N° 34  Avril - Juin 2006

Dominic Dipio, religieuse, professeur de littérature à l’université Makere (Kampala), a interviewé une dizaine de femmes: « Le succès dans la vie,

c’est quoi pour vous? »

 

 

* Irène Kulabako, présentatrice de la TV ougandaise.

Pour moi, le succès: pouvoir influencer et changer en mieux la vie de quelqu'un, par mon programme à la télé.

 

* Winnie Nankya, enseignante, 40 ans.

Quand mes étudiants, après avoir été reçus aux examens avec mention, deviennent des individus importants et honnêtes dans la vie, cela me donne un sentiment de réussite et de satisfaction. Cela signifie qu'ils ont bien appliqué ce que j’avais leur enseigné.

 

* Betty Kamya, engagée dans l’activité politique.

On peut mesurer le succès de différentes manières: être propriétaire de sa propre maison; être une bonne mère tout en suivant une carrière politique; voir mon parti gagner les élections et satisfaire les promesses faites au peuple.

D'un point de vue moral, succès signifie être heureux avec ce qu’on a, soit au niveau de la famille soit dans la vie publique.

 

* Victoria Okello, 69 ans, mère de dix fils.

Un bon mariage est un signe de succès, ainsi qu’être une bonne mère de famille, soucieuse de l’éducation des ses enfants; avoir de l’affection maternelle non seulement pour ses propres fils mais pour n'importe qui. Cela attire la bénédiction de Dieu. J’ai pu éduquer mes enfants et maintenant je m’occupe de mes petits enfants. Voilà ce que j’appelle succès.

 

* Joyce Kalanzi, commerçante, 45 ans.

M’occuper de mes enfants, arriver à payer les taxes scolaires jusqu’à l’université, mettre à côté et investir de l’argent pour quand on sera vieux, voilà mon idée de réussite.

 

* Milly Mirembe, commerçante, 26 ans.

Faire un bon mariage, religieux et non pas une cohabitation avec un homme qui n'a pas payé la dot. Qu’on ait des enfants, être capable de les bien éduquer, trouver un bon travail, bâtir une maison pour ses parents et être heureuse avec son propre mari.

 

* Aisha Ibrahim, employée dans une agence de tourisme.

Recevoir une bonne éducation, avoir un travail satisfaisant, faire un mariage heureux et avoir des enfants.

 

* Babirye Ann, 24 ans, ouvrière dans une boulangerie.

Arriver à avoir une autosuffisance économique, faire les choses qu'on aime faire sans y être obligées par la force.

 

* Harriet Akinyi, avocat, 34 ans.

Pouvoir poursuivre ma carrière. C’est elle qui m’a permis de maintenir ma famille et de partager avec mon mari plusieurs responsabilités. J'ai obtenu beaucoup de ma carrière et je m’y consacre plus qu’à toute autre chose.

 

* Deborah Namazzi, étudiante, 22 ans.

Achever les études et trouver un bon travail. Cependant, ma plus grande aspiration c’est d’aller au ciel après avoir vécu sur la terre.

 

* Et pour moi?

Pour une religieuse qui enseigne dans une université d’État, avec plus de 30.000 étudiants, c’est la joie de communiquer avec mes étudiants. Si une fois terminée l'université, ils garderont comme point de référence et mettront en pratique certaines valeurs acquises grâce à la médiation de mon enseignement, je serai heureuse.                

Le succès