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N° 34 Avril - Juin 2006 |
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C’est le 28 mai que la journée mondiale des communications sociales sera célébrée cette année. Dans ce contexte, le pape Benoît XVI a adressé un message pressant dont le thème est: «Les medias: réseaux de communication, de communion et de coopération». Le pape invite les medias à démanteler les murs de division et d’hostilités, et à construire ensemble la civilisation de l’amour. Les moyens de communication doivent être des protagonistes de la vérité et des promoteurs de la paix. Ce qui implique plusieurs défis à relever.
On est tous d’accord: les moyens de communication sociale facilitent l’échange des informations, des idées et favorisent le dialogue et la compréhension mutuelle entre les communautés et les groupes. Les médias peuvent devenir des instruments influents et appréciés pour construire la paix et la civilisation de l’amour, à laquelle tous les peuples aspirent. Cependant, note le pape, dans son message, la réalité quotidienne nous montre que les médias ne contribuent pas toujours à baliser la route à la compréhension mutuelle entre les peuples. Très souvent, ils exaltent la violence et excitent à la haine. Au lieu de présenter les choses qui pourraient contribuer à la consolidation de la paix et de la concorde, les média semblent parfois renforcer les antagonismes traditionnels, le clivage entre des groupes ethniques ou régionaux, la distance entre les gouvernants et les gouvernés, etc. "Comment ne pas rester sérieusement préoccupés, face aux mensonges de notre temps, qui sont comme le cadre de menaçants scénarios de mort dans de nombreuses régions du monde? La recherche authentique de la paix a son point de départ dans la conscience que le problème de la vérité et du mensonge concerne tout homme et toute femme, et qu'il se révèle décisif pour un avenir pacifique de notre planète", dit le pape.
Les trois quarts Téléphone, ordinateur, télévision, internet etc. sont en train d’opérer une révolution ‘historique’. Internet, par exemple, a envahi le monde en tissant une véritable Toile d’araignée (en anglais web) à l’échelle planétaire. Mais notre monde n’est pas parfait. Selon les statistiques de l’UIT (Union Internationale des Télécommunications), à la fin de l’année 2005, sur les 6,2 milliards de la population mondiale, il y avait seulement 1,2 milliard des personnes ayant accès à l’internet, soit 14,6 % de la population mondiale. Deux milliards n’auraient jamais passé un coup de fil de leur vie. Toujours selon ces mêmes statistiques, seuls 1,2 milliard avaient une ligne fixe et un peu plus de deux milliards avaient un téléphone mobile. En Afrique, seuls 1,8% de la population ont l’accès à l’internet.
La question La fracture numérique a fait partie des défis majeurs à relever, que s’était fixé le sommet mondial de la société de l’information (SMSI) tenu à Tunis (Tunisie) en novembre de l’année dernière. Un sommet qui a rassemblé les représentants de 170 pays et qui s’est penché sur les solutions techniques indispensables pour réduire le fossé entre la minorité qui a accès aux technologies de l’information et de la communication, et la majorité qui n’en soupçonne même pas l’existence. Les spécialistes ne désespèrent pas et pensent parvenir un jour à réduire cette fameuse fracture numérique. Pour cela, ils tablent sur la recherche et la mise en place des technologies moins coûteuses. Oshyo Utsumi, secrétaire général de l'Union internationale des télécommunications (UIT), organisatrice du Sommet de Tunis, a affirmé que connecter à l'Internet les quelque 800.000 villages encore coupés de la Toile coûterait au total un milliard de dollars d'ici à 2015. Cela représente à peine 1% de l’investissement annuel mondial dans la téléphonie mobile. Motorola vient d’annoncer deux modèles de téléphones portables pour les ‘marchés émergeants’, qui ne coûteraient que 30 dollars!
A Tunis il y eut aussi des épisodes d’intolérance. Juste quelques jours avant l'ouverture du sommet, des journalistes et militants des droits de l’homme ont été insultés puis roués de coups par la police. Le secrétaire gén. des NU, Kofi Annan, a rappelé que les droits de l'homme et la liberté, en particulier la liberté d'expression, doivent rester "l'es-sence de la société de l'information". C’est la liberté qui permet aux habitants de tous les pays de tirer parti des connaissances, aux journalistes de faire leur métier et aux citoyens de demander des comptes à leurs gouvernements», a déclaré Kofi Annan.
Ce qui unit Pour être réellement au service du bien commun et de la civilisation de l’amour, les média sont appelés à aider les hommes et les femmes, les jeunes et adultes à devenir plus conscients de la dignité de la personne humaine, plus responsables et plus ouverts aux autres, surtout aux nécessiteux et aux faibles. Ils doivent écarter ce qui divise en faveur de ce qui unit, afin qu’ils deviennent un facteur toujours constructif. Ce qui suppose d’avoir des média réellement libres et responsables, capables de promouvoir les valeurs fondamentales de la vie sociale. Ceux qui opèrent dans le domaine des médias sont appelés à offrir des événements une lecture objective et respectueuse des différentes opinions. Rien qu’en faisant bien leur travail, les journalistes peuvent jouer un rôle essentiel dans la promotion de la démocratie et la lutte contre la corruption. Nombreux parmi eux sont ceux qui mettent en jeu leur vie et leur liberté au service de la promotion d’une gouvernance transparente et responsable et du bon comportement des entreprises. Selon Reporters sans frontières. en 2005 les journalistes tués ont été 63 (en 2004, 53; en 2003, 40). Le message du pape termine en indiquant que la voie pour une présence constructive des médias dans la société passe par trois étapes: la formation des utilisateurs à l’esprit critique, la participation et le dialogue. La formation à bien comprendre le langage des médias, en particulier, permettra aux utilisateurs de les employer d’une manière intelligente et responsable, d’éviter toute manipulation et de «construire la civilisation d'amour à laquelle tous les peuples aspirent».
Louis K. Kalantanda |
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