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Le thème choisi par Benoît XVI pour la Journée mondiale des Missions, 22 octobre 2006, Et pourtant, puisque aucun État n’arrive à secourir tous les pauvres, les malades, les sans-papiers, les sans-fixe-demeure et les malheureux, on fait recours à d’autres termes : solidarité, altruisme, entraide, philanthropie, humanité, mobilisation, soutien de projets, jumelage, parrainage… La charité dont parle le message papal se propose d’aller au delà de cette vision et souligne que tout chrétien est invité à annoncer à ceux qu'il rencontre sur son chemin que "Dieu est charité", que Dieu est "amour" et que violence, injustice, haine sont la négation même de Dieu. En réfléchissant sur la récente guerre en Moyen Orient, Mgr Claude Rault, Evêque du Sahara (diocèse de Laghouat-Ghardaya, Algérie) se posait la question suivante: «Est-ce que le mot amour devant le déferlement des bombes, ne semble-t-il favoriser le jeu des nations qui tiennent les ficelles et qui continuent d’approvisionner en armes les belligérants? Car ils trouvent bien des ‘couloirs’ pour alimenter le feu! Au fond ces guerres sont d’excellents terrains pour expérimenter les machines infernales, qu’elles soient sophistiquées ou artisanales. Les "grands" se contentent d’assister à ce jeu macabre comme des surveillants attentifs sur une cour de récréation mouvementée.
Tels Pilate, ils s’en lavent les mains, et comptent les points. Le plus triste dans tout cela, c’est que des populations innocentes continuent d’être sacrifiées : vieillards, femmes, enfants, familles entières. Le plus triste dans tout cela, c’est que la haine continue de tisser sa toile: l’anti-islamisme aussi bien que l’antisémitisme y vont bon train. Et puis, la question qu’on se pose: «Mais Dieu… pourquoi permet-il des souffrances pareilles? Où est-il donc?» Il faut le crier haut et fort: sûrement pas dans les subtils raisonnements des faiseurs de guerre: c’est Lui que l’on tue! C’est Lui que l’on défigure. C’est Lui qui est sous les bombes, dans le cri des enfants et des innocents tués, dans les gémissements des familles qui n’en peuvent plus de voir leurs enfants menés à l’abattoir. Que faire? Il est des situations où nous sentons notre profond sentiment d’impuissance, mais nous ne pouvons pas et ne devons pas baisser les bras. La résignation serait une trahison. Les guerres n’ont jamais résolu quelque problème que ce soit, nous le savons tous. Celles des Grands Lacs non plus! Et elles se sont toujours terminées autour d’une table: celle des indispensables négociations. Il nous reste la force de la prière, mais aussi la conviction que travailler pour la paix commence par un regard différent porté sur l’autre quel qu’il soit, à commencer par celui qui n’a pas la couleur de notre peau, ne parle pas notre langue, n’appartient pas à notre parti. Sur ce point l’Évangile est formel: cet autre qui nous dérange peut être ce Dieu toujours déroutant qui frappe à notre porte». «Celui qui aime avec le cœur du Christ ne cherche pas son propre intérêt mais uniquement la gloire du Père et le bien du prochain», écrit le Pape dans son message. Quelle a été la réponse de Jésus à la violence qui était en train de causer sa mise à mort et de culminer dans sa mise en croix? A l’inverse de ce qui vaut pour tant de pouvoirs, de partis, de groupes armés et multinationales du profit, Jésus, lui, n’a pas établi son ‘règne’ sur le sang répandu de ses adversaires, mais seulement sur le sien propre, librement versé. La mission est l’annonce de cet amour. Ae |
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