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N° 32 Octobre-Décembre 2005 |
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Plus d’une fois interpellé pour qu’il se fasse baptiser et devienne chrétien, tant les valeurs qu’il défendait sonnaient «chrétiennes », le mémorable Mahatma GANDHI répondit avec la douceur qui le caractérisait: «Le christianisme est une grande religion, malheureusement il y a des chrétiens!» Ce n’est pas Christ mais des «chrétiens» qui opprimaient son peuple… Inacceptable donc de communier avec ces gens-là! Ils ne donnaient pas la vie, ils semaient la mort et la désolation! La foi n’est pas un cake ou une liasse de billets de banque que l’on peut partager, ni un habit de trop que l’on donnerait au pauvre. Ni non plus un trésor de diamants que l’on protégerait jalousement des convoitises des individus de mauvais aloi. Elle est quoi finalement? Mais La Vie, tout simplement, cette «vie en abondance», Vie que le Messie- Dieu a promise à tous ceux qui l’aimeraient amoureusement et lui confieraient leurs existences: «Si vous saviez le don de Dieu et compreniez qui je suis et ce que je viens vous apporter, votre bonheur serait réel ici sur terre, même si pas tout à fait complet… Parce que, je vous l’ai dit, mon Père vous aimerait et nous viendrions définitivement implanter notre demeure en votre vie: vous deviendriez, chacun, la demeure de Dieu parmi les hommes, et votre nation deviendrait une nation sainte peuplée de ‘’prêtres’’, càd des gens qui vivent pour m’offrir leur vie et leurs divers travaux qui transforment le monde, pour que je les bénisse et qu’à leur tour eux deviennent bénédiction pour les autres»... Voilà ce que le «christianisme » aurait dû faire de tous ceux qui prétendent vivre plongés au coeur même de ce grand mystère de la foi qu’est «Jésus Eucharistie»! Des «dieux vivants», ceux qui sauvent, en partageant leur savoir-faire et ce qu’ils sont eux-mêmes et ce qu’ils ont de plus précieux: leur foi tenace, comme Joseph d’Égypte, à travers la défense et la promotion de la vie et l’émergence d’une humanité intégrale. Les chrétiens sont des hommes et des femmes de partage, dont la mission unique est de donner la Vie, et leur trésorerie est inépuisable parce que connectée à celle de la Trinité Sainte, Source infinie de la Vie éternelle.
Cela coûte de devenir «chemin de Dieu», mais rien en dehors de cette exigence-là ne rendrait un homme, une femme plus heureux: c’est quand il fait aux autres le don de sa vie qu’un croyant est aux portes du vrai bonheur. Saint Daniel Comboni l’Africain, mort en 1881 au Soudan, épuisé d’amour à 50 ans, le Bienheureux Père Damien De Veuster, mort à 49 ans, en 1889, lépreux au milieu des lépreux à Molokaï (Hawaï) sont des preuves irréfutables que des hommes nés d’une femme peuvent devenir en effet des «chemins de Dieu» par où Il passe pour atteindre les hommes. Le secret de leur combativité? La claire conscience d’être engagé sans retour sur la route étroite des «porteurs de Dieu»: «Scio cui credidi: je sais en qui j’ai mis ma foi» (2Tim.1,12), la confiance en ce Maître invisible mais toujours mystiquement présent dans leur existence et qui sous-tend leur constance dans le don et l’abandon de soi à Dieu au service inconditionnel des hommes. Lors de la Seconde Guerre d’Invasion, dans l’Est de la RDC, un groupe de prêtres missionnaires européens décident de ne pas fuir et de demeurer à leur «poste de combat»: ils se sont mariés à ce peuple pour le meilleur et pour le pire! La soldatesque en débandade passe par leur mission et rafle tous les véhicules et la réserve de carburant, sans les brimer, sans non plus chercher à les mettre à l’abri! Les envahisseurs triomphants et railleurs surviennent et, absolument sidérés, constatent qu’il y a encore des «Bazungu» (Blancs) dans ce coin perdu de la forêt équatoriale et qui ne bronchent pas à leur approche, mais continuent à s’occuper le plus naturellement du monde des enfants mourant d’inanition, des blessés et des malades venus chercher refuge à la Mission. Les saluant avec respect, ils passèrent leur chemin, subjugués, allant au-devant de leur destin… Une ovation spontanée surgit des mille poitrines du peuple qui chanta et dansa pour ses pasteurs, ces «Autres Christ» ! |
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