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« Nous sommes bien conscients de l’angoisse de ceux qui sont victimes de la souffrance

et de leur extrême besoin de guérir. Mais nous voulons rappeler à tous que le guérisseur est le Christ,

et non pas les ancêtres ».  Voilà le message que les Evêques de l’Afrique Australe (Afrique du Sud, Swaziland et Botswana) ont fait parvenir aux fidèles de leurs églises, par la lettre pastorale «Religion des ancêtres et foi chrétienne» (10 août 2006).

 

C’e’st un sujet dramatique. Des millions de catholiques de l’Afrique australe s’adressent aux guérisseurs traditionnels (sangoma) lorsqu’ils ont des problèmes de santé. Ils cherchent cette guérison que l’Eglise,

avec ses sacrements et ses bénédictions, ne semble pas en condition d’offrir, convaincus qu’elle pourrait être donné par les ancêtres grâce à l’action de certains individus - les sangoma - qui opèrent comme des médiateurs entre le monde d’ici-bas et celui des esprits. Le document ajoute: «Les chrétiens reviennent à des pratiques liées à la religion traditionnelle : ils s’adressent aux médiums, consultent les devins, demandent aux sorciers de découvrir les individus «coupables» de leurs maladies … un comportement qui fait croire qu’on compare les ancêtres au Christ ou même supérieurs à lui».

 

Y a-t-il une explication à tout cela? « La peur des esprits s’est intensifiée, au désavantage de l’amour miséricordieux de Dieu révélé d’une manière définitive dans la mort et la résurrection du Christ ».

Les pasteurs de l’église sont surtout préoccupés par le fait que « des nombreux prêtres, religieux et laïcs – enseignants, docteurs, infirmiers – ont pris la décision de devenir guérisseurs sangoma, en réunissant des pratiques qui ne s’accordent pas avec l’évangile et perpétuent un sentiment de peur  dans le cœur humain.

De telle manière, le Christ n’est plus l’ancêtre de la foi chrétienne». « Les prêtres - disent les évêques –

ne doivent pas être des sangoma.

L’ordination sacerdotale les a consacrés pour la prédication de l’Evangile, le guide des fidèles, la célébration

de la liturgie comme des prêtres du Nouveau Testament...

Que les prêtres et religieux désistent des pratiques liées à l’imbu-ngoma et qu’ils exercent leur ministère de la guérison par  les sacrements et les signes sacramentaux de l’Eglise». La religion traditionnelle, encore très présente dans l’esprit de bien de chrétiens, «attribue le pouvoir de guérir aux esprits des ancêtres».

Cette croyance a comme effet que le « sacrement des malades perd toute sa signification aux yeux de ceux qui sont affligés par des maladies ».

 

Les évêques n’ont pas l’intention de mépriser les ancêtres. «Nous devons les vénérer et non pas les adorer. Croire qu’ils ont des pouvoirs confine avec l’idolâtrie. C’est Dieu – et lui seul – le Tout-puissant. «Les ancêtres

ne sont que des créatures. Elles peuvent nous aider seulement par leur intercession. Nous devons leur demander qu’ils prient pour nous et non pas « de faire des choses pour nous».

Les évêques sont bien conscients que même certains théologiens ont une vision différente: «nous savons que quelques- uns voient les choses d’une manière différente de la nôtre».

Les évêques affirment que «la vénération des ancêtres arrive à les considérer comme des divinités. Et dans la vie pratique de beaucoup de chrétiens qui, après le baptême, gardent des croyances liées à la religion traditionnelle, il est sûr que les esprits des ancêtres soient d’une appréciation qui dépasse celle du Christ.

Ceux qui président la prière et la liturgie chrétienne doivent attribuer l’omnipotence seulement à Dieu».

 

Les évêques invitent les chrétiens à refuser «toute sorte de divination et prédiction de l’avenir, chiromancie, horoscope, astrologie, recours aux devins...  La sorcellerie est contraire à la vraie religion, surtout lorsqu’elle cherche à faire du mal à quelqu’un».

Conclusion: «La croyance qu’un ancêtre dispose, après la mort, des pouvoirs surhumains, n’a aucun fondement. La même chose doit être par rapport à la possibilité qu’une personne puisse être envahie par quelqu’un qui est mort. Le christianisme enseigne que la piété filiale impose de prier et d’offrir des sacrifices pour les parents décédés, car eux aussi nécessitent de la miséricorde de Dieu pour pouvoir entrer en communion avec lui.

Nos ancêtres sont avec Dieu, mais ils ne possèdent pas le pouvoir de Dieu».

 

Frank Muriithi

Notre ancêtre