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N° 34 Avril - Juin 2006 |
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La tradition est respectée: un avion de la compagnie aérienne Ruwenzori Air Asala, desservant Beni, Bunia et Aru dans le nord du district de l'Ituri, s'est écrasé le mardi 3 janvier 2006. Les trois passagers de l'appareil ont été blessés. C’était le premier accident d'avion en RDCongo cette année, après 16 survenus en 2005, dont 10 ont fait 67 mort.
Le 24 janvier, un deuxième accident : un Antonov 12 de la compagnie aérienne Aérolift s’est écrasé à son atterrissage à l’aéroport de Bipemba (Mbuj-Mayi): sans victimes, Dieu merci. Selon Aviation Safety en RDCongo les accidents d’avion au cours des dernières 25 années ont été 91. Parmi les plus graves: celui du 8 mai 2003 lorsque, selon la Télévision nationale, la porte arrière a cédé et 160 passagers ont été ‘sucés’ hors de l'avion, un Illyushin 76. Dans la mémoire des gens de la capitale reste toujours très vif le souvenir de l’accident du 8 janvier 1996: un Antonov AN-32B, probablement surchargé, s’est écrasé, après un décollage manqué de l’aéroport de Ndolo, sur le marché tout proche. Le crash a fait 273 morts (dont les 6 membres de l’équipage) et 221 blessés.
En 2005 le Gouvernement de la RDCongo a retiré les autorisations de vol de 33 compagnies aériennes nationales. Le 25 janvier 2005 les Nations Unies avaient publié le Rapport du Groupe d’experts sur la RDCongo. Une soixantaine de pages, presque un document-fiction, notamment lorsqu’il est question d’avions, de violations de l’espace aérien, de combines dans les aéroports, de trafic d’armes et de minerais (or, cassitérite, etc.). Les terrains d’aviation étant très nombreux et les pistes d’atterrissage souvent très isolées, les opérations se déroulent sans trop de problèmes, explique le Rapport. Les avions qui servent généralement pour le transports d’armes sont le monomoteur Antonov 2, et les bimoteurs Antonov 8, Antonov 28 et Antonov 32, qui peuvent atterrir sur des pistes mal entretenues ou de fortune. «Il n’y a que quelques compagnies qui respectent les normes internationales de l’aviation et les lois congolaises». On y retrouve des avions ayant changé leur immatriculation car ils sont soupçonnés d’avoir été utilisés pour violer l’embargo sur les armes au… Libéria. Des avions repeints à la hâte pendant la nuit, immatriculés Dieu sait où, soupçonnés de transporter des armes, des soldats et des miliciens, devenus inestimables pour les réseaux d’affaires locaux et les acteurs politiques, car leurs frais d’exploitation défient toute concurrence. L’utilisation de ces appareils engendre des coûts moindres, précisément parce qu’ils ne sont ni convenablement entretenus ni assurés. «Il y a tant d’avions effectuant des vols illicites à destination et au départ de l’est de la RDCongo que la surveillance des transferts aériens d’armes à des destinataires visés par l’embargo est une tâche extrêmement ardue». Le Groupe d’experts avait tenté d’inspecter 26 appareils dans les aéroports de Bukavu et de Goma, dont «11 immatriculés en RD Congo, 4 au Rwanda, 3 en Guinée équatoriale, 2 au Burundi, 2 au Swaziland, 1 en Afrique du Sud, 1 en République de Moldavie, 1 en Sierra Leone, et 1 portant une immatriculation libérienne périmée. Les résultats de cette inspection: ce n’est que pour 3 avions que les pièces présentées étaient en cours de validité»! |
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Ils tombent! |