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N° 34 Avril - Juin 2006 |
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P. Samuel Mbambi Muanda est un missionnaire Combonien, originaire de la paroisse Sainte Félicité de Kisenso, Kinshasa. Il travaille au Guatemala.
* Missionnaire au Guatemala ! Oui, je suis arrivé dans ce pays de l’Amérique Centrale il y a trois ans et je suis en train de faire une bonne expérience d’insertion dans cette terre, où je suis venu comme missionnaire, et de mieux comprendre que le fait de laisser son pays, sa culture, les personnes qu’on aime…. c’est merveilleux.
* Tes premières impressions ? J’ai été bien accueilli par les gens. Et cela m’a aidé sans doute à entrer dans une culture qui n’est pas la mienne. Les premiers contacts m’ont fait comprendre l’importance de la langue dans la vie d’un missionnaire et en quelques mois j’ai appris à me débrouiller. Les gens ont un grand désir de communiquer et cela sert d’encouragement.
* Est-ce qu’on te pose des questions? La présence d’un missionnaire africain provoque leur curiosité. Ils me demandent, par exemple, pourquoi j’ai quitté l’Afrique, un continent où l’on dit qu’il y aurait besoin de missionnaires, pour venir travailler jusqu’ici. Dans mes réponses je cherche à faire passer le message que je considère toujours plus actuel: celui de l’universalité de l’Église. Le monde entier est ‘terre d’annonce’, même là où les chrétiens sont la majorité. Il y a partout des injustices, des conflits, des contre-valeurs, qui attendent qu’on parle de réconciliation, de respect de la vie de chaque homme, enfin, de l’amour de Dieu.
*On dit que désormais on retrouve partout des situations de mission. Mais oui ! Ici, terre de mission est, par exemple, la jeunesse. La violence juvénile a atteint un niveau très élevé. Des bandes de jeunes, garçons et filles, appelés Maras, qui volent, tuent, sèment la terreur sous le prétexte que c’est leur façon de gagner la vie dans une société qui n’offre pas beaucoup de perspectives. Une réalité difficile, qui défie l’Église. Celle-ci, d’ailleurs, ne reste pas les bras croisés et organise, par exemple, des programmes de récupération de ces jeunes, des retraites, des concerts avec témoignages, etc.
* Est-ce qu’il y a des jeunes qui aimeraient devenir missionnaires ? C’est justement dans ce domaine que je travaille. En particulier avec les jeunes qui manifestent un certain intérêt pour l’annonce de l’évangile. Sortir, aller surtout vers les États-unis, trouver un boulot à faire, c’est le souci de tous. C’est là qu’un discernement s’impose, c'est-à-dire qu’il faut accompagner ceux qui manifestent le désir de partager notre vie. Je crois qu’aussi en Amérique le rêve de Comboni peut devenir réalité: ‘sauver l’Amérique par l’Amérique’! Un travail passionnant mais qui demande beaucoup d’amour et de perspicacité: les jeunes sont attirés par les messages très matérialistes qu’ils reçoivent du matin au soir, où pratiquement il y a peu de place pour d’autres valeurs. Tout le monde veut avoir et avoir plus.
*Quelque chose dont tu gardes, d’une manière particulière, un bon souvenir ? En novembre 2003 le Guatemala reçut le CAM II, le Congrès Missionnaires Américain. Environ 3.000 participants, délégués de tout le continent. Une grande manifestation de foi. Les communautés chrétiennes ont été invitées ‘à donner à partir de leur pauvreté’. «Église d'Amérique, ta vie est mission», on a répété, c'est-à-dire tu es appelée à partager avec le reste du monde la foi que tu as reçue. Ça a été très beau. Le cardinal C. Sepe a rappelé les mots de Jean Paul II: «Chers Fils et Filles de l'Église en Amérique, c'est à vous qu'il revient d'être les artisans de l'évangélisation au troisième millénaire, et il dépend de vous que l'Amérique latine, continent évangélisé devienne, au troisième millénaire, un continent évangélisateur qui se tourne vers l'Europe, l'Afrique et les peuples d'Asie». |
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C’est merveilleux |