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N° 31 Juillet - Septembre 2005 |
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De la dictature sauve-nous Seigneur. Mais fais vite! Prière spontanée, expression d’un ras-le bol de Kunyowu (La mort est meilleure, en langue ewe du Togo), jeune universitaire de 26 ans quelques heures après que la commission électorale togolaise eût proclamé les résultats fort controversés de l’élection présidentielle du 24 avril dernier. Loin d’être un passif et défaitiste subissant les affres de la dictature et résigné à confier son triste sort à Dieu, ce jeune représente les centaines de milliers de jeunes Togolais, et pas les seuls, qui ont lutté contre le régime autoritaire de feu Gnassingbé Eyadema et redoutent qu’après lui, ne s’instaure une autre, héréditaire. Ce qui s’est passé au Togo a été particulièrement suivi dans les autres pays africains qui craignent qu’elle ne constitue un dangereux cas précédent. Mais, la dictature c’est quoi? Ceux qui la subissent sont les mieux placés pour en parler mais laissons-nous instruire aussi par des dictionnaires et encyclopédies qui nous renseignent que la dictature est un régime politique qui s’impose et se maintient par la force. C’est en général le pouvoir absolu d’un homme, parfois d’un groupe d’hommes plus ou moins étendu (parti, caste, armée, groupe religieux… et ses attributs: le despotisme, la tyrannie, l’autocratie, le totalitarisme, la monocratie.
Vivants ou morts, sur tous les continents, l’on peut citer à titre non exhaustif les figures suivantes: Hitler en Allemagne nazie, Nicolas Ceausescu en Roumanie, Francisco Franco en Espagne, Benito Mussolini en Italie, Staline en URSS, Auguste Pinochet au Chili, Milosevic en Yougoslavie, Saddam Hussein en Irak, Mobutu dans l’ex-Zaïre. Parmi eux, certains ont eu à payer les abominations de leur tyrannie (Hitler, Mussolini, etc…), d’autres ont été emportés par la mort loin du pays qu’ils avaient subjugués, d’autres encore sont dans les mains de la justice nationale ou internationale, d’autres encore sont en fuite ou en exil. En général leur sort final n’est pas enviable, mais cela ne décourage pas les anciens et pire encore les nouveaux dictateurs. L’Eglise condamne toute dictature civile ou militaire, tout totalitarisme. Voici ce qu’en dit par exemple le Catéchisme de l’Eglise: «La morale dénonce la plaie des états totalitaires qui falsifient systématiquement la vérité, exercent par les médias une domination politique de l’opinion, manipulent les accusés et les témoins de procès publics et imaginent assurer leur tyrannie en jugulant et en réprimant tout ce qu’ils considèrent comme délits d’opinion ». Les arrestations arbitraires, les assassinats d’opposants, les emprisonnements injustifiés, la mainmise sur l’économie et les ressources du pays, l’instauration du règne de la terreur, la corruption, la privatisation et politisation de l’armée, de la police ou, en certains cas, la création pure et simple d’une armée et police parallèles mieux nourries, mieux équipées et formées par rapport à l’armée et à la police nationales, sont d’autres manifestations de la dictature dans sa gestion criminelle du pouvoir public.
Vomie par tous peuples africains, et pas seulement eux, la dictature trouve paradoxalement de puissants appuis militaires, financiers, diplomatiques et médiatiques auprès de certains dirigeants du continent, et des grands pays qui se proclament démocratiques et s’autoproclament défenseurs de la démocratie et du respect des droits de l’Homme et des peuples. Le président du pays de toutes les libertés, n’a pas eu froid aux yeux, à la mort du vieux président togolais, d’affirmer: «Avec lui disparaît un ami de la France qui était pour moi un ami personnel ». Les intérêts des grandes puissances sont certainement plus importants que la vie, la liberté, la justice, la paix… des africains et d’ailleurs. Mais le moment arrive où les fous du pouvoir de tous bords cesseront leur sinistre recréation et fête sur le dos des citoyens. «Quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finit par se lever», disait Luther King. Les luttes pacifiques que les peuples mènent inlassablement porteront leurs fruits. Dieu y aidera! P. Kouévi Adjétey Louis
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