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N° 31 Juillet - Septembre 2005 |
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Le 21 avril dernier, pour la première fois, la population pygmée de la forêt équatoriale du Nord de la République Démocratique du Congo a manifesté dans la ville d’Isiro (Province orientale) pour revendiquer son droit à exister et à être respectée.
Ils étaient 2.300. Ils ont marché à pied, certains ont même parcouru 200 kilomètres. C’était pour beaucoup d’entre eux la première fois qu’ils sortaient de leur habitat, et d’un autre côté, la plupart des habitants d’Isiro n’avaient jamais vu de Pygmées. La minorité pygmée du pays (environ 200.000 personnes) est l’objet de discrimination de la part d’autres tribus. Dans le stade Nelson Mandela, devant des représentants des autorités (notamment 3 députés venus de Kinshasa) et de la MONUC (Mission des Nations Unies dans le pays), ils ont lu un discours faisant valoir leurs droits, surtout à être traités dignement et à obtenir justice.
Des droits En particulier: Justice: «Droit d’être recensés et d’avoir des pièces d’identité et de voter comme tout autre Congolais, aux prochaines élections. Égalité devant la loi, car le pygmée est un citoyen à part entière, comme tous les autres». Que cessent les formes habituelles de discrimination. Notamment: dans les tribunaux, où leurs droits sont souvent bafoués. Dans la vie ordinaire: les pygmées sont soumis au ‘Patronage’. Ils appartiennent à des ‘patrons’, qui souvent sont des chefs coutumiers ou des grandes familles bantous (ou arabisées) et qui les exploitent sans récompense convenable. Droit à l’assistance sanitaire: «Nos enfants meurent à 45% avant 5 ans (sur dix nés, seulement 4 arrivent à quinze ans)». Un rapport de l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) de l’an dernier a dénoncé les conditions de servitude dans lesquelles les pygmées vivent, exploités par d’autres communautés qui les utilisent pour la chasse, la pêche ou d’autres corvées, en échange de compensations dérisoires. L’OCDH a également déploré un niveau de santé communautaire alarmant chez les pygmées, ainsi qu’un faible niveau d’éducation scolaire. Et cela en raison de leurs coutumes et de l’abandon de l’État. Ils ne sont que 5.000 les enfants pygmées qui actuellement fréquentent l’école primaire. Droit à l’école gratuite «pour nos enfants, dans le respect de notre culture et de notre vie, avec des périodes et des programmes adaptés». Droit à «posséder des ‘parcelles’ où nous établir librement et convenablement et des terrains à cultiver». C’est curieux: les pygmées sont les ‘premiers habitants’ de la RDC, mais ils n’ont pas la propriété des terres où ils vivent !
Droit à «vivre en paix et a participer aux charges publiques». «De notre part: nous nous engageons à travailler pour notre propre développement. En particulier: à participer au travail communautaire des champs; à éviter le vagabondage ou le pillage des champs d’autrui; à améliorer les habitations et l’hygiène dans les campements; à envoyer les enfants à l’école chaque jour; à encourager la réconciliation pour construire une paix véritable dans la justice et la fraternité. P. Franko Laudani Pastorale Pygmées Diocèse Wamba
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