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N° 35 Juillet - Septembre 2006 |
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Exclus et invisibles. C’est le titre du long rapport 2006 que l’UNICEF consacre à la situation des enfants dans notre monde: notamment, de ceux qui n’ont pas accès à une assistance médicale convenable, à l’éducation, à différentes formes de protection. Les enfants qui risquent l’exclusion ou l’invisibilité, on les trouve dans tous les pays, dans toutes les sociétés. «Un enfant exclu, c’est qui? C’est une fillette qui élève ses quatre petits frères et sœurs dans une bidonville du Venezuela; ou une jeune cambodgienne qui vit seule avec ses frères parce que sa mère est partie chercher du travail ailleurs; un adolescent jordanien qui travaille pour aider sa famille et ne peut pas jouer avec ses amis; un orphelin du Botswana dont la mère est morte du sida ; une jeune fille sur un fauteuil roulant qui ne peut pas aller à l’école en Ouzbékistan ». Ou une élève ravie par les rebelles de l’Armée de Résistance su Seigneur (Ouganda du Nord) et transformée en esclave sexuelle. Ou un enfant de l’Est de la RDC, enrôlé dans une armée qui très tôt lui apprend à tuer. Le dossier central d’Afriquespoir permet de mieux connaître ce scandale de notre temps. Ce numéro parle aussi d’un thème très actuel, celui des partis politiques. Les dérapages de certaines formations politiques peuvent conduire à croire que les partis divisent les gens: or c’est le contraire qui est vrai, les partis politiques rassemblent les gens. Les Évêques kenyans écrivaient en 1994: «Certains leaders africains, dans leur répugnance à accepter la démocratie, justifient le parti unique ou même la dictature, en invoquant que dans la tradition africaine les partis n’existaient pas… Il est clair que la démocratie a fait son apparition en Afrique comme réponse aux excès du parti unique, du dictateur… Les Africains veulent changer et s’attendent qu’on arrive à une façon de gouverner où l’on puisse participer davantage et capable d’offrir des réponses aux maux de chaque pays. L’Afrique va vers une deuxième libération et la démocratie fait partie de ce processus». Au fond, la vocation des partis politiques est celle d’unir le peuple. La présence des partis assure la nation qu’elle n’est pas dans les mains de n’importe qui, mais de gens qui la représentent. Les citoyens savent que leur sort n’est pas confié à des individus qui sont arrivés au pouvoir n’importe comment (fraude, tribalisme, force des armes), mais grâce à leur choix. Le mot «parti» renvoie directement aux individus qui le représentent, c’est-à-dire aux politiciens. Partout on aimerait avoir des politiciens comme il faut. C’est un sujet dont tous parlent et autour duquel les conseils, les espoirs et les mises en garde foisonnent. Surtout la crainte qu’ils ne respecteront pas les promesses faites pendant la campagne électorale. Dans une école on a posé aux élèves la question suivante: «Un politicien devrait avoir quelles qualités?» Les élèves ont exprimé des avis très partagés: il doit être intelligent, sincère, honnête, cohérent entre la vie politique, la vie privée et la vie professionnelle, respecter ses adversaires, défendre l’intérêt général avant l’intérêt particulier, se tenir au courant des préoccupations de ses concitoyens, avoir l’esprit de service… Et beaucoup d’autres qualités. Les pages 10-11 de ce numéro font mémoire de Thomas More, un politicien déclaré par Jean Paul II 'patron' des hommes politiques. Ses qualités? «Il se distingua par sa constante fidélité à l’autorité et aux institutions légitimes, précisément parce qu’il entendait servir en elles non le pouvoir mais l’idéal suprême de la justice». Par sa mort il n’a pas seulement défendu la liberté de l’Église. Il a aussi payé de son sang une très haute idée de l’État qu’il refusait de voir soumis aux caprices d’un souverain. Il a surtout offert sa vie en clamant qu’on n’a pas le droit de séparer la politique des impératifs de la conscience. Ae |
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Très actuel ! |
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Éditorial |