N° 31  Juillet - Septembre 2005

Une Église qui n’a pas peur de l’avenir. Élu 19 avril 2005 le nouveau Pape  de la communauté catholique a annoncé son programme et expliqué pourquoi il a choisi le nome de Benoît XVI. Sous le signe de la continuité

 

Joseph Ratzinger est né en Bavière (Allemagne) le 16 avril 1927. Son père était un officier de police. Professeur de théologie fondamentale et dogmatique pendant près de vingt ans, il participe au Concile Vatican II  dès son ouverture en 1962, en qualité d’expert du cardinal Joseph Frings, archevêque de Cologne, et prendra une place remarquée parmi les penseurs du Concile.

Nommé par Paul VI archevêque de Munich-Freising en mars 1977, il est crée cardinal quelques mois plus tard. En novembre 1981, Jean Paul II  lui confie la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et le nomme aussi Président de la Commission Biblique et de la Commission Théologique Internationale. Nommé Président de la Commission pour la préparation du Catéchisme de l’Église Catholique, après six ans de travail, en 1992 il présente le nouveau Catéchisme au Pape.

Tout en rendant hommage à son prédécesseur Jean Paul II qui a laissé une «Église plus courageuse, plus libre, plus jeune. Une Église qui conformément à son enseignement et à son exemple regarde avec sérénité le passé et n’a pas peur de l’avenir», il a pris le nom de Benoît XVI.

Le sens de ce choix se retrouve dans l’explication que le nouveau pape a donnée: «J’ai voulu m’appeler Benoît XVI pour me rattacher en esprit au vénéré Pontife Benoît XV, qui a guidé l’Eglise au cours d’une période tourmentée en raison du premier conflit mondial. Il fut un courageux et authentique prophète de paix et se prodigua avec un courage inlassable, tout d’abord pour éviter le drame de la guerre, puis pour en limiter les conséquences néfastes. C’est sur ses traces que je désire placer mon ministère au service de la réconciliation et de l’harmonie entre les hommes et les peuples, profondément convaincu que le grand bien de la paix est tout d’abord un don de Dieu, un don fragile et précieux à invoquer, à protéger et à édifier jour après jour avec la contribution de tous. Le Pontife Benoît XV est resté dans l’Histoire comme un pape qui a voulu rétablir la force du droit international face aux conflits armés. Il a maintenu la neutralité du Vatican et s’est impliqué beaucoup pour la paix, puis pour la Société des nations (SDN). Le nom de Benoît évoque, en outre, la figure extraordinaire du grand ‘Patriarche du monachisme occidental’, saint Benoît de Nursie, co-patron de l’Europe avec les saints Cyrille et Méthode. L’expansion progressive de l’Ordre bénédictin qu’il fonda a exercé une profonde influence sur la diffusion du christianisme dans tout le continent. Saint Benoît est donc particulièrement vénéré en Allemagne et spécialement en Bavière, ma terre d’origine; il constitue un point de référence fondamental pour l’unité de l’Europe et un rappel puissant des incontournables racines chrétiennes de sa culture et de sa civilisation. De ce Père du monachisme occidental, nous connaissons la recommandation laissée aux moines dans sa Règle: «Ne rien mettre absolument au-dessus du Christ» (Règle 72).

Au début de mon service comme Successeur de Pierre, je demande à saint Benoît de nous aider à garder fermement le Christ au centre de notre vie. Qu’il soit toujours à la première place dans nos pensées et dans chacune de nos activités!

 

Le programme 

Le Pape Benoît XVI débute son pontificat dans un monde où les médias sont omniprésents, où la technologie est en développement constant.

Ces médias qui avaient concentré toute leur attention sur les derniers jours de Jean Paul II, ses funérailles et le deuil qui s’en suivit, se sont ensuite intéressés au conclave et à l’élection de Benoît XVI. Rarement le Saint-Siège aura bénéficié d’une couverture médiatique aussi globale et impressionnante. Parmi les nombreux défis qui attendent le nouveau Pape dans cette période de transition après les 26 années de pontificat de Jean Paul II,  l’un des plus importants est la communication aux et à travers les médias. Le mercredi 20 avril il a livré les axes principaux de son ministère, un programme de ce qui est l’essentiel de sa charge.

En particulier: l’unité des chrétiens et le dialogue pour «cultiver toute initiative pouvant se présenter comme opportune pour développer contacts et ententes avec les représentants des diverses Églises et communautés chrétiennes»; le dialogue avec le monde d’aujourd’hui «Je n’écarterai aucun effort pour poursuivre le dialogue prometteur engagé de mes prédécesseurs avec les divers courants de civilisation»; l’Eucharistie; poursuivre l’engagement  de la réalisation du Concile Vatican II. Les jeunes: «Je continuerai à dialoguer avec vous, chers jeunes, qui êtes l’avenir et l’espérance de l’Eglise et de l’humanité. Si le poids de la responsabilité qui se reverse sur mes pauvres épaules est énorme, la puissance divine sur laquelle je peux compter est certainement démesurée». Le nouveau Pape a rappelé que son devoir est de «faire resplendir devant les femmes et les hommes la lumière du Christ, non la sienne mais celle du Christ».

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Elle n’a pas peur de l’avenir