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N° 35 Juillet - Septembre 2006 |
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Jeannette Makenga et Alphonsine Kitumua, religieuses congolaises de la Congrégation des Missionnaires du Christ Jésus, travaillent au Venezuela.
Poussées par l’amour de Dieu elles sont venues au Venezuela, au diocèse de Maracaibo. La première est ici depuis dix ans, l’autre depuis quinze. Elles ont appris l’espagnol et s’expriment bien aussi dans le Wayuaiki, la langue des Wayúu, les indigènes de la gaajira vénézuelienne. Conscientes que la mission évangélisatrice de l’Église doit d’abord s’occuper des plus pauvres et marginalisés, elles ont demandé de vivre et travailler dans ce groupe ethnique, pour en promouvoir les valeurs et sa culture. Elles vivent pour servir à tout le monde. Mais elles se consacrent d’une manière particulière aux enfants, dans une école qui dispose aussi d’un réfectoire. Un travail qui demande beaucoup d’attention, car les moyens économiques sont toujours limités et le soutien des autorités insuffisant. Mais elles ne se découragent pas. Les indiens wayúu ont besoin d’enseignants qualifiés. Elles se sont inscrites à l’université pour leur assurer une formation intégrale. Le matin très tôt elles partent vers la ville de Maracaibo où elles fréquentent l’Université. Leurs journées sont très chargées, mais elles se rendent disponibles pour la catéchèse et pour l’animation missionnaire. J’ai parlé avec elles, je les ai vues heureuses. De temps à temps elles s’habillent avec des pagnes très colorés, originaires du Congo. Leur simplicité inspire confiance et les gens les approchent et leur posent des questions : qu’est-ce que vous a poussé à laisser votre pays pour venir jusqu’ici ? Elles profitent alors de l’opportunité qui leur est offerte pour partager leur esprit missionnaire. Elles ont eu la possibilité de faire aussi à la télévision régionale et nationale. Le succès a été remarquable. Intelligentes, elles savent dire les mots appropriés. Mais c’est sans doute le témoignage de leur simplicité et de la joie spontanée qui témoignent davantage de leur vie et de leur Christ. On pourrait dire que les gens arrivent à percevoir en elles le début d’une réalité qui annonce l’avenir. Deux religieuses africaines dans l’Église vénézuelienne : c’est la nouvelle communauté chrétienne où les frontières tombent et la proclamation de l’évangile est confiée à ceux et celles qui disent oui au Seigneur. P. José Luis Alonso.
Marie Lucie Tokoyo Buna, est originaire de Obi, dans le territoire de Faradje (RDCongo). Missionnaire Combonienne, elle travaille au Brésil.
Au Brésil, où exactement? Je me trouve, depuis six ans, à Cacoal, dans la paroisse de la Sainte Famille. On est dans la Rondonia, une province de l’Amazonie. Ma communauté est formée de quatre Sœurs, deux italiennes, une portugaise et moi. Nous sommes engagées dans la pastorale paroissiale. Au Brésil la programmation pastorale est bien organisée, à tous les niveaux.. Dans la paroisse il y a douze ‘domaines’, notamment ceux des jeunes, enfants, mamans, santé, personnes sans-.terre ou sans-maison. Dans la ville il y a 21 chapelles et à l’intérieur, 72.
Le travail ne manque pas! Tout à fait. On n’a pas le temps de s’ennuyer. Je travaille avec les mamans et les enfants mal nourris. Et je visite aussi les prisonniers. Cette année j’y suis restée enfermée deux fois. Les prisonniers sont entrés en grève et ils ont voulu la Sœur pour la négociation. Plus de 210 prisonniers, des hommes et aussi des femmes. Le problème c’était, entre autres, qu’il y avait des prisonniers qui avaient déjà purgé leur peine et qu’on ne laissait pas sortir. Ils se sont révoltés et ils ont pris en otage le gardien. Finalement, on est arrivé à un accord.
Tu as l’impression d’être bien accueillie? Oui, peut-être aussi parce que j’ai le don d’être toujours joyeuse. Les gens s’étonnent et ils sont curieux de savoir d’où je viens. Je profite pour faire connaître un peu l’Afrique. Et le parcours qui m’a conduit si loin. Car ma famille n’était pas en condition de payer mes études et ce fut grâce à l’aide de Mme Colette, la directrice du lycée d’Isiro, si j’ai pu arriver au brevet du cycle court pédagogique. C’est d’elle que j’ai appris ce que c’est la solidarité. Le contact avec les missionnaires Comboniennes fit le reste. Si je n’ouvre pas la bouche les gens pensent que je suis une brésilienne. On te reconnaît seulement quand tu parles, parce que vouloir ou pas, dans ton portugais il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Je me trouve bien, et je vois qu’on peut et qu’on doit contribuer à la récupération de la dignité et de la joie d’être africain(e). Ça se voit encore, il y a des afro-brésiliens qui souffrent d’une ségrégation qui a marqué l’histoire.
C’est à Cacoal que fut tué le missionnaire combonien P. Ezekiel Ramin? Oui, nous venons de célébrer le vingtième anniversaire de sa mort. Il était un defenseur des sans-terre, une lutte qui ne doit pas s’arrêter, car les problèmes de la terre, les injustices sociales, le nombre de gens qui n’ont pas de maison, qui vivent sur les routes, les indiens privés de leurs terres, tout cela est très actuel. Prochainement nous ouvrirons une nouvelle communauté dans le diocèse de Oumaita. C’est dans la vraie forêt, habitée par les indiens. Ae |
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Le début |