N° 35 Juillet - Septembre 2006

Très bien!

Jean était un individu qu’on aimerait bien rencontrer. Il était toujours de bonne humeur et il avait toujours des nouvelles joyeuses à communiquer. Si on lui demandait:«Ça va?», il répondait :

- Très bien!

Il avait le don de voir surtout l’aspect positif des choses, des événements, des affaires. Curieux, un jour je lui ai posé la question:

- Jean, je n’arrive pas à comprendre comment tu ne vois que le bon côté de la vie.

Il me répondit:

- Chaque matin, quand un nouveau jour commence, je me dis:«Jean, aujourd’hui tu as devant toi deux choix:tu peux être de bonne humeur ou de mauvaise humeur». Et moi, je choisis le premier. Lorsqu’il m’arrive quelque ennui, là aussi je peux choisir: en souffrir comme une victime ou croire que je peux apprendre quelque chose de nouveau. Je choisis d’apprendre une nouvelle leçon.

Quand quelqu’un proteste pour une chose qui ne va pas, je peux en souffrir ou chercher le côté positif.

- Très bien, mais cela n’est pas si facile.

- C’est très facile, me répondit Jean. La vie est faite de choix. Si tu considères en profondeur les choses, tu verras que souvent il y a toujours une alternative. C’est à toi de choisir comment faire face aux différentes situations. Je n’ai jamais oublié ce que Jean m’a dit. Des années plus tard j’ai lu dans un journal qu’un soir, lorsqu’il était en train de fermer sa boutique, des bandits l’avaient attaqué et blessé sérieusement. Transporté à l’hôpital, il avait été soumis à plusieurs interventions. Je l’ai rencontré par hasard et je lui ai demandé comment il allait.

- Très bien! Les chirurgiens n’ont pas pu extraire tous les débris de mon corps. Est-ce que tu veux voir mes cicatrices? me demanda-t-il.

Je refusai et j’ai voulu savoir ce qu’il avait pensé lorsque les bandits l’avaient attaqué et blessé:

- Au sol, sanglant, je me rappelai que j’avais deux choix: je pouvais vivre ou mourir. J’ai choisi la vie!

- Mais, tu n’as pas eu peur?

- Les infirmiers de l’ambulance qu’un passant bénévole avait appelée et qui me transportèrent rapidement à l’hôpital, étaient des gens extraordinaires. Ils me dirent qu’ils avaient déjà vu des cas pareils et que je n’avais rien a craindre: «Tout ira bien», m’assuraient-ils.

Mais quand j’entrai dans la salle opératoire et j’ai vu l’expression des docteurs, j’ai eu peur. Leurs yeux le disaient clairement: pour cet individu il n’y a plus rien à faire. Quand même, on va tenter.

J’ai décidé qu’il fallait faire quelque chose.

- Qu’est ce que tu as fait?

- Il y avait une infirmière qui posait beaucoup de questions. Elle me demanda si j’étais allergique à quelque chose. Je répondis: «Oui!» Tous s’arrêtèrent, en attendant ce que j’allais dire. J’ai crié avec le peu de force qui me restait: «Je suis allergique aux balles»! Chirurgiens et infirmiers partirent à rire. J’ajoutai: "Je choisis de vivre. Opérez-moi comme un être vivant, et non pas comme un cadavre”!

Jean survécut grâce à l’acharnement des docteurs, mais aussi grâce à son attitude.

J’ai appris que chaque jour nous pouvons prendre l’option de vivre pleinement, de faire le bien, d’éviter le mal. La manière d’affronter ce qui nous arrive, produira des fruits maintenant et pour l’éternité.    

Source: Crônicas de los Tiempos.