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N° 33 Janvier-Mars 2006
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L’idéal est bien élevé et l’ambition très grande: l’Onu, née il y a 60ans, vise être cet héritage commun pour promouvoir la paix et veiller au respect des droits de l’homme et des peuples, créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et de l’état de droit, favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande (Kofi Annan). Il s’agit d’œuvrer ensemble comme le souligne l’Assemblée du Millénaire- pour mettre l’humanité à l’abri du besoin (action en faveur du développement), à l’abri de la peur (action en faveur de la sécurité) et assurer un avenir viable(action en faveur de l’environnement). Ce faisant, on arriverait à parfaire le triangle où pourront converger harmonieusement le développement, la liberté et la paix.
Après avoir réaffirmé solennellement les valeurs fondamentales communes aux Etats membres à savoir «la liberté, l’égalité, la solidarité, la tolérance, le respect de tous les droits de l’homme, le respect de la nature et le partage des responsabilités», les représentants de 191 Etats membres de l’ONU se sont engagés en ces termes: «Nous sommes résolus à instaurer une paix juste et durable dans le monde entier conformément aux buts et aux principes énoncés dans la Charte des Nations Unies. Nous réaffirmons notre volonté de tout faire pour défendre l’égalité souveraine et le respect de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de tous les États, nous abstenir de recourir dans les relations internationales à la menace ou à l’emploi de la force en violation des buts et principes des Nations Unies, régler les différends par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international» (New York, Document final de la 60ème Assemblée générale). On reconnaît à l’Onu bon nombre d’actions positives depuis sa création jusqu’aujourd’hui. Elle a en effet travaillé pour éviter des guerres catastrophiques; elle a aidé des pays dominés et exploités à recouvrer leur indépendance, soulagé des êtres désespérés, protégé les ressources naturelles de la planète et promu la reconnaissance universelle des droits de l’homme. Elle s’efforce de promouvoir une mondialisation inclusive et d’être présente sur beaucoup de fronts dans des pays déchirés par des guerres ou conflits presque toujours inutiles et stupides (RD Congo, Liberia, Sierra Leone, Afghanistan, Éthiopie, Érythrée, Iraq, etc.). On lui a décerné aussi 5 Prix Nobel de la Paix dont le dernier à Kofi Annan et son équipe, le 10 décembre 2001.
Mais des déboires, elle en a eues aussi et non des moindres comme la gestion de crise en Iraq, les scandales sexuels et économico–financiers (RD Congo), la corruption , sans oublier la tragédie du génocide rwandais. Il faut mentionner aussi la manière déséquilibrée du pouvoir en son sein où parfois l’humanité est prise en otage par des membres du conseil de sécurité. Les pauvres, frustrés, récriminent contre elle, tandis que les puissants (États Unis par exemple) la combattent subtilement par des pressions économiques, le dénigrement et le chantage. Il semble toutefois vrai que la plupart de ceux qui la critiquent le font parce qu’ils pensent qu’elle a un rôle crucial à jouer dans notre monde aujourd’hui encore. Il n’est donc nullement question de supprimer l’ONU mais de la reformer en profondeur comme d’ailleurs cela est admis pour l’adapter aux défis, aux besoins et opportunités de notre XXIème siècle où un grand nombre d’êtres humains sont toujours sans défense contre la faim, la maladie, la violence et la dégradation de l’environnement, alors que le monde dispose des moyens de les sauver. Le contexte mondial est aussi celui où «les véritables frontières ne séparent par les nations, mais les forts et les faibles, les privilégiés et les humiliés, les hommes libres et ceux qui vivent dans les fers» et où «Aucun mur ne peut plus empêcher une catastrophe humanitaire ou des violations systématiques des droits de l’homme dans un pays, de mettre en péril la sécurité nationale d’autres pays situés aux antipodes» reconnaissait le Secrétaire général de l’Onu avant d’ajouter que «Dans le monde d’aujourd’hui où tout se tient, ou bien nous nageons ensemble, ou bien nous coulons tous» (New York 14 septembre 2005) Notre humanité a besoin d’une ONU solidaire, efficace, cohérente, dynamique, démocratique, plurielle et l’un des ses organes à réformer immédiatement semble être le Conseil de sécurité. Tous les pays ont droit à la parole et au respect. La responsabilité d’une «Nouvelle ONU» incombe aux chefs d’État et de gouvernement mais aussi aux Organisations de sociétés civiles et aux Peuples! P. Louis Kouévi Adjétey |
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ONU : 60 ans |