passe, notamment, par la traçabilité des ventes d'armes. «La réalité des enfants soldats est liée à celle de la vente d'armes légères. En Afrique, on compte aujourd'hui 100.000 à 120.000 enfants-soldats pour plus d'un million d'armes légères. La communauté internationale consacre aujourd'hui 1.500 dollars à la «réhabilitation» de chaque enfant-soldat. Mais l'argent ne fait parfois qu'exacerber l'incompréhension des populations. Au Liberia, par exemple, les gens acceptent mal que cet argent aille à ceux qui ont été des bourreaux, reconnaissables à leur mobylette neuve. Conclusion. Si les textes de l'ONU étaient appliqués, de nombreux dirigeants de guerre devraient être un jour jugés par la Cour internationale de justice pour enrôlement d'enfants. Il faut poursuivre les chefs de guerre. Onze dirigeants sont actuellement poursuivis pour ces faits en Sierra Leone.
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