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N° 34 Avril - Juin 2006 |
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Aux grands maux, de grands remèdes! Adage fameux applicable aussi en Afrique pour nos populations opprimées et humiliées mais qui refusent de capituler. Les grands maux d’Afrique – et d’ailleurs - sont bien connus et ont pour noms: dictature, amateurisme et criminalité dans la gestion du pouvoir, exclusion politique et économique, corruption, injustices, guerres et conflits, pillages, pauvreté galopante, maladies, réfugiés et exilés, dette injuste et immorale, la loi de la jungle où les plus forts économiquement et politiquement «bouffent» sans pitié les plus faibles, l’impunité, etc. Les victimes de ces drames sont surtout les femmes devenues parfois des cibles des seigneurs de guerres fous et des militaires sans idéaux; les enfants dont certains à 5 ans sont des vendeurs de pétrole ou autres produits de première nécessité, à 12 ans transformés (e) s en chair à canons en enfants soldats ou prostituées à la merci des passants «ordinaires» et même des fonctionnaires des organisations internationales, à 16 ans épuisé(e)s et condamné(e)s à mort «naturelle».
Les autres victimes sont les jeunes (diplômés ou pas) à l’avenir bouché, les fonctionnaires et agents de l’État paupérisés, entre autres, par une cure mortelle imposée par les politiques suicidaires d’institutions internationales auxquelles sont soumises les politiques nationales de développement, etc. Les remèdes aux maux de l’Afrique ne sont point un mystère. La solution à nos crises multiformes, à nos reculs inacceptables sont, en particulier, l’instauration de la démocratie et de l’État de droit, le dynamisme d’une société civile éveillée en étroite symbiose avec le Peuple, une jeunesse laborieuse, exigeante envers soi et envers les dirigeants, des populations informées et formées qui connaissent leurs droits, savent les défendre et remplir aussi leurs devoirs, des citoyens qui participent activement à la vie socio -politique et économique de leurs pays, le développement, la gestion orthodoxe de l’économie, le respect du bien commun, la solidarité… L’un des grands remèdes demeure aussi évidemment la qualité de ceux qui nous gouvernent et au regard des défis évidents, l’Afrique a besoin des hommes et des femmes qu’il faut à la place qu’il faut, des dirigeants qui aiment leurs peuples et travaillent pour eux, des patriotes et nationalistes convaincus et convaincants, des serviteurs et non des potentats. Notre continent a besoin toujours plus des chefs d’États instruits et compétents, rassembleurs et pacifiques sachant passer démocratiquement et sereinement le pouvoir à d’autres à échéance de leur mandat; des élus certes ouverts à la coopération internationale mais qui savent aussi dire NO aux diktat absurdes des nouveaux colons prédateurs. On ne leur demande certes pas d’être des anges mais qu’ils se montrent tout simplement à la hauteur de la tâche à eux confiée par le Peuple. Sur la liste actuelle de nos chefs d’État (cas de l’Afrique) on trouve des adultes et des jeunes, des bien-portants et des malades, des intellectuels et des semi- illettrés, des «professionnels» et des amateurs, des «vieux- doyens» et des «petits-fils», des civiles et des militaires ayant plus ou moins renoncé aux armes, des hommes et… une femme, Ellen Sirleaf (pour le moment…). Aujourd’hui, aucun d’eux n’ose se prendre pour une divinité. Certains de leurs prédécesseurs se sont décernés le titre d’empereur, de maréchal ou ont même poussé leur folie de grandeur à s’autoproclamer Messie. Tous seraient des croyants: catholiques, protestants, musulmans, orthodoxes, adeptes de la religion traditionnelle, des Églises de réveil ou de quelques sectes. Courtisés, notamment par les États-unis, l’Union Européenne, la Chine, la Russie etc. pour leur docilité et complicité dans le pillage du continent, certains chefs d’État sont de véritables cas de conscience pour leurs populations humiliées. On pourrait citer parmi les déchus: Hissène Habré, Charles Taylor, H. M. Mengistu, le défunt Idi Amin Dada... Les intérêts du Peuple ne sont pas très souvent ceux des mafias politico-economico-financières internes et externes pour qui la vie humaine, la dignité et les droits des personnes et des peuples compte peu.
P. Louis Kouévi Adjetey |
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Quels chefs d’État? |