N° 35 Juillet - Septembre 2006

Depuis l'arrivée du Nerica, ‘New Rice for Africa’ (nouveau riz pour l'Afrique), dans les rizières ivoiriennes et guinéennes ou de l’Afrique de l’Est certains paysans

se prennent à rêver d'une vie différente.

 

C’est une nouvelle variété de riz, hybridation réussie entre un riz africain et un riz asiatique, résultat de dix ans de recherches, notamment de M. Monty Jones, un savant de la Sierra Leone, qui a trouvé de nouvelles façons de croiser des espèces courantes de riz africain et asiatique. Nerica allie les caractéristiques de ces deux variétés : la résistance à la sécheresse et aux parasites, des rendements supérieurs même avec peu d'irrigation ou d'engrais et une teneur en protéines plus élevée que les autres variétés de riz. Et tout cela, malgré ixx ans de difficultés. Jusqu'aux années 1990, en effet, le siège de l'ADRAO se trouvait à Monrovia (Libéria). Mais la guerre civile a détruit les laboratoires de recherche et les banques de semences de l'ADRAO et contraint le centre à s'installer en Côte d'Ivoire. L'ADRAO a investi dans ce nouveau site 30 millions de dollars, mais lorsque la guerre civile a éclaté en Côte d'Ivoire en septembre 2002, Elle a de nouveau dû partir. Les chercheurs de l'ADRAO travaillent maintenant à Bamako (Mali), Nerica résiste aux maladies et aux insectes, s'acclimate aux sols pauvres et s'accommode de la sécheresse, tout en étant plus riche en protéines et en ayant des rendements élevés et un cycle de croissance réduit. Contrairement au riz africain traditionnel, le Nerica donne des récoltes beaucoup plus importantes. Il a même un rendement plus élevé que les deux variétés dont il est issu. Chaque panicule (grappe) de la variété africaine compte une centaine de grains. Chaque panicule de la variété asiatique en compte environ 250. Mais les panicules du Nerica en comptent 400 en moyenne. Cela veut dire que même sans intrants, le Nerica peut donner de 1,5 à 2,5 tonnes de riz par hectare, contre une tonne ou moins en moyenne pour les variétés traditionnelles.

Chaque grain de riz de Nerica comprend également plus de protéines que les deux variétés d'origine.

Le Nerica pousse beaucoup plus vite. La récolte se fait en général de 90 à 100jours après l'ensemencement, contre 120 à 140 jours dans le cas, par exemple, des variétés asiatiques de riz pluvial utilisées en Afrique de l'Ouest.

Cela permet aux fermiers non seulement de toucher plus rapidement l'argent provenant de leurs ventes sur les marchés, mais aussi de consacrer le temps ainsi gagné à d'autres cultures.

Dès les premiers stades de sa croissance, le Nerica pousse abondamment, près du sol, et arrive à étouffer les mauvaises herbes. Autant d'avantages qui peuvent permettre d'atteindre la sécurité alimentaire et de réduire les importations de riz. En Côte d'Ivoire, selon le socio-économiste de l'ADRAO, Alioune Diagne, "environ 4.000 paysans ont adopté le Nerica depuis le lancement de la campagne de diffusion et l'homologation de deux variétés par le gouvernement en 2001". 140.000 producteurs ont adopté le Nerica en 2005. Au milieu de l'année 2003, une ou plusieurs variétés de Nerica étaient diffusées dans 10 pays de l'Afrique de l'Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Mali, Nigéria, Sierra Leone et Togo). Le Nigéria compte à lui seul environ la moitié des 840.000 hectares de riziculture de l'Afrique de l'Ouest.

La Banque africaine de développement a annoncé qu'elle contribuerait à financer la diffusion à plus grande échelle au Nigéria de variétés de Nerica, dans le cadre d'un programme doté d'un budget de 31 millions de dollars et mené dans sept pays.

Les services de vulgarisation agricole du Gabon ont commencé à faire la promotion du Nerica. L'Ouganda, a distribué une variété de Nerica spécialement mise au point dans ce pays. Ethiopie, Kenya, Madagascar, Malawi, Mozambique, Tanzanie expérimentent actuellement plusieurs variétés de Nerica. L'engouement des agriculteurs africains pour le Nerica suscite un enthousiasme croissant de la part des donateurs, des organismes de développement et des centres de recherche.

Source, Afrique Relance, N.U.

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