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N° 31 Juillet - Septembre 2005 |
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Un camarade d’école m’a envoyé un message intitulé «Des femmes font appel aux NU». En le parcourant j’ai découvert que c’était une lettre écrite à l’ONU par Mme Atyam sur les conséquences de la guerre en Ouganda du Nord sur les femmes et les enfants.
Une guerre qui dure depuis 20 ans et qui est l’œuvre de la LRA (Armée de la Résistance du Seigneur), un mouvement quasi-religieux qui a causé des ravages sans nombre. Mme Atyam est devenue une activiste parce que le matin du 10 octobre 1996, sa fille Charlotte, de 14 ans, a été enlevée ainsi que 139 autres filles de l’École secondaire catholique St. Mary d’Aboke, gérée par les missionnaires comboniennes. Les Sœurs ont réussi à obtenir la libération de 109 étudiantes. Mais de Charlotte et des 29 autres aucune trace. Dans son combat pour leur libération, Mme Atyam est entrée en contact direct avec les rebelles. La réponse de ces derniers a été: «Calmez-vous, votre fille sera libérée». Mais cette mère courageuse a défié les rebelles en disant qu’elle ne pourra se taire que si les rebelles cesseront d’enlever les gens. On a fait savoir à Mme Atyam que, comme toutes les filles enlevées, Charlotte avait été assignée à un commandant rebelle peu de temps après son enlèvement. Dans le language des rebelles cela signifie ‘mariage’. La réalité est beaucoup plus sombre: la fille est devenue une esclave sexuelle d’un commandant. Des informations arrivées par après disaient que la jeune Charlotte était enceinte et qu’elle avait risquée de mourir au moment d’accoucher d’un petit garçon. Selon des informations filtrées par des voies mystérieuses, elle a accouché plus tard d’un deuxième enfant. Cette histoire inhumaine ne s’arrête pas là. Le 4 septembre 2002 à Kamdin, dans la région d’Apac, une femme a été forcée par les rebelles à remuer des haricots bouillants avec les mains. Ses bras ont été complètement brûlés, cuits jusqu’aux os. Quelques semaines plus tard, à Lira, les rebelles ont coupé les mains d’une vieille femme paralysée. Comme si ce n’était pas assez pour eux, les rebelles l’ont enfermée dans sa hutte et y ont mis le feu. On a retrouvé le corps de la pauvre complètement carbonisé. Des atrocités quotidiennes dans cette région du pays, où la population n’a aucun moyen de se défendre. Ce n’est pas seulement l’histoire de Charlotte ou de l’Ouganda du nord, mais c’est le trauma des enfants, des filles, des femmes et des mères de l’Ouganda entière et de beaucoup d’autres pays africains et du tiers monde où les guerres civiles et tribales sont à l’ordre du jour. Des dizaines de milliers de filles et de femmes sont battues, violées et laissées avec des grossesses non désirées. 20 000 enfants ont été kidnappés. Selon le rapport, «plus de 50% des enfants retournant de la captivité sont atteints du HIV/SIDA et d’autres maladies sexuellement transmises». Quant aux filles qui arrivent à s’évader et à rentrer, le fait d’avoir eu un enfant ou plus avec les rebelles, les exposera au rejet de la part de leur famille et communauté. La guerre entraîne la perte de valeurs culturelles importantes. L’éducation, le commerce, les activités économiques sont bloquées. La population vit dans un dénouement total. Sans parler de tous ceux qui ont dû abandonner leurs villages (on estime que 800.000 Ougandais du Nord sont déplacés à l’intérieur du pays). Je me demande pourquoi ces rebelles ne sont pas considérés des terroristes tout court, qu’il faudrait arrêter et punir. Peut être, parce qu’ils n’ont pas bombardé une ambassade ou des tours jumelles. Mary B. Ebere Amakwe. Sedos
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