Ae 35Zone de Texte: Home page  - Qui est Afriquespoir - Comment avoir Afriquespoir

Entretien avec Irène Mbanda, étudiante à l'Institut Supérieur de Sciences Médicales (ISTM), à Kinshasa. Elle fait partie d'un groupe de laïcs qui s'inspirent des idéaux missionnaires.

 

Ils sont une trentaine, hommes et femmes: certains déjà mariés, d'autres encore sur les bancs de l'école. Ils se retrouvent chaque mardi, pour la prière et pour programmer leurs activités au sein la paroisse.

 

Depuis combien de temps ?

J'ai connu le groupe dont je parle, .il y a trois ans. J’y suis entrée par hasard, poussée par ce que j'avais entendu un jour, je ne me rappelle plus où exactement : l’évangile, bien qu'il soit beau, ne se diffuse pas tout seul. C’est aux croyants qu'il revient de l’annoncer aux autres. Et puis, j'ai été frappée par l'esprit de service qui animait les membres du groupe.

 

C'est-à-dire?

On entend répéter continuellement que nous avons déjà d'énormes problèmes et qu'on ne peut pas se payer le luxe de consacrer notre temps pour penser aux problèmes des autres ou de partager nos petits moyens avec ceux qui sont plus démunis que nous. Combien de problèmes n’a-t-il pas notre pays? Nous gardons souvent la bouche fermée, sans réagir à tout ce que racontent certains groupes religieux qui ont le courage de s'appeler chrétiens, alors qu'ils proposent un Dieu résolvant d'un coup de baguette magique toutes les difficultés.

 

Vos activités ?

L'évangile nous indique la route : si l'on veut aider vraiment les autres il faut sortir de son petit monde, des sécurités dont on dispose. Saint Daniel Comboni disait qu'il était venu pour les plus pauvres et abandonnés. Il n'était pas venu en touriste. Dans le groupe, nous prions pour tous qui nous semblent souffrir injustement, surtout à cause de la guerre, de la violence, pour les enfants abandonnés de leurs familles, comme les enfants de la rue, qui seulement à Kinshasa sont des dizaines de milliers. Et ensuite nous cherchons à intervenir pour donner un coup de main. Fait aussi partie de nos activités la diffusion de la presse missionnaire, en particulier la revue Afriquespoir.

Certains feuillettent la revue et nous demandent : «Ici on parle d'espoir, mais croyez-vous vraiment qu'on pourra un jour sortir de tout ce marasme?» Une question plutôt pessimiste, à laquelle il faut répondre. Là aussi Comboni a indiqué un chemin: «L'Afrique sauvera l'Afrique», disait-il. Il reste un exemple pour nous. Je comprends son courage, il a quitté son pays, où il aurait pu vivre dans des conditions confortables et a lutté contre ceux qui le considéraient comme un rêveur. Si nous nous mettons à l'oeuvre, si on s'aime, si on travaille ensemble pour le bien commun, notre pays connaîtra une histoire différente. Nous réussirons à surmonter nos difficultés et nos divisions.

 

Mais est-ce que vous lisez ce que vous proposez aux autres ?

Certes. On vient de terminer, par exemple, la lecture du dernier numéro, là où l’on parle de la paix préventive. Nous l'avons lu ensemble et ensuite chacun a fait sa réflexion. Nombreux sont ceux qui croient qu'il nous faut une belle guerre pour que disparaissent ceux que nous considérons  des ennemis du pays et pour que finalement s'installent la démocratie et la justice.

Pendant de longues années on nous a dit que la guerre était la meilleure solution. Pourquoi ne pas penser le contraire et proposer de résoudre nos contrastes par des voies pacifiques ? Les statistiques disent que dans notre pays il y a 800.000 armes légères en circulation. Un petit rien suffit pour que certains se sentent autorisés à tirer les premiers. On  vient de le constater, tout récemment. L’ouverture missionnaire nous aide à aller vers l’autre, à le connaître et à bien examiner la nature de nos différends. Tant que nous sommes au centre, nous n’en sortirons jamais.

 

Est-ce qu’il y a des choses que vous retenez prioritaires ?

Oui, par exemple, la réconciliation. Juste hier j’en ai discuté avec des amis. Si nous ne sommes pas capables de nous asseoir autour d’une table et de parler calmement de ce qui nous divise, on n’avancera pas.

Le tribalisme règne dans nos écoles, dans la politique, dans les quartiers. Je l’aide parce qu’il est de ma famille, je lui donne quelque chose parce qu’il est originaire de ma province … Des attitudes qui indiquent que l’évangile, la Bonne Nouvelle  n’a pas encore été annoncé et que l’idée nous rappelant que nous sommes tous fils de Dieu n’a pas encore fait brèche dans nos têtes.

Ae

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