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N° 33 Janvier-Mars 2006
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Le décret de Vatican II, Ad gentes, vient de célébrer son 40è anniversaire (7 décembre 1965). Un an plus tard, le 8 décembre 1975, Paul VI publie l’exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, annoncer l'évangile dans le monde moderne. Des textes indiquant la route à suivre pour l’évangélisation au début du 3è millénaire.
L'Église doit tendre «de tout son effort vers la prédication de l'Évangile à tous les hommes. Les Apôtres eux-mêmes, en effet, sur lesquels l'Église a été fondée, ont suivi les traces du Christ, prêché la parole de vérité et engendré des églises. Le devoir de leurs successeurs est de perpétuer cette œuvre, afin que "la parole de Dieu soit divulguée et glorifiée" (2Thess 3,1), le Royaume de Dieu annoncé et instauré dans le monde entier». Dès son avant propos, l’Ad gentes rappelle que l’Église n’existe que pour annoncer l’évangile. Et dans un monde qui change. Dans le passé, nous étions habitués à distinguer entre une Église qui envoie des missionnaires et une Église qui reçoit des missionnaires. Les efforts d'évangélisation se concentraient pour porter l'Évangile aux non-chrétiens, un mouvement allant du centre vers la périphérie. L’Ad Gentes affirme qu’aujourd'hui ce mouvement s'est enrichi d'autres mouvements: de la périphérie vers le centre, en ce sens que les "nouvelles Églises" donnent leur propre témoignage et peuvent à leur tour évangéliser les "anciennes Églises". L'Europe est en train d'apprendre à son tour de l'Amérique Latine, de l'Afrique et des Églises d'Asie. Nous entrons dans une période d'écoute mutuelle et de coresponsabilité. Ce décret donne au laïc, en particulier, sa juste place dans la mission de l'Église. Il travaille à ce que l'Évangile soit connu et reçu dans tous les milieux, spécialement lorsque ce n'est que par le laïc que ce message peut être entendu et le Christ connu.
Voici un chrétien En septembre 1974 les évêques du monde entier sont conviés à un 4è Synode qui, pendant un mois, planchera sur «l’évangélisation dans le monde moderne». Le Concile avait marqué le début de toute une série de réflexions et de discussions sur l’Église et sur l’engagement pour la justice, la libération et le développement comme partie intégrante de sa mission d’annoncer l’évangile. Pour toute communauté existe le danger de se concentrer sur ses propres problèmes et que l'impulsion de l'évangélisation s'affaiblisse. Si cela existe, il est important de mettre devant nos yeux le défi de l'évangélisation, ont dit les Évêques. l Le monde est d’une grande complexité, écrit Paul VI. Aux peuples qui n’ont jamais entendu parler de Jésus-Christ, il faut ajouter la masse des athées, des incroyants, des baptisés non pratiquants. On nous propose tous les jours, sous les formes les plus diverses, une civilisation de consommation, une volonté de puissance et de domination, des discriminations de toute sorte. Dans ce même monde moderne, d’autre part, paradoxalement, on ne peut pas nier l’existence de valeurs évangéliques au moins sous la forme d’un vide ou d’une nostalgie. Il ne serait pas exagéré de parler d’un puissant et tragique appel à être évangélisé.
Annoncer quoi? «Il n’y a pas d’évangélisation vraie si le nom, l’enseignement, la vie, les promesses, le Règne, le mystère de Jésus de Nazareth Fils de Dieu ne sont pas annoncés» (n. 22).
Comment annoncer?, se demande encore le Pape. D’abord par le témoignage. «L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres; ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins (n. 41)...«Voici un chrétien ou un groupe de chrétiens qui, au sein de la communauté humaine dans laquelle ils vivent, manifestent leur capacité de compréhension et d’accueil, leur communion de vie et de destin avec les autres, leur solidarité dans les efforts de tous pour tout ce qui est noble et bon. Voici que, en outre, ils rayonnent, d’une façon toute simple et spontanée, leur foi en des valeurs qui sont au-delà des valeurs courantes, et leur espérance en quelque chose qu’on ne voit pas, dont on n’oserait pas rêver. Par ce témoignage sans paroles, ces chrétiens font monter, dans le cœur de ceux qui les voient vivre, des questions irrésistibles: Pourquoi sont-ils ainsi? Qu’est-ce - ou qui est-ce - qui les inspire? Un tel témoignage est déjà proclamation silencieuse mais très forte et efficace de la Bonne Nouvelle. Il y a là un geste initial d’évangélisation. A ce témoignage, tous les chrétiens sont appelés et peuvent être, sous cet aspect, de véritables évangélisateurs» (n. 21). Jérôme Atuivi |
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Que l’évangile soit connu |